Des clôtures utiles et esthétiques

Publié le mercredi 15 juin 2011 à 21H00

Symbole de propriété et d’intimité, la clôture fait partie de ces finitions que l’on ajoute souvent après la construction de sa maison. Si elle faisait naguère office de simple séparation et de protection, elle se décline aujourd’hui dans de nombreuses formes, matières, designs et tarifs. Les professionnels sont là pour vous guider.

PVC, aluminium, grillage ou bois, à chaque matière ses qualités et ses limites. Pour de l’économique, le grillage se présente comme le produit le plus accessible. A simple torsion, il s’intègre, en dépit de son manque d’esthétisme, dans le paysage de nombre de quartiers, notamment lorsque l’on ne peut plus investir dans une clôture rigide. « Le grillage à simple torsion est LE standard pour les constructions neuves, fait remarquer Gilbert Heafala, cadre commercial chez Fabical-Batibois. Le nôtre est de fabrication locale et sa hauteur peut être adaptée à la demande du client. » Reste que, à moins de l’habiller d’une haie végétale, le grillage manque de caractère et s’installe plus comme du provisoire, si l’on évite le piège du « provisoire qui dure »…
Avec le PVC, on entre dans la gamme des clôtures non seulement rigides, mais aussi au réel potentiel esthétique. « Historiquement, on utilisait le PVC bien avant l’aluminium, raconte François Kapp, le directeur de Batical. Le matériau offre les avantages d’être simple dans la mise en œuvre et inaltérable. » Une éponge, de l’eau savonneuse et le tour est joué : la clôture en PVC retrouve son éclat. Les seuls inconvénients se situent dans sa densité, qui le rend cassant sous le coup d’un choc puissant, ainsi que dans sa panoplie de couleur, limitée en Calédonie… au blanc !

Du métal au bois

Pour une plus grande originalité et une résistance accrue, l’aluminium s’impose. Avec une durée de vie de plusieurs dizaines d’années et un entretien extrêmement simple, les clôtures en aluminium séduisent, elles aussi, de plus en plus. « Quand on investit dans une clôture en aluminium, précise Xavier Benoît, directeur d’Aluminium Concept, c’est pour très longtemps. Et un coup de Kärcher tous les trois ans suffira à l’entretenir. » Et pour un résultat impeccable, la vigilance est de mise jusque dans le choix de la visserie et des rivets : ils doivent eux aussi résister à l’oxydation, pour ne pas altérer les lames d’aluminium. Le bois, enfin, demeure sans aucun doute le plus esthétique des matériaux, si l’on veut bien y mettre le prix. Du radiata (un bois tendre à protéger chaque année des assauts météorologiques) au kohu (beaucoup plus résistant), l’idéal est de confier la matière première à un menuiser qui se chargera de donner aux lames la longueur, le biseau, la forme voulus par le propriétaire de la villa. Attention tout de même, l’entretien devra impérativement être régulier pour protéger la palissade du soleil, du vent, de la pluie et des agressions salines de l’air marin !

Le sur-mesure se décline

Une fois la matière choisie, reste à régler « les détails » au premier rang desquels, le design. Et au XXIe siècle, les possibilités sont, si ce n’est infinies, extrêmement nombreuses. Chez Alu Styl, on propose PVC, acier et aluminium, des matériaux qui se déclinent pour la plupart
aisément. « Avec l’aluminium, précise le directeur Olivier Wecker, on peut s’adapter à tous les styles. Moderne, colonial, classique, coloré… La seule limite réside dans le stock. » Une liberté de conception que confirme Xavier Benoît. « Les formes sont nombreuses et la déclinaison de couleurs tout aussi variée. Un film thermolaqué permet même d’obtenir de l’aluminium imitation bois très réussie. » L’aluminium peut également se présenter sous forme de tubes galvanisés pour rappeler les grilles d’antan. Seule contrainte, un choix de couleur hors blanc et marron, voire vert et gris, demandera de la patience, le temps que la commande arrive en Calédonie.
Le PVC, quoiqu’un peu plus limité dans les variations possibles, n’en est pas moins adaptable. Chez Batical, une dizaine de modèles est disponible en blanc et la forme des lames se diversifie. « Les panneaux peuvent être horizontaux, verticaux ou les deux, explique François Kapp. Et jusque-là, les lames dites en ailes d’avion n’étaient disponibles qu’en aluminium. Désormais, l’entreprise locale Pacific Plastic et Profilé, à Païta, en fabrique en PVC et nous permet de proposer des modèles modernes. »
Côté technique, si du grillage se pose aisément en suivant les conseils des vendeurs, seul un bon bricoleur viendra tout seul à bout d’une clôture en aluminium ou en PVC. La méthode la plus sûre demeurant de confier la pose à des professionnels, d’autant plus que la base est un élément primordial de la bonne tenue de l’installation. Les spécialistes sont unanimes : que la clôture soit posée sur un muret ou sur une longrine de béton, aucune alternative possible, la base doit être solide, bien réalisée et droite, pour un rendu non seulement esthétique mais solide et prêt à résister aux prochains cyclones.  


Article extrait du magazine Construire paru en avril 2011

 

Pour les professionnels

Les clôtures s’utilisent dans la sphère professionnelle, notamment pour l’élevage. Délimiter un enclos pour des moutons, des bovins ou des chevaux implique la pose d’une clôture adaptée. « La clôture doit avant tout être choisie selon les animaux, précise Gilbert Heafala. Pour du bétail, un matériau flexible pour supporter le poids d’un animal sans rompre. Pour des chevaux, pas de barbelés… »


 

Une clôture n’est pas un garde-corps

Certains choisissent une clôture pour préserver les individus d’un risque de chute. « Mais ce sont deux choses différentes, tient à préciser François Kapp. Les garde-corps répondent à des normes précises et sont étudiés pour résister à un poids important. Une clôture, en PVC ou en aluminium, n’aura pas cet effet-là. » Il en va de la responsabilité des entrepreneurs autant que de celle des propriétaires d’installer la protection adéquate !


 

Combien coûte le mètre linéaire (ou m2) ?

• Le plus économique est le grillage, avec un coût moyen de 3 500 francs le mètre linéaire.
• Le PVC s’élèvera, en moyenne, à 10 000 francs le mètre linéaire.
• Avec de l’aluminium, la facture tournera aux alentours de 15 000 francs le mètre linéaire pour un milieu de gamme.
• Le bois demeure le plus cher lorsque l’on ajoute le coût de la matière première (entre 350 et 600 francs le mètre linéaire selon l’essence), le travail du menuisier, la pose et l’entretien annuel.

Anne-Claire Lévêque
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