Des piscines publiques aux normes ?

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Publié le mercredi 15 juin 2011 à 21H00

A l'initiative de la Direction des affaires sanitaires et sociales, un état des lieux des piscines publiques a été dressé pendant près de cinq ans, en vue de leur mise aux normes les plus modernes. Aujourd'hui, une délibération du gouvernement leur impose un certain nombre de mesures à prendre d'ici l'horizon 2013.

Le gouvernement, à travers la Direction des affaires sanitaires et sociales, a pris à bras-le-corps la question de l'état du parc des piscines municipales, des piscines privées et spas recevant du public (hôtels, restaurants, appartels, instituts, résidences immobilières, crèches). Michel Suaut, hydraulicien de formation, spécialisé dans le traitement et la filtration de l’eau, ancien pisciniste et ancien consultant pour la Dass des Alpes-Maritimes, a été chargé d’élaborer cet état des lieux. Pour le compte de la cellule Environnement de la Dass NC, il a visité les quatre-vingt-dix établissements que compte la Calédonie, sur la Grande Terre et les Loyauté. Une mission qui lui a pris près de cinq ans, et qui se voulait avant tout pédagogique. Elle a consisté à dresser un inventaire des piscines recevant du public et à en analyser, poste par poste, le fonctionnement. Le dimensionnement des bassins en fonction de la filtration et la qualité de l’eau ont fait l’objet d’un rapport. Plus largement, la conception des installations, la gestion, leur intégration dans l’environnement, mais également les annexes, comme les accès aux handicapés, les pataugeoires, les revêtements de sol, ainsi que les activités qui sont organisées autour de la piscine ont été abordées.
« Nous avons été plutôt bien accueillis par nos interlocuteurs (élus et propriétaires d'établissements recevant du public, NDLR). Une relation de confiance s'est installée, notre travail étant d'expliquer l'intérêt de notre démarche en tant que référent », a constaté Michel Suaut sur le terrain.

Entrée en application

Depuis, il a remis son rapport à la Dass NC, et une délibération a été votée le 1er juin 2010, portant sur les dispositions administratives applicables aux piscines et fixant les principes généraux en matière de normes sanitaires et d'hygiène, applicables aux piscines publiques et aux bassins privés (piscines et spas) recevant du public. À cette date, l'ensemble des établissements, souvent vieillissants et hors normes, ont trois ans pour mettre leurs bassins en conformité. Après cette période, des sanctions pouvant aller d’une mise en demeure à une fermeture administrative de l'installation pourront être prises. « Des contrôles effectués par des agents de la Dass NC vont être mis en place, à raison d'une à deux visites par mois, explique Caroline Fuentes, chef de la cellule santé environnement, afin de vérifier que les préconisations détaillées dans la délibération du gouvernement soient effectivement appliquées. Des bassins sont d'ailleurs considérés comme pilotes, répondant déjà en partie ou complètement aux nouvelles normes en vigueur. »

Les normes à respecter

Concrètement, la législation comporte un certain nombre de règles et de normes à respecter. Tout d'abord, toute nouvelle installation d'une piscine municipale ou d'un bassin recevant du public, hormis les ouvrages à usage personnel d'une famille, doit désormais faire l'objet d'une déclaration administrative auprès de la Dass NC. Cette déclaration est aussi obligatoire pour toute modification d'une installation existante. En parallèle, un dossier technique doit être constitué et mis à la disposition des services compétents.
Par ailleurs, toutes les piscines et tous les bassins devront comporter un règlement intérieur incluant, au minimum, les prescriptions figurant sur le modèle défini par l'arrêté du gouvernement. D'autres règles complémentaires peuvent être appliquées par chaque établissement, en interne. Ce règlement doit être affiché de manière visible pour les usagers.
Chaque piscine doit répondre aux normes physiques, chimiques et microbiologiques. Ces normes sont définies par un arrêté gouvernemental. D'ailleurs la réglementation prévoit un auto-contrôle des installations par l'exploitant, qui devra tenir à jour un carnet sanitaire notifiant tous les contrôles effectués dans le courant de l'année. Carnet qui pourra être visé lors des visites des services sanitaires. Pour répondre à de réels besoins, la formation continue du personnel sera également encouragée.
C'est le gouvernement qui détermine également la liste des produits destinés aux piscines publiques ainsi que leur procédure d'utilisation. De nouveaux produits peuvent s'ajouter à la liste, mais devront passer par une phase de test, dans une piscine désignée comme pilote.
Pour toutes les piscines, l'accès aux plages par les locaux de déshabillage doit comprendre des cabinets de toilette, des douches, des lavabos ainsi que des pédiluves. Pour les piscines et les spas, recevant du public, une installation sanitaire doit se situer à proximité. Quant aux pédiluves, ils doivent être conçus et positionnés de manière à être incontournables. Une vidange quotidienne est obligatoire. Il est également prévu un schéma type de cheminement, affiché dans chaque piscine, expliquant le parcours à suivre, pour se rendre des locaux de déshabillage au bord du bassin. Toute installation doit comporter des équipements d'accueil des handicapés, conformément à la réglementation prévue dans ce domaine. Un comité de pilotage des eaux de baignade a été créé, et se charge de suivre la mise en œuvre et l'exécution de ces mesures. Il fixera un bilan sanitaire annuel des eaux de baignades, élaboré par la Dass NC, et pourra revoir les orientations décrites dans la délibération.

Un bien pour tout le monde

Ces mesures intéressent aussi bien les responsables de piscines municipales et les chefs d'établissement possédant un bassin que les maîtres d'ouvrage construisant des piscines, les piscinistes tout comme les architectes. D'ailleurs des brochures techniques sur la conception des piscines et un guide d'application des normes en vigueur ont été édités à leur intention. Mais au final, si l'on y regarde bien, cela intéresse chacun de nous, qui fréquentons des piscines publiques. Ces mesures vont rassurer quant à la qualité et à l'hygiène des eaux de baignade, et vont dans le sens de la santé publique pour tous. D'autant plus que pour une fois, ces mesures sanitaires placent la Nouvelle-Calédonie en avance sur la Métropole.


Article extrait du magazine Construire paru en avril 2011

Bruno Laurent
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Voir aussi : Les dix commandements du Club

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19/02/2012 à 12h19

Bonjour,

Tcha!

Je ne suis pas d'accord avec vous.

La Nouvelle Calédonie est en retard sur le plan piscine et sanitaire !

Pas besoin d'être un spécaliste pour la gestion de l'équipement.

Mais, pour la biologie des eaux il faudra avoir le sésame ?


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