Florence Hinckel, la presque lauréate de Livre mon ami, est arrivée hier en Nouvelle-Calédonie pour douze jours de rencontres avec ses jeunes lecteurs de La guerre des vanilles. Elle est dès aujourd’hui à Poum, demain à Poindimié.
La lauréate 2008 de Livre mon ami reste officiellement Susie Morgenstern, pour Les fées du camping. Mais ce monstre sacré de la littérature de jeunesse ne pouvant venir en Calédonie, c’est Florence Hinckel qui recevra le 29 octobre le trophée BCI Livre mon ami, pour La guerre des vanilles, classé second à quelques dizaines de voix seulement du premier.
L’auteure, qui confiait voici quelques jours sur son blog être « ravie, excitée, tourneboulée à l’idée d’un tel voyage » vers une contrée où l’on marche la tête en bas, est arrivée hier matin en Nouvelle-Calédonie pour honorer le rendez-vous annuel du lauréat de Livre mon ami et de son public.
« Auteure », « écrivaine »... Ne pas manquer d’écrire ces mots au féminin, puisque même la langue française, si l’on n’y prend garde, « reflète la relégation des femmes dans la catégorie seconde ». Car c’est bien des injustices faites aux femmes, fussent-elles encore gamines à l’école, que parle La guerre des vanilles. Les « vanilles », ce sont les filles; les garçons sont les « chocolats »; une image à la Souchon, sauf qu’entre les deux groupes, le conflit éclate lors d’une classe de mer.
« L’égalité des sexes, expliquait hier Florence Hinckel, est un sujet qui me tient à cœur, comme tout ce qui touche à l’intolérance, à la justice. Il est toujours présent dans mes ouvrages, soit comme thème principal, soit en filigrane. C’est un combat à mener, il n’est pas gagné, et c’est un sujet important à aborder avec les enfants, dès le plus jeune âge. »
« Un livre, ça s’écrit dans la solitude et quand ça touche un public lointain, c’est vraiment renversant »
Beaucoup des quelque 9 000 enfants de 9 à 11 ans (CM2 et 6e) qui ont participé à Livre mon ami ont d’ailleurs été sensibles au thème, et l’ont expliqué à l’appui de leur vote. Même des professeur(e)s ont reconnu au fil des chapitres certaines de leurs pratiques inconscientes. Et pour cause... « Ce que je décris, explique Florence Hinckel, est une réalité statistique. Mes scènes sont basées sur une étude très complète qui avait été publiée dans Le Monde de l’éducation. »
L’écrivaine est elle-même enseignante à mi-temps, ce qui lui laisse le temps d’écrire. Elle a déjà signé huit ouvrages de littérature de jeunesse, et travaille sur une trilogie fantastique dont le premier tome devrait sortir l’année prochaine. « J’écris de plus en plus pour les ados », explique-t-elle. Et pour les adultes ? « Ça va venir, quand je serai grande. »
En attendant, c’est comme une grande enfant que Florence Hinckel s’émerveille par avance de ce qui l’attend dans les prochains jours au contact de ses lecteurs. « Un livre, ça s’écrit dans la solitude, dit-elle, et quand ça touche un public lointain, c’est vraiment renversant. Bravo à ceux qui promeuvent la littérature de jeunesse, bravo à tous ceux qui ont lu La guerre des vanilles. »
C’est grâce à eux qu’elle a voyagé jusqu’ici, et elle veut leur rendre ce bonheur. « Maintenant, c’est moi qui vais les faire voyager, en pays de littérature. » Bon voyage.

Florence Hinckel, auteure de La guerre des vanilles, est enseignante à mi-temps et a déjà signé huit ouvrages de littérature de jeunesse.
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