| Usagers et grévistes d’Aircal
se font face à Magenta |
Une centaine d’usagers d’Aircal ont dénoncé hier l’attitude de l’USTKE, considérant que le syndicat prend en otage les passagers. C’était la valse des banderoles et le ton est monté.
« Jodar arriviste ! », « Non à la prise d’otage des usagers et de la société », « Aircal aux usagers », pouvait-on lire hier matin sur les banderoles apposées par le groupe des usagers d’Aircal, à l’entrée de l’aérodrome de Magenta, particulièrement sécurisée. Au bout de l’allée, le drapeau de l’USTKE flottait au-dessus des sympathisants qui poursuivaient quant à eux leur mouvement de grève pour obtenir de la direction la titularisation d’une employée dont le CDD s’était achevé.
« Nous, les usagers, nous avons aussi notre mot à dire quand il s’agit de la violation de nos droits. L’USTKE handicape les usagers et ne donne pas la possibilité aux gens qui sont sur les îles de développer leur économie », proteste Jules Trimari, porte-parole du groupe. « Nous voulons simplement que les grévistes libèrent les accès. Ils ont leurs droits et nous aussi. Le transport aérien est un outil de service pour les îles. Si l’USTKE veut empêcher un vol de partir, nous serons là », poursuit le représentant.
Une table ronde aujourd’hui
Outre les vols annulés en cascade, bloquant régulièrement au sol de nombreuses familles, le groupe des usagers, tout comme le LKS, reproche à l’USTKE d’avoir traité « un Kanak d’incompétent » en la personne de William Ihagé, directeur général d’Aircal, démissionnaire. « Les cadres kanak, on les compte sur les doigts d’une main. William Ihagé a été blessé dans son honneur et dans celui de sa famille, de son clan, et il a préféré démissionner devant ce qu’il considère comme une atteinte à ce qui est fondamental dans la coutume kanak, c’est-à-dire le respect de la dignité des noms portés par chaque Kanak qui se revendique comme tel. C’est cela que Monsieur Jodar ne connaît pas. On l’oblige à demander des excuses », ajoute un militant.
Justement, Gérard Jodar est arrivé dans la matinée, s’entretenant avec Jules Trimari pendant qu’à l’extérieur commençait une guerre des banderoles. On enlève celle des usagers pour mettre celle de l’USTKE qui s’en prend au directeur de la compagnie : « William, ne prends pas cette attitude fuyarde. Nous, USTKE, nous attendrons le temps qu’il faudra ! », est-il écrit. Les esprits s’échauffent, le ton monte et quelques insultes sont échangées.
Le président de l’USTKE a sollicité un rendez-vous auprès du gouvernement pour reprendre les négociations et a promis de libérer les accès si celui-ci avait lieu. La table ronde est prévue pour aujourd’hui, à la Direction du travail, en présence d’un membre du gouvernement. Aussi, les usagers ont-il décidé de reconduire leur action dès ce matin. Mais arracheront-ils des excuses à Gérard Jodar pour William Ihagé? Pas si sûr, à entendre le président du syndicat reprocher au directeur de n’avoir « jamais contacté les grévistes depuis le début du conflit ». « J’ai dit qu’il était incompétent mais il m’a traité de raciste. C’est quelqu’un qui sait gérer, mais il faut aussi savoir gérer le sens de la communication et des relations sociales . »
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