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  Nouvelle-Calédonie > Social - 20/05/2009    
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Tous les articles du journal du 20/05/2009

L’aérodrome de Magenta libéré
Hier matin, les forces de l’ordre sont intervenues pour déloger banderoles et manifestants des abords de l’aérodrome de Magenta, qui a désormais retrouvé son apparence habituelle. Le conflit, lui, n’est toujours pas réglé.

Les menaces formulées la semaine dernière par Gérard Jodar - « aucun avion ne décollera de Magenta » - n’ont pas manqué de produire leurs premiers effets. Pas pour le plan de vol d’Aircal, qui n’a pas été perturbé, mais sur la base-vie des militants USTKE, installée devant le hall de l’aérogare. Hier matin, vers 9h30, plusieurs dizaines de policiers, soutenus par des gendarmes mobiles, se sont rapprochés des manifestants. Tout s’est semble-t-il déroulé dans le calme, les banderoles ont été sagement décrochées, les palettes et les autres installations du campement dégagées. De l’autre côté du trottoir, les membres du collectif des usagers ont aussi été priés de lever le camp. Quelques minutes plus tard, les murs de l’aérogare ont retrouvé leur aspect habituel.
A présent, les forces de police vont devoir assurer une mission passionnante : rester présents sur le parking 24 heures sur 24, 7 jours
sur 7, afin d’éviter que les manifestants ne viennent, par surprise, installer de nouveau banderoles et campement. La mairie de Nouméa a quant à elle prévu d’installer des barrières métalliques aux abords du bâtiment. Les banderoles de l’USTKE, elles, ont désormais pris place entre les pins colonnaires du rond-point de l’aérodrome. En attendant, le fonctionnement de l’aéroport est redevenu normal : tous les accès au hall de l’aérogare sont désormais rouverts. Et dès aujourd’hui, le service du fret pourrait même fonctionner de nouveau aux horaires habituels, c’est-à-dire à partir de 6 heures.

L’USTKE?a quitté l’aérogare pour le rond-point

A l’approche de ce week-end à rallonge, plusieurs facteurs ont sans doute incité les forces de l’ordre à intervenir, sous la houlette du haussariat : l’USTKE a annoncé un mouvement de grève générale en fin de semaine dernière en focalisant sur le conflit en cours à Aircal. « On avait déjà trop attendu et on ne pouvait pas laisser perdurer plus longtemps une telle situation, sur une zone classée sensible », indique-t-on du côté du représentant de l’Etat. Le souvenir d’un autre conflit à rallonge menée par la même centrale, du côté de Normandie cette fois, est sans doute encore dans les esprits.
Dans les premiers jours du conflit, à la mi-mars, quelques vols avaient été annulés suite à la grève, avant que le mouvement se concentre uniquement sous forme de banderoles et du campement, à l’entrée de l’aérodrome. Un état de fait qui ne provoquait plus l’étonnement que des seuls touristes étrangers.

  64 
64 jours de grève depuis le début du conflit. C’est le 17 mars dernier qu’une cinquantaine de salariés USTKE d’Aircal ont entamé le mouvement : une trentaine d’employés à Magenta et une vingtaine répartis sur les îles, d’après le syndicat.
  Guerre de communiqués et guérilla politique 
Lundi, un communiqué diffusé par le collectif des usagers de Nouméa indiquait que la menace de grève générale « sera difficilement mise à exécution, vue l’hostilité témoignée par de nombreux membres de l’USTKE, dont Louis Kotra Uregei ». Une menace qui, selon ce communiqué, « démontre surtout la mégalomanie de Gérard Jodar qui, dans son délire, ne fait plus aucun cas des populations de l’intérieur et des îles, de l’emploi et de la promotion des enfants du pays, c’est-à-dire des objectifs réels de l’USTKE ».
La réponse n’a pas tardé. Hier, l’USTKE (Gérard Jodar) et son bras politique, le Parti travailliste (Louis Kotra Uregei) ont à leur tour signé un communiqué conjoint où ils dénoncent ces déclarations émanant d’un « groupuscule exclusivement composé de militants du LKS », déclarations qui ne sont que des « procès d’intention indignes et irrespectueux ». « La manipulation consistant à vouloir diviser les militants du syndicat ou du parti n’aura aucun impact sur le terrain car personne n’est dupe de l’objectif recherché par ce collectif. L’USTKE est une, solidaire et indivisible et il n’y a pas de tendance Jodar comme affirmé dans ces communiqués diffamatoires ». Le communiqué précise que le « conflit peut être résolu en une seule négociation à la condition que la direction veuille bien négocier avec les représentants de la section syndicale ».
« Nous rappelons que durant les deux derniers mois de conflit, les militants de l’USTKE ont su faire preuve du plus grand respect au profil des usagers en ne bloquant pas les avions car quoi que puissent en dire certains, l’USTKE est très fortement attachée à la notion de service public et c’est l’un de ses combats. »
Précisons qu’une indéniable toile de fond politique agrémente ce conflit. Nidoish Naisseline, président du CA d’Aircal, est élu LKS à la province des Îles, tout comme Louis Kotra Uregei, mais sous la bannière Parti travailliste. S’ils font partie de la même famille indépendantiste, on ne peut pas vraiment dire que les deux hommes s’apprécient.
  Repères 
Les causes
L’USTKE défend le cas d’une jeune employée dont le contrat à durée déterminée n’a pas été renouvelé. La direction de la compagnie domestique lui reproche d’avoir rompu la clause de confidentialité à laquelle est soumis chaque employé. Elle aurait confirmé le départ d’un passager pour les îles à une personne extérieure à Aircal. Le passager en question n’était autre que le père de l’employée. Et le renseignement a été confié… à la mère de l’employée, qui aurait voulu savoir avec qui son mari avait embarqué. Une raison que l’USTKE a toujours estimé être un « prétexte ».

La situation hier
Hier soir, Christian Corrieras, délégué syndical USTKE à Aircal, indiquait que le petit groupe de militants restait positionné sur le rond-point. « On va y rester le temps qu’il faudra ». Aujourd’hui, la centrale doit réunir un bureau confédéral qui devrait décider de la stratégie à adopter sur la suite du mouvement. Pour le reste, les positions restent inchangées. « L’affaire a été portée devant le tribunal du travail, précise Christian Corrieras. Le seul point d’achoppement qui subsiste concerne le paiement des jours de grève. Car pendant un mois et demi, nous n’avons eu aucun interlocuteur en face de nous. » Hier matin, Nidoish Naisseline, président du conseil d’administration d’Aircal, précisait quant à lui que le « paiement des jours de grève n’était pas à l’ordre du jour ». En ce qui concerne le cas de l’employée, « on s’est engagé à lui trouver un poste, mais pas dans la société ».
Hier matin, vers 9h30, une dizaine de policiers sont intervenus pour libérer l’aérodrome de Magenta. Ils vont désormais assurer une misssion de surveillance 24h sur 24 et 7 jours sur 7. - Ixoée Kakéa

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