Lycées, dépôts de carburant... Policiers et gendarmes sont intervenus au fur et à mesure pour lever les points de blocage de l’USTKE. Un véritable jeu du chat et de la souris qui devrait se reproduire aujourd’hui.
Carburants
C’est un quasi-réflexe. A chaque fois que l’USTKE annonce une grève générale, les automobilistes se ruent sur les pompes. C’est ce qui s’est produit par exemple ce week-end dans des stations de Nouméa et de Brousse. Tôt hier matin, les troupes USTKE se sont concentrées sur les dépôts de carburant pour en bloquer les accès. Et parce que l’absence de ravitaillement peut représenter le plus de risques de perturbations sur l’économie du pays, c’est sur ces points sensibles que le haussariat a décidé d’intervenir en priorité. Les forces de l’ordre ont ainsi libéré sans heurts les accès aux dépôts. A Ducos, les militants ont ainsi changé de trottoir. Dans la matinée, les motards de la police nationale ont également escorté plusieurs camions citernes jusqu’aux stations. Un peu plus tôt dans la journée, plusieurs d’entre eux avaient en effet été contraints de rebrousser chemin, déroutés par des militants placés aux abords des stations-service.
Education
Le haussaire a indiqué hier que les forces de l’ordre sont intervenues sur différents établissements pour en libérer les accès, comme aux lycées Lapérouse et Jules-Garnier. L’accueil des élèves s’est ensuite effectué normalement. Les lycées Do Kamo et l’internat du lycée de Païta ont quant à eux connu de légères perturbations.
Dans le privé, la Ddec (enseignement catholique) a dénombré hier 89 grévistes sur 1871 personnels, soit 4,76 %. Un « petit pourcentage qui affecte essentiellement le personnel des internats et de la restauration et qui cause donc des perturbations », indique-t-on du côté de la Ddec. Hier, le lycée professionnel de Bourail ainsi que l’école d’Azareu ont dû fermer leurs portes.
L’UGPE (Union des groupements de parents d’élèves, proche de la mouvance indépendantiste) a quant à elle diffusé un communiqué où elle « dénonce très fermement les blocages menés par l’USTKE » et appelle les responsables du syndicat à faire preuve de « discernement ».
Grande distribution
Après un week-end rideaux baissés, le Géant Sainte-Marie a rouvert ses portes hier matin, en vertu d’une intervention des policiers et d’un référé obtenu samedi dernier. Hier en revanche, le Carrefour Kenu In est resté portes closes, même si les magasins de la galerie marchande ont ouvert normalement, mais avec une baisse évidente d’affluence. Les responsables de la grande surface ont eux aussi enclenché la procédure pour obtenir un référé d’expulsion.
Mines, énergie et BTP
Ce sont les sites de la SMSP qui ont été les plus notablement perturbés, comme à Poya et Kouaoua, ainsi qu’à la direction technique de Nouméa, où le personnel est majoritairement USTKE. Le site de Ouaco, quant à lui, tourne au ralenti. Aucun mouvement significatif n’a été constaté sur les sites SLN.
Le chantier du médipôle a lui aussi été investi par l’USTKE. « On leur a dit qu’on était solidaire de leur action mais qu’il ne fallait pas que ça dure trop longtemps, assurait hier un représentant de l’association des rouleurs de Dumbéa. Si en milieu de semaine, leur mouvement dure toujours, on envisagera nous aussi des actions ».
Le site technique d’EEC abritant notamment les services de dépannage a été libéré « pour d’évidentes raisons de sécurité », a précisé hier Yves Dassonville.
Enfin, plusieurs sociétés de BTP ont été bloquées hier comme la Dumez ou Colas.
Transports
Nouméa intra muros a été privé de transports en commun hier. Le dépôt du réseau Karuia, situé à Ducos, a été bloqué dès 4 heures du matin. « Sur les 45 salariés, cinq sont adhérents au syndicat », précisait-on du côté du GIE Karuia. Résultat, entre 15 000 et 18 000 usagers privés de bus et un manque à gagner estimé entre 5 et 7 millions. Un référé a été déposé pour faire libérer l’accès du dépôt.
De son côté, Carsud a été bloqué de 3h30 à 10 heures avant l’intervention des forces de l’ordre dans le calme. Le trafic a ensuite été assuré normalement.
A Toutouta, le vol de dimanche soir a été retardé de deux heures, mais l’aéroport international n’a pas connu de perturbations majeures hier.
A Magenta , hier après-midi, les vols vers Lifou, Ouvéa et l’île des Pins ont été annulés. Mais ce n’était pas de la faute de Gérard Jodar, mais pour des raisons techniques.
Plus réjouissant pour les automobilistes : les barrières du péage de Koutio et de Tina sont restées levées hier.
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