Engagé par la parole donnée, le Palika est pour le processus négocié de l’accord de Nouméa, et contre l’utilisation du sigle et du drapeau du FLNKS à des fins de manipulation de l’opinion publique par l’USTKE, le Parti travailliste et l’Union calédonienne. Le parti de Paul Néaoutyine réclame de nouveau un congrès du Front pour clarifier les positions.
Après quelques semaines plutôt agitées, et à quelques jours d’un possible regain de crispations politico-sociales, c’est un Paul Néaoutyine en grande forme qui est descendu hier dans l’arène politique pour rappeler sans langue de bois la position du Palika sur l’accord de Nouméa, sur l’action syndicale, sur la proximité du Parti travailliste et de l’Union calédonienne et surl’utilisation de l’image du FLNKS sans l’aval du Front en manque de congrès.
Sur le terrain social, a indiqué Paul Néaoutyine, le Palika « justifie l’action syndicale qui est un droit constitutionnel tant qu’elle porte des revendications dans le cadre du dialogue social et privilégie la négociation partenariale ». Mais « le recours systématique à l’affrontement et au blocage, a affirmé le leader de Poindimié, n’est pas compatible avec le processus initié par les accords politiques, qui visent à asseoir un comportement citoyen dans la recherche de solutions par la voie du dialogue ». Et c’est en ce sens que le Palika « condamne les affrontements récents sur la voie publique organisés autour d’un conflit social, et dénonce l’utilisation du sigle et du drapeau FLNKS dans un but de manipulation de l’opinion publique ». Car cela consiste « à faire croire que les moyens utilisés ces dernières semaines seraient portés par la population kanak indépendantiste », à l’image de ce qui s’est produit durant les Evénements, ce que dénonce la Palika.
« Le recours systématique à l’affrontement n’est pas compatible avec le processus initié par les accords politiques. »
Pour deux raisons. D’abord parce que la mobilisation populaire des Evénements est intervenue à une époque où « la revendication identitaire kanak et la revendication politique de l’indépendance n’étaient pas encore reconnues ni seulement entendues », ce qui n’est plus le cas ; ensuite parce que « le recours à ces moyens dans cette étape-là de la lutte a été décidé de façon responsable en congrès politique du FLNKS », alors que les mécontents d’aujourd’hui se revendiquent du FLNKS sans même que la stratégie en ait été discutée en congrès du Front. Or, rappelle le Palika, c’est « aussi en congrès, et toujours de façon responsable, y compris au prix du sang, que le FLNKS s’est engagé avec le drapeau Kanaky dans la voie d’une solution négociée avec les accords Matignon-Oudinot puis l’accord de Nouméa ».
Dans les agissements des dernières semaines auxquels le Palika n’a pas appelé, il n’y a donc rien qui porte l’estampille officielle du FLNKS, a martelé Paul Néaoutyine.
C’est pourquoi le Palika « dénonce l’opportunisme des dirigeants du syndicat USTKE, lequel a été membre du FLNKS à sa création mais s’est désengagé du Front depuis 1990 tout en continuant à recruter parmi les ressortissants des partis indépendantistes ». Il dénonce également l’opportunisme du Parti travailliste, « émanation politique de l’USTKE qui s’est publiquement opposé à l’accord de Nouméa ».
Paul Néaoutyine est tout aussi critique vis-à-vis de l’UC. « Depuis la campagne électorale, explique-t-il, les déclarations de Rock Wamytan, ou celles de Yann Devillers qui semble s’être érigé en porte-parole du FLNKS au gouvernement, affichent au nom du FLNKS des prises de position prenant à contre-pied cet engagement dans l’accord de Nouméa, allant jusqu’à présenter le positionnement du Palika, à travers l’UNI, comme anti-FLNKS ou comme collaborant à une gestion politique de l’accord qui serait contraire au FLNKS. »
L’Union calédonienne, ajoute Paul Néaoutyine, s’est ainsi livrée à « une manipulation de la stratégie du FLNKS, en cautionnant ces agissements, en dehors de la tenue d’un congrès du FLNKS, seule instance habilitée à décider de la stratégie du FLNKS ». Le Palika a donc réitéré hier sa proposition d’un congrès du Front, aussi vite que possible, « pour clarifier la stratégie du FLNKS à ce stade du processus de décolonisation, constitutionnalisé avec l’accord de Nouméa ».
Pour sa part, le Palika s’en tient à sa feuille de route. « Nous sommes clairement dans l’accord, a répété Paul Néaoutyine. Nous sommes cosignataires, nous sommes engagés par la parole donnée. Si nous sommes dans un processus dit négocié, c’est quand même Tjibaou, dont certains se revendiquent, qui nous a amenés là. Et nous, nous assumons, nous portons les choses, nous ne faisons pas des zig-zag sur la route. »
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