L’association Dumbéa rivière vivante a organisé, samedi, une opération de nettoyage sur la branche nord de la Dumbéa, avant la tenue de son assemblée générale. A l’ouverture de la saison chaude, elle appelle à nouveau à la mise en place d’actions pour préserver la rivière.
Entre les cailloux, des sacs en plastique. Dans un petit fossé bordant la rivière, des planches. « Des entreprises qui ont des chantiers dans le coin viennent jeter leurs déchets. J’ai vu trois camions venir au cours d’une seule semaine », s’indigne Pascal Guillotin, président de Dumbéa rivière vivante. L’association qui milite pour la protection et la préservation de la rivière depuis de nombreuses années a organisé une nouvelle opération de nettoyage sur les rives de la Dumbéa. Sur l’îlot qui sépare les branches nord et est de la rivière, une bonne dizaine de sacs entiers de poubelles sont cachés dans les broussailles. « Ce sont les campeurs qui les laissent là. Ils ne les ramènent pas », explique Sylvie, une des bénévoles.
Ces bras courageux ont découvert d’autres vestiges : ferraille, tonneau de 100 litres, batteries… Au total, les membres de l’association ramèneront un large butin de déchets et auront croisé plusieurs endroits où des feux ont été allumés alors que cela est formellement interdit.
Pendant que les bras s’activent, des coups d’arme à feu ont résonné dans toute la vallée. En début d’année, l’association a recueilli 300 signatures en faveur du déplacement du stand de tir situé sur les hauteurs de la rivière. « Cette semaine, il y a eu cinq dépassements d’horaires, pointe Sylvie. La police nationale vient s’y entraîner, on a l’impression que c’est la guerre. »
Autant de problèmes signalés à différentes institutions, comme ce sera rappelé au cours du bilan dressé dans l’après-midi. « On a demandé à la mairie une réactualisation de l’arrêté sur les nuisances sonores, demandant à ce qu’il soit interdit de faire du bruit le dimanche matin et les jours fériés. Cela a été approuvé par mail, mais depuis rien, peste le président. Pourtant le bail est arrivé à échéance fin 2006. »
« L’an dernier, on a compté près de huit cents voitures en une journée sur la rivière »
Si l’association s’active toujours et tente de trouver des solutions aux menaces qui pèsent sur la rivière, elle se montre plutôt inquiète à l’approche de la saison chaude : « L’an dernier, on a compté près de huit cents voitures en une journée. Cette année, ce sera sans doute plus en raison de la fermeture de la Tontouta et de la sécheresse qui s’annonce. » Elle se déclare également dépitée par l’attitude municipale et autres institutions. « On a eu beaucoup de promesses avant les élections. On nous a promis de travailler en partenariat, nous avons proposé plusieurs idées peu coûteuses pour mettre en place certaines actions. Nous avons participé à une réunion sur les feux, l’idée d’un conseil de l’eau a été émise ainsi que la mise en place d’une tour de guet sur la montagne, et on nous a même donné un accord verbal sur la fermeture de la branche nord aux véhicules moteurs. Mais depuis plus de nouvelle. »
Armelle Monneret, adjointe chargée de l’Environnement et invitée à la réunion, a pu répondre en direct (lire notre encadré). L’association s’est donc à nouveau fixé les mêmes objectifs pour tenter d’aboutir préserver la rivière et « faire de l’environnement une priorité dans la tête des décideurs ».
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