Cette année, l’organisation des festivités du 24 septembre a été élargie à de nombreuses associations. Le but : en faire une journée citoyenne et multiethnique, en plaçant « le Kanak au cœur du dispositif ». Le Rassemblement joue sa propre partition bleu-blanc-rouge.
La commémoration de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France retrouvera-t-elle cette année le faste joyeux et multiethnique qu’elle avait connu en 2004 ? Ou gardera-t-elle les accents de célébration kanako-kanak des deux dernières éditions ? La journée prendra-t-elle ces allures de mini-fête nationale que beaucoup voudraient lui voir revêtir ? Où sera-t-elle une fois de plus l’expression des divergences plus que des convergences ?
Il faudra attendre demain soir pour le savoir. Mais une chose est sûre. Cette année, le gouvernement s’est sérieusement impliqué dans l’affaire. Dewé Gorodey en tête, puisqu’elle est en charge de la citoyenneté au sein de l’exécutif. Le « Comité 150 ans après », habituel organisateur de la manifestation depuis 2003, a été élargi à une structure ouverte à de nombreuses associations culturelles, citoyennes ou communautaires. Et le programme se veut plus ambitieux, plus éclectique et plus divers qu’auparavant. Il s’agit bien d’organiser une « journée citoyenne ». Mais dans l’esprit du préambule de l’accord de Nouméa : construire une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie permettant au peuple d’origine de constituer, avec les autres, une communauté de destin.
Le Rassemblement organise son propre pique-nique républicain
C’est en insistant sur ce préambule, qui place l’identité kanak au centre de la construction de la citoyenneté, que Dewé Gorodey a présenté les grandes lignes de cette journée. Au nom du gouvernement.
Mais les élus et sympathisants du Rassemblement ne participeront pas au « pique-nique citoyen » prévu aux abords du musée de la Nouvelle-Calédonie à Nouméa. Ils organiseront leur « pique-nique républicain » à Dumbéa « en conviant nos compatriotes qui sont exclus malgré nous de la citoyenneté calédonienne » a précisé Gaël Yanno.
Bref, même si le nouveau président du gouvernement a placé son discours sous le signe du « vivre ensemble » ; même s’il l’a fait avec l’aval du Rassemblement et dans le cadre d’un pacte républicain, il demeure des différences fortes dans l’appréciation de ce que doit être la communauté de destin. Et donc dans la manière de fêter le 24 septembre.
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