Retour à la Une du jour
mercredi 10 février 2010  

 recherche avancée
Nos archives



LoisirsNos dossiersVie pratiqueAlbums photosNos servicesNos contacts Nouvelle-CalédonieNouméaGrand NouméaProvincesSportsPacifiqueArchivesFil RSS de l'édition du jour


  Nouvelle-Calédonie > Société - 23/09/2009    
Retour à la page précédente - Cet article a été consulté 7125 fois
Le 24 septembre cherche toujours sa voie
Cette année, l’organisation des festivités du 24 septembre a été élargie à de nombreuses associations. Le but : en faire une journée citoyenne et multiethnique, en plaçant « le Kanak au cœur du dispositif ». Le Rassemblement joue sa propre partition bleu-blanc-rouge.

La commémoration de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France retrouvera-t-elle cette année le faste joyeux et multiethnique qu’elle avait connu en 2004 ? Ou gardera-t-elle les accents de célébration kanako-kanak des deux dernières éditions ? La journée prendra-t-elle ces allures de mini-fête nationale que beaucoup voudraient lui voir revêtir ? Où sera-t-elle une fois de plus l’expression des divergences plus que des convergences ?
Il faudra attendre demain soir pour le savoir. Mais une chose est sûre. Cette année, le gouvernement s’est sérieusement impliqué dans l’affaire. Dewé Gorodey en tête, puisqu’elle est en charge de la citoyenneté au sein de l’exécutif. Le « Comité 150 ans après », habituel organisateur de la manifestation depuis 2003, a été élargi à une structure ouverte à de nombreuses associations culturelles, citoyennes ou communautaires. Et le programme se veut plus ambitieux, plus éclectique et plus divers qu’auparavant. Il s’agit bien d’organiser une « journée citoyenne ». Mais dans l’esprit du préambule de l’accord de Nouméa : construire une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie permettant au peuple d’origine de constituer, avec les autres, une communauté de destin.

Le Rassemblement organise son propre pique-nique républicain

C’est en insistant sur ce préambule, qui place l’identité kanak au centre de la construction de la citoyenneté, que Dewé Gorodey a présenté les grandes lignes de cette journée. Au nom du gouvernement.
Mais les élus et sympathisants du Rassemblement ne participeront pas au « pique-nique citoyen » prévu aux abords du musée de la Nouvelle-Calédonie à Nouméa. Ils organiseront leur « pique-nique républicain » à Dumbéa « en conviant nos compatriotes qui sont exclus malgré nous de la citoyenneté calédonienne » a précisé Gaël Yanno.
Bref, même si le nouveau président du gouvernement a placé son discours sous le signe du « vivre ensemble » ; même s’il l’a fait avec l’aval du Rassemblement et dans le cadre d’un pacte républicain, il demeure des différences fortes dans l’appréciation de ce que doit être la communauté de destin. Et donc dans la manière de fêter le 24 septembre.

  Les 24 septembre se suivent sans se ressembler 
Au fil des décennies, le 24 septembre a été tour à tour la célébration du colonialisme, celle de l’accès à la citoyenneté des Kanak, puis la célébration de la revendication indépendantiste face à celle de l’attachement à la France.

1953. Centenaire et droit de vote. C’est le centenaire de la prise de possession de la Calédonie par la France. Les festivités durent plusieurs mois et toutes les ethnies y participent. À cette époque, il n’y a ni indépendantistes ni non-indépendantistes. Même si les disparités sociales et culturelles sont bien plus grandes qu’aujourd’hui, le monde kanak participe avec fierté aux célébrations. Il faut dire que c’est l’époque de l’Union Française (embryon d’un commonwealth francophone qui en restera là), et que les Mélanésiens viennent tout juste d’obtenir le droit de vote et le plein exercice de la citoyenneté française.
1979. Jour de deuil kanak. Cinq ans avant le début des Événements, le Front Indépendantiste (futur FLNKS) décrète le 24 septembre « jour de deuil kanak ». Cette année est la dernière où les cérémonies sont accompagnées de défilés militaires.
1984-1993. Le long sommeil. La Calédonie a d’autres préoccupations que de célébrer le 24 septembre, devenu un symbole totalement contradictoire pour les uns et les autres. Il ne reste qu’un jour férié sur le calendrier. 1993 est l’année des peuples autochtones, l’occasion pour les Mélanésiens de se réapproprier la fête.
2003. Le Mwâ Kâ. C’est le 150e anniversaire de la prise de possession. Le Mwâ Kâ, symbole de l’identité kanak autour de laquelle doit se construire un destin commun, est hébergé dans la cour de l’hôtel de la province Sud, alors dirigée par Jacques Lafleur. Il avait accepté d’y accueillir cette sculpture quelques mois plus tôt. Solution temporaire pour pallier la mésentente entre le comité 150 ans et le maire de Nouméa concernant son implantation définitive. Le comité voulait l’ériger place des Cocotiers, non loin de la statue du général Olry, qui a écrasé la révolte kanak de 1878.
2004. La fête consensuelle. Le Mwâ Kâ est inauguré sur la place de la Marne. Il est acheminé par 150 porteurs de toutes les communautés. Sept mois auparavant, Jacques Lafleur avait menacé d’expulser le poteau du siège de la province après les revendications foncières de Gouaro Deva. « J’ai été trompé. […] Le Mwâ Kâ est devenu la manifestation d’une étape, d’une revendication parmi toutes les revendications systématiques qui se font jour ». Mais en septembre 2004, la donne politique a changé. C’est une équipe nouvelle enthousiaste qui conduit la fête sous le Mwâ Kâ. « Afficher notre identité, ce n’est pas s’éloigner de la France », déclare Philippe Gomès.
2006. Citoyenneté et polémique. La vice-présidente du gouvernement, Déwé Gorodey, lance la notion de « journée citoyenne » du 24 Septembre. Cette appellation suscite de vives réactions. Du côté loyaliste, où le Mouvement pour la France estime que « seule la citoyenneté française existe, toute autre citoyenneté n’est que la conséquence d’un pays indépendant ». Côté indépendantiste, le LKS parle de « mascarade folklorique ».
2007. Fête mélanésienne. La journée citoyenne prend nettement une tournure mélanésienne. Tant du côté des personnalités que du côté de l’assistance. Tous les grands emblèmes kanak sont là. Un arbre de la parole est planté. En revanche, les institutions sont aux abonnés absents. Le haussariat envoie son directeur de cabinet, et c’est à peu près tout. D’où l’idée de substituer le 26 juin (poignée de main Lafleur-Tjibaou) au 24 septembre comme jour de fête calédonienne.
2008. La fracture ? Bis repetita. Dans le camp non indépendantiste, on ne se bouscule pas à ce qui ressemble plus à une journée identitaire qu’à une journée citoyenne. Le monde kanak est bien là. Mais ni le maire de Nouméa, ni les présidents des grandes institutions ne pointent leur nez. Seule Isabelle Ohlen, élue Avenir ensemble, fait acte de présence. On est loin d’une représentation équilibrée de la diversité calédonienne. Et demain ?
  Un programme attractif 
Place du Mwâ Kâ

- Cérémonie d’ouverture, de 8 heures à 9h30, (accueil, cérémonie coutumière et discours);
- Village citoyen, de 9h30 à 18 heures. Animations et expositions (stands des savoir-faire, de l’artisanat, de l’art culinaire; stands d’information des associations);
- Podium : de 9h30 à 18 heures. Danses traditionnelles et modernes, musiques contemporaines, lecture de poèmes et slam, hip-hop.
Danses : Olobatr à 9h30, Faka Galo Gataa à 10 heures, Groupe K à 10h30, Hei Pu Nui à 11 heures, Agavai Vai à 11h30.
Musique : Tempo Latino à midi, Shem à 12h30, Felix Jone et Atelemo à 13 heures, Jimmy Oedin à 13h30, Made in jazz Quartet à 14 heures, Gulaan à 14h30, string band Groupe K à 15 heures, Groove Spirit à 15h30, Nea Combo à 16 heures.
Hip-hop battle des troupes du Grand Nouméa à 16h30.
- Cérémonie de clôture, à 18 heures (coutume et groupe Olobatr).

Au Musée

- Espaces extérieurs, de 9h30 à midi : animations jeunesse proposées par le musée, la FOL, l’UGPE et d’autres associations, sur le thème de la citoyenneté, du métissage, de l’altérité, de l’identité et de l’avenir : slam, danse de rue, réalisation d’une fresque intergénérationnelle par les enfants et les ados, jeux, etc.
- Salle des pas perdus,
10 heures à 16 heures : forum, sur le thème « citoyenneté, où en sommes-nous ? » Ce qui a été réalisé, actions en cours, recommandations et perspectives. Débat public.
- Ateliers : 1. Identité kanak
et construction de la citoyenneté dans un pays de destin commun. 2. Impact de l’éducation, de la formation,
de la justice sociale dans la construction de la citoyenneté. 3. Dynamiques institutionnelles sur la citoyenneté. 4. Rôle et pouvoir de chacun dans un pays citoyen.
- Expositions, de 9 heures à
17 heures : Festival des arts mélanésiens de Suva en 2006 et projection de documentaires (salle d’expositions temporaires); planches de Bernard Berger (salle d’exposition permanente); projection de films pour enfants (salle vidéo).

Pique-nique citoyen
Organisé sur les pelouses du musée et des alentours.
Amenez vos nattes. Possibilité de restauration sur place.



Photothèque
Edition du 23/09/2009
 
Voir tous les articles





<février 2010>
lmmjvsd
25262728293031
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
1234567
Depuis le 3 janvier 2008



Horoscope

Convertisseur de devises

Transport maritime

Nos contacts

Météo

Belep
Boulouparis
Bourail
Canala
Dumbéa
Farino
Hienghène
Houaïlou
Ile des Pins
Kaala-Gomen
Koné
Kouaoua
Koumac
La Foa
Lifou
Maré
Moindou
Mont-Dore
Nouméa
Ouvéa
Ouégoa
Païta
Poindimié
Ponérihouen
Pouébo
Pouembout
Poum
Poya
Sarraméa
Thio
Touho
Voh
Yaté

 

Je m'abonne aux Nouvelles Calédoniennes

Le blog de Zoé est en ligne
Imprimer l'article  Retour en haut de la page
Copyright © Les Nouvelles Calédoniennes 2010 - Tous droits réservés - Mentions légales