À l’initiative des enseignants de l’école publique du village, une centaine de personnes ont défilé dans les rues de Canala, mercredi après-midi, pour manifester contre la recrudescence de la délinquance
Des membres de tous les établissements publics et privés, primaires et secondaires de la commune, rejoints par des parents d’élèves, ont voulu manifester leur inquiétude croissante au regard de la multiplication des incivilités et des actes de délinquance par une marche dans les rues du village, mercredi.
Le directeur de l’école publique du village a commencé par établir un constat : « La montée en puissance de la délinquance se manifeste à l’égard de l’école et de ses enseignants. Et plus particulièrement auprès de ceux qui ne sont pas natifs de Canala. Il y a une perte de respect de l’école et de ses acteurs. » Et d’énumérer : « Au cours des cinq derniers mois, cinq logements ont été la cible d’effractions et six baies vitrées ont été brisées à l’école. Et je ne parle pas des caillassages. C’est pourquoi nous avons voulu pousser ce cri d’alarme. »
Et Florian Cossa de poursuivre en cherchant des explications à cet inquiétant engrenage : « L’école publique du village et les villas dévolues aux enseignants se situent dans un quartier “ artificiel “ , un peu retiré du village. Si bien que lorsque les enseignants sont absents, il est facile de s’introduire dans les logements. »
Et le jeune chef d’établissement de tirer les conséquences : « Les enseignants sont fragilisés et le taux d’absentéisme est très élevé. Cela nuit au suivi et à la qualité de l’enseignement. On peut parler de gâchis, vu le potentiel qui existe ici. » Pour anticiper la rentrée 2010, Florian Cossa s’est fendu d’une lettre adressée à Philippe Gomès, le président du gouvernement pour demander à ce que « soient nommés à Canala des enseignants expérimentés. Car, à l’heure actuelle, les gens s’en vont dès que possible. »
« S’il n’y a plus d’enseignants, que vont devenir nos enfants ? C’est inquiétant, car l’avenir c’est eux. »
Son collègue de l’école publique de Nakety, en poste depuis quatre ans, connaît un peu les mêmes problèmes, « l’absentéisme en moins, mais notre équipe est très solidaire et la plupart des enseignants n’habitent pas Nakety ». Et d’analyser ainsi la situation : « Nous manquons d’interlocuteurs. Il faudrait se retrouver autour d’une table et mettre les problèmes à plat. »
Pour le président de l’association des parents d’élèves de l’école publique du village : « Face aux dégradations et aux vols, le sentiment d’insécurité est tel que les enseignants se sentent rapidement impuissants. Notre crainte est de les voir partir. Nous les aidons en soutenant leurs projets pédagogiques. Tout le monde est d’accord dans le discours. Restent que, dans les faits, parents, coutumiers et mairie doivent faire des efforts. Nous en sommes au même point que l’an passé. » Même inquiétude du côté des parents d’élèves. Un papa qui a tenu à se joindre à la marche se pose des questions qui lui semblent primordiales : « S’il n’y a plus d’enseignants, que vont devenir nos enfants ? C’est très inquiétant parce que l’avenir c’est eux. Je constate qu’il y a un réel manque d’autorité de la part des parents qui fuient leurs responsabilités. Il faut réagir, et vite. »
Provoquée pour tenter « d’activer les discussions », cette marche aura-t-elle des répercussions positives ? La rentrée 2010 sera là pour le dire.
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