| La « passoire » rend
deux prisonniers |
Et deux de plus. Deux détenus de 20 et 22 ans ont creusé les murs pour s’échapper du Camp-Est mercredi soir.
Depuis le début de l’année, seize personnes ont pris congé de l’établissement. Un record.
Mercredi dans la soirée, la pression est montée d’un cran au Camp-Est. Avec l’apparition des premières chaleurs, les détenus de la maison d’arrêt se sont fait entendre, à un point tel qu’un début de bagarre aurait débuté. La presque totalité des surveillants est donc intervenue dans ce quartier. Deux jeunes de 20 et 22 ans, enfermés dans un autre quartier, dans une cellule de deux places et condamnés pour des vols aggravés, ont mis à profit la situation pour prendre la poudre d’escampette.
Ils auraient utilisé le bout d’une conduite d’eau pour creuser le mur. Une fois dans la cour de l’établissement, ils auraient cherché plusieurs issues de secours, comme en attestent les traces de trous dans le sol au niveau des grillages. Des traces de sang ont également été relevées. Car les deux évadés ont été confrontés aux rouleaux de barbelés. Après un laps de temps estimé à un quart d’heure, c’est finalement à l’aide d’une planche de coffrage qu’ils sont parvenus à forcer la clôture. Hier soir, ils étaient toujours dans la nature. Ces deux nouvelles évasions désespèrent une fois encore les représentants syndicaux de FO, qui continuent de plaider pour la construction d’un nouvel établissement pénitentiaire. Avec seize cas depuis le début de l’année, le Camp-Est est sans doute en tête du palmarès des évasions.
L’année prochaine : vidéosurveillance et système d’alarme. Et une étude sur une reconstruction complète doit être menée.
En son temps, la prison de Saint-Denis, à La Réunion, avait été surnommée par un député « la honte de la République » pour ses conditions de détention. Le Camp-Est peut gagner le titre peu enviable de « risée de la République ». La dernière évasion remonte à la fin du mois dernier. Avec les deux d’avant-hier soir, c’est en tout cinq détenus qui courent dans la nature.
Avant que l’installation d’une clôture réputée infranchissable soit achevée, ce qui devrait permettre de ralentir considérablement le rythme des évasions, le Camp-Est devrait se doter, dans le courant de l’année prochaine, d’une surveillance vidéo et d’un système d’alarme plus efficace. Et une récente mission de sécurisation menée par l’administration pénitentiaire a réclamé une étude sur la destruction puis la reconstruction à neuf des différents quartiers du Camp-Est. En attendant la prochaine évasion…
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