France
  • | Crée le 15.07.2016 à 11h20 | Mis à jour le 15.07.2016 à 11h20
    Imprimer
    Paris, le 14 juillet. Le président François Hollande, et le chef d\'état-major des armées, Pierre de Villiers (à droite), jeudi, lors du défilé sur les Champs-Elysées. Photo AFP
    Sécurité. A l’occasion du 14-Juillet, le chef d’état-major des armées a dressé un portrait de la défense française et des actions à venir pour les forces du pays.

    Dans une interview accordée mercredi à la presse, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, a insisté sur le fait que le budget de la défense allait devoir augmenter plus vite que prévu, devant l’ampleur des menaces et pour atteindre les engagements pris dans le cadre de l’Otan. « Aujourd’hui on est sur une stabilisation [des dépenses militaires] à 1, 78 % du PIB jusqu’en 2019 », rappelle le général. Selon lui, « il faudra aller vers les 2 % du PIB incontestablement et probablement plus vite que prévu, considérant le niveau des menaces, des missions et donc des moyens ». Après des années de vaches maigres, les pays de l’Otan se sont engagés en 2014 à porter leurs budgets défense à 2 % du produit intérieur brut sur une décennie, pour faire face aux défis sécuritaires post-Guerre froide et au terrorisme.


    Plus de 30 000

    soldats

    Si le général se félicite du « rapprochement » entre armée et nation, qui s’est cristallé après les attentats de 2015, et du « désir d’engagement » des jeunes, l’armée reste « sous pression », et cela même si le président François Hollande a relevé les moyens de toutes les forces de sécurité et de défense après les attentats de 2015, souligne le chef opérationnel des armées.

    Plus de 30 000 soldats sont engagés à l’étranger, en Métropole (opération Sentinelle) ou dans les Dom-Tom. « C’est du jamais vu depuis la fin de la guerre d’Algérie et c’est une posture durable », insiste le général de Villiers. Pour remplir ses missions tous azimuts, au Sahel, au Moyen-Orient ou sur les mers, l’armée surutilise selon lui des équipements souvent vétustes. La France va devoir aussi « intégrer à sa juste mesure le renouvellement de sa composante nucléaire », avec la dimension océanique (sous-marins) dans un premier temps puis aéroportée au-delà de 2025.


    Sentinelle

    L’opération Sentinelle demande aussi un effort important. « Le contrat protection qui était prévu pour un mois pour 7 000 à 10 000 hommes est maintenant permanent. Je rappelle que Vigipirate, c’était 1 000 hommes ». Le général balaie toutefois les critiques récurrentes. « La mission régalienne des armées, c’est de protéger les Français là où ils sont. C’est notre honneur de le faire. » Il insiste sur la nécessité de « mieux utiliser les savoir-faire » des militaires sur le territoire national, de renforcer « les synergies » avec la police et la gendarmerie et de développer la réserve. Et pour remplir ses missions, l’armée embauche tous azimuts. « On va recruter 26 000 jeunes cette année. »

    Mercredi, François Hollande a annoncé que la France allait renforcer son soutien aux forces irakiennes et redéployer le porte-avions Charles de Gaulle pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI). L’armée quittera aussi la Centrafrique avec l’arrêt de l’opération Sangaris.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS