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  • Frédérique Pris/AFP | Crée le 17.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 17.06.2019 à 10h17
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    En Métropole, dans les Dom mais aussi en Polynésie française, le marathon du bac débute ce matin. Photo AFP
    ENSEIGNEMENT. Plus de 740 000 candidats plancheront dès ce matin sur les épreuves du bac, avant-dernière édition de cet examen bicentenaire sous sa forme actuelle, alors qu’une grève plane sur la surveillance.

    L’organisation de l’examen, qui marque la fin de quinze ans de scolarité pour des centaines de milliers de lycéens - auxquels s’ajoutent des adultes qui le passent en candidats libres - est « un défi d’ampleur », souligne le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer.

    Or, des syndicats d’enseignants ont appelé à la grève de la surveillance des épreuves du premier jour (philosophie pour les Terminale générales et technologiques, français pour les Première), pour protester contre la réforme du bac.

    L’intersyndicale regroupe le Snes-FSU, premier syndicat chez les enseignants du secondaire, Sud-Education, la CGT… C’est la première fois depuis 2003 qu’un tel appel est déposé par des syndicats pour le bac. Il n’est « pas sûr que la grève soit très suivie car cela remettrait en question un examen sur lequel les profs ont travaillé toute l’année », mais « on n’est pas hyper sereins », résume Bruno Bobkiewicz, membre du bureau national du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d’établissement. « On a doublé le nombre de notre réserve de remplaçants » pour la surveillance, souligne ce proviseur du lycée Paul-Eluard à Saint-Denis, en banlieue parisienne. « S’il y a beaucoup de grévistes, on pourra aussi mobiliser les collègues qui occupent les couloirs et mettre un prof au lieu de deux dans chaque salle. »

    Contrôle continu

    « Nous ne sommes pas particulièrement inquiets, mais vigilants, a déclaré pour sa part Jean-Marc Huart, le numéro deux officieux du ministère. Les chefs des centres d’examen ont convoqué plus de personnel que d’habitude. L’an dernier, on s’était adapté à la grève de la SNCF. »

    L’intersyndicale entend protester contre la réforme qui réduit notamment le nombre d’épreuves finales de l’examen au profit du contrôle continu et qui s’accompagne d’une refonte de l’enseignement au lycée.

    Les syndicats voient dans cette transformation effective en 2021 l’instauration d’un bac « local », dont la valeur dépendra du lycée dans lequel le jeune aura effectué sa scolarité, et prévoient « un rythme effréné des évaluations » via le contrôle continu.

    D’autres syndicats, bien que critiques de la politique de Jean-Michel Blanquer, ont refusé de se joindre à cette action. Une grève ce jour-là « prend le risque d’opposer les enseignants aux élèves et à leurs familles », relève le SE-Unsa.

    Comme chaque année, la philo sera la première épreuve écrite pour les candidats au bac général et technologique. Les lycéens de la voie professionnelle passeront, eux, le français.

    Dans la voie générale, le marathon des épreuves s’achèvera le 24 juin pour les filières S et L, et dès le 21 juin pour la filière ES. Dans la voie pro, où les jeunes ont déjà passé plusieurs épreuves, les examens se dérouleront du lundi au mercredi. Les résultats seront connus le 5 juillet et les rattrapages s’étaleront jusqu’au 10. En 2018, 88,2 % des candidats ont empoché le diplôme.


    L’option langue des signes séduit de plus en plus de jeunes

    « La LSF se construit comme une scène de cinéma : on introduit d’abord le temps, puis le décor, et enfin l’action », explique Stéphan Barrère, interprète depuis treize ans. Photo AFP

     

    « Attention à l’expression du visage, c’est très important », rappelle la professeure avant de lancer le morceau de musique. Dans un lycée de Seine-et-Marne, des élèves s’apprêtent à traduire une chanson en langue des signes, une option du baccalauréat qui attire de plus en plus de candidats « entendants ».

    Pratiquer le « chansigne », discipline qui associe gestuelle et expression du visage pour traduire des œuvres musicales aux personnes malentendantes, fait partie du programme de cette option suivie par quelque 3 000 lycéens en France.

    « J’ai commencé la LSF (langue des signes française, NDLR) par curiosité. J’en avais déjà envie en primaire, mais quand j’ai demandé si on pouvait apprendre la LSF au collège, on a cru que c’était une blague », raconte Haurane, en Terminale ES. Admise en fac de droit, la jeune fille veut simplement « participer à l’élargissement des droits des sourds en France ».

    Dans 61 lycées

    Au bac, l’épreuve se déroule en silence. Le candidat tire au sort une image ou un texte qu’il présentera après un temps de préparation. Il s’entretient également avec le jury, en langue des signes bien évidemment. Même les bonjours échangés à l’arrivée du candidat dans la salle sont « signés ».

    Interdite d’enseignement durant près d’un siècle jusque dans les années 70, la LSF a été reconnue comme langue à part entière depuis 2005 et suscite, depuis, un intérêt croissant chez des candidats au bac qui ne souffrent pas de surdité.

    Ils étaient moins de 200 à présenter l’épreuve au baccalauréat en 2008 pour la première session, plus de dix fois plus cette année.

    La LSF est désormais enseignée dans 61 lycées dans l’Hexagone. Plusieurs universités proposent des formations en LSF mais le niveau requis est très exigeant.

    Repères

    Le bac en chiffres

    - 743 594 inscrits en Métropole et DOM, dont 20 474 candidats libres (2,74 % des postulants). Plus de la moitié (53,5 %) présentent le bac général, 25,5 % le professionnel et 21 % le technologique.

    - Le plus jeune candidat a 11 ans et sept mois, un garçon en Terminale S scolarisé dans l’académie de Versailles. Le plus âgé a 77 ans et il passera l’examen dans l’académie de Dijon.

    - Les épreuves se déroulent dans 4 635 centres d’examen en France et dans 93 pays étrangers. Les équipes ont élaboré au total 2 900 sujets.

    - Les 4 millions de copies seront corrigées par 174 331 professeurs. Ils sont payés 5 euros la copie et 9,60 euros l’heure pour les oraux.

    - Le coût moyen de chaque candidat (rémunérations des intervenants, organisation etc.) s’élève à 80 euros.

    - Les candidats ont le choix entre 23 langues vivantes pour les épreuves obligatoires et facultatives et 23 autres langues pour les épreuves facultatives, 12 langues régionales et la langue des signes.

    - Le bac professionnel compte 92 spécialités. Trois sont nouvelles : maintenance des matériels, systèmes numériques, et technicien en appareillage orthopédique.

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