France
  • Thibault Quartier/AFP | Crée le 24.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 24.06.2019 à 09h48
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    Les Belfortains sont venus clamer que leurs sites industriels ont encore un avenir. Photo Sebastien Bozon/AFP
    SOCIAL. Salariés, syndicats, habitants, élus locaux et nationaux : la population de Belfort s’est massivement mobilisée samedi pour faire reculer le « rouleau compresseur » de General Electric qui veut supprimer 1 050 emplois en France.

    Dans la manifestation General Electric, qui a rassemblé 5 000 personnes selon la préfecture, 8 000 selon l’intersyndicale, ressortaient les écharpes tricolores de nombreux élus ainsi que des gilets jaunes (lire aussi ci-dessous). De nombreux habitants de Belfort étaient venus en famille. Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ont participé, entre autres personnalités politiques, au défilé.

    « On est là avec les enfants, pour qu’on nous voie dans toute la France et qu’on nous soutienne. Il faut se mobiliser pour notre région, montrer que c’est une région qui a un savoir-faire et qu’il faut le garder », a témoigné Abdelkader Boutaa, ingénieur chez GE.

    Une immense banderole « Soutien aux salariés de General Electric » s’étalait aux pieds du célèbre lion en grès rose de Belfort, sculpté par Bartholdi. « Belfort debout, soulève-toi », a scandé la foule, à laquelle le délégué CFE-CGC Philippe Petitcolin a lancé : « L’important, c’est de mettre fin au massacre de GE ! ».

    Lors d’une conférence de presse réunissant élus de gauche et de droite et syndicalistes, il a appelé Emmanuel Macron à « faire reculer le rouleau compresseur mis en marche par General Electric ».

    A l’issue de la manifestation, une délégation, composée de l’intersyndicale, du maire LR de Belfort Damien Meslot et de la présidente (PS) de la région Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay, a été reçue à la préfecture.

    La préfète du Territoire-de-Belfort, Sophie Elizéon, a assuré les participants de l’implication « quotidienne et personnelle » du ministre de l’Economie dans ce dossier. Début juin, Bruno Le Maire avait appelé GE à revoir à la baisse le nombre de suppression d’emplois.

    La promesse non tenue de GE

    D’abord sonnés par l’annonce fin mai, par GE, de la suppression de 1 050 emplois en France, les salariés se sont vite mobilisés pour dire leur refus d’un plan social qui signerait, selon eux, l’arrêt de mort de l’entité belfortaine du groupe, qui produit des turbines à gaz, alors que le marché peut repartir. Belfort doit en payer le prix fort : sur les 1 050 emplois supprimés, près de 1 000 concernent la ville, dont près de 800 dans l’entité de turbines à gaz, les autres dans des « fonctions support ». Au total, GE emploie 4 300 salariés à Belfort.

    Par deux fois cette semaine, les salariés ont empêché la tenue de la première réunion d’information-consultation qui devait lancer le plan social.

    En dépit de ces actions, « la procédure information-consultation », qui lance le plan social, a bel et bien « officiellement commencé », a indiqué vendredi une source proche du dossier.

    Jeudi, l’intersyndicale, qui assigne GE en référé, demandera au tribunal de grande instance de Belfort la suspension du plan social tant que les pistes de diversification du site n’auront pas été étudiées.

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