France
  • AFP | Crée le 13.03.2019 à 05h41 | Mis à jour le 13.03.2019 à 15h41
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    Un débat animé mais le temps semble être passé trop vite pour les détenus. Photo Denis Charlet/AFP
    SOCIAL. A la maison d’arrêt de Douai, quatorze détenus ont débattu, lundi, en présence du directeur de l’établissement, sur de nombreux sujets.

    « C’est important pour nous de donner notre avis » : confiance envers les élus, violences policières ou réinsertion des prisonniers, quatorze détenus de la prison de Douai ont soulevé les questions les plus diverses dans le cadre du grand débat.

    Face à eux, Pierre Tesse, directeur de l’établissement, précise d’emblée : « Comme à l’extérieur, vos paroles seront reprises, un compte rendu sera fait et remonté au niveau national ».

    Puis, le député du Nord LREM Dimitri Houbron, lance la discussion : « Avez-vous eu connaissance du grand débat ? » Tous hochent la tête.

    Les questions fusent

    « On passe notre temps à regarder la télé, on n’a rien d’autre à faire », répond l’un d’eux. « Mais c’est bien de pouvoir y participer, c’est aussi notre grand débat, on est en démocratie », dit un autre. Rapidement, Manuel questionne : « Pourquoi, quand le peuple se révolte, comme les “gilets jaunes??, le gouvernement donne des coups plutôt que d’écouter leur souffrance ? Et comment ça se fait qu’il laisse les gens dans la misère ? ». Et s’exclame : en France, « Il y a deux groupes qui sont en train de se former parce qu’on ne sait pas répartir les richesses ! »

    Les questions fusent alors : « Vous ne pensez pas qu’il devrait y avoir un chef pour toute l’Europe ? », « Qui décide de délocaliser les entreprises ? », « Serait-il possible de contrôler les loyers ? », « Que pensez-vous des violences policières ? ».

    Le débat s’oriente un court instant sur le mouvement de contestation des gardiens de prison. « Je me sentirais plus en sécurité si les surveillants étaient davantage armés pour maîtriser les détenus dangereux », pense Salim. « Certains détenus ne devraient pas être mélangés avec les autres qui ont fait des choses moins graves », poursuit un autre.

    Un peu court

    Vient le sujet écologie : « dans la prison on n’est pas très écolo, on n’a même pas de tri sélectif », affirme un prisonnier, enchaînant sur les problèmes de réinsertion des détenus, « avec une mention au casier judiciaire on est tout le temps recalé ».

    Le député recadre la conversation sur la démocratie et la citoyenneté, thème initial : « Allez-vous faire des procurations pour les élections européennes ? » « Faut peut-être déjà nous redonner goût au vote. A chaque fois qu’on vote pour une personne il n’y a pas grand-chose qui bouge », répond Hamri. « Ce sont des gens qui ont eu la confiance de la population et qui volent leur argent », pense un autre. Le débat s’achève au bout d’une heure trente, Hamri est déçu : « Un peu court comparé à tout ce que j’ai vu à la télé ».

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