France
  • | Crée le 16.07.2016 à 11h20 | Mis à jour le 17.07.2016 à 11h20
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    Paris 13 novembre, Nice 14 juillet : la Calédonie se réveille à peine qu’elle voit, éberluée, la France sombrer dans une nouvelle nuit d’effroi. Un sentiment presque irréel l’envahit, qui mêle incrédulité et incompréhension. Un peu comme au sortir d’un cauchemar, dans ce demi-sommeil où l’on met quelques secondes à se rendre compte qu’il ne s’agit pas de la réalité.

    Sauf que là, si.

    Il y a bien sûr ceux qui ont de la famille ou des connaissances sur les lieux de l’attentat et qui sautent sur leur téléphone pour avoir des nouvelles. Et puis il y a la majorité des Calédoniens qui se disent juste : « P…, qu’est-ce qu’on a de la chance de vivre ici ».

    Ce soulagement immense, beaucoup l’ont ressenti hier matin en se disant que toute cette horreur, ce monde malade où il suffit de louer un camion pour tuer plus de 80 personnes, est fort heureusement bien loin de nous. Sauf que cette fois, il y a peut-être - pour peu que le degré d’horreur soit mesurable - un sentiment différent. Parce qu’en dehors du symbole de la Fête nationale, nous imaginons tous parfaitement les familles réunies pour regarder le feu d’artifice. Ces visages d’enfants émerveillés qui regardent le ciel avant que leurs sourires n’y montent à jamais. Personne ne peut s’empêcher de se projeter et de se sentir presque honteux en se réjouissant d’être en sécurité.

    Olivier Poisson

    olivier.poisson@lnc.nc

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