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  • Damien Stroka/AFP | Crée le 21.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 21.06.2019 à 10h23
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    La consigne des bouteilles en verre était très répandue dans les années 60 et 70. Elle devrait reprendre du service prochainement, mais avec le plastique.Photo DR
    SOCIÉTÉ. « Un big bang de la consigne » : c’est ce que promet la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, qui veut améliorer la collecte des emballages usagés et des bouteilles vides.

    Brune Poirson présidait mercredi à Strasbourg la première réunion d’un comité qui rassemblera des élus, des industriels, des associations et des citoyens et doit réfléchir aux « nouveaux équilibres » du système de gestion de déchets en France.

    L’objectif : « mettre en œuvre en France un système de consigne pour collecter les emballages et les bouteilles en plastique, les canettes, les bouteilles en verre éventuellement ».

    « Si nous voulons que certaines ordures ménagères ne se retrouvent plus dans la nature, nous devons donner aux Français les moyens de les déposer au bon endroit », a indiqué la secrétaire d’Etat.

    « Pas efficace »

    Elle veut surtout transformer le système de tri français, « très compliqué et pas efficace ». « Nous sommes à des taux de performance dans le tri qui ne sont pas satisfaisants », alors que Bruxelles a fixé l’objectif de 90 % de bouteilles collectées et recyclées en 2029, a-t-elle rappelé. Ce comité cherchera à définir quels produits seront concernés par la consigne, dans quel but (recyclage ou réemploi) et comment gérer les fonds recueillis. Les produits ménagers ayant des taux de collecte bas pourraient être concernés. C’est le cas aussi des canettes en métal, des bouteilles et des boîtes en plastique à usage unique.

    Pour l’instant, « on ne sait pas encore » ce qui est consignable et ce qui ne l’est pas, « c’est un long travail qui doit faire l’objet d’un consensus », a souligné Mme Poirson.

    Le comité doit également s’assurer que les collectivités locales, qui tirent des revenus de la gestion de certains emballages usagés, ne soient pas lésées par un dispositif de consigne.

    La réflexion sera menée en parallèle de la présentation, prévue début juillet, de l’examen du projet de loi anti-gaspillage. L’objectif est qu’une expérimentation puisse être lancée « lorsque la loi sera adoptée ».

    Bouteilles contre bon d’achat

    « Le projet de loi va être débattu au Parlement en septembre et il faut que d’ici là, nous ayons des pistes très concrètes pour développer un système à la française », a estimé la secrétaire d’Etat.

    En France, des dispositifs de consigne existent localement ou dans le circuit de vente aux professionnels (cafés, restaurants, hôtels). L’Alsace tente actuellement de relancer les consignes de verre.

    D’autres pays européens, comme l’Allemagne, ont largement développé la consigne. Avant l’installation du comité, Mme Poirson a ainsi visité un supermarché à Kehl, ville allemande située face à Strasbourg, sur l’autre rive du Rhin. Les clients peuvent y déposer leurs bouteilles dans une machine et obtenir en retour un bon utilisable en caisse.

    En Allemagne, « le système de consigne sur les bouteilles en plastique fonctionne bien, avec un taux de collecte et de recyclage de 87 %, bien plus que chez nous », a-t-elle souligné.

    En France, 70 % des emballages ont été recyclés en 2018, contre 68 % l’année précédente, selon Citeo, l’organisme chargé de la gestion des déchets ménagers.

    Le taux de recyclage a atteint 86,5 % pour le verre, 26,5 % pour le plastique (58 % pour les bouteilles et flacons, 4 % pour les autres emballages) et 44 % pour l’aluminium.

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