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  • Amélie Baubeau/AFP | Crée le 22.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 23.06.2019 à 19h44
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    L’Anses demande de limiter, par précaution, le nombre de personnes sensibles exposées autour des lignes à haute tension ainsi que les temps d’exposition. Photo DR
    Santé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire a publié hier des recommandations sur les champs magnétiques. De quoi relancer le débat sur les compteurs Linky.

    Les champs magnétiques à basses fréquences, émis notamment par les lignes à haute tension, représentent un risque « possible » de leucémie chez les enfants qui habitent à proximité, a prévenu hier l’agence sanitaire Anses.

    Aussi, elle recommande de « ne pas installer ou aménager de nouveaux établissements accueillant des personnes sensibles (hôpitaux, écoles…) à proximité des lignes à très haute tension », même si aucun lien de cause à effet n’est pour le moment démontré.

    L’Agence nationale de sécurité sanitaire, qui avait déjà alerté en 2010 sur une « association possible entre l’exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences et le risque à long terme de leucémie infantile », explique que de nouvelles études la conduisent à « réitérer » ses conclusions.

    Les champs magnétiques basses fréquences sont tous ceux dont la fréquence est inférieure à environ 8,3 kilohertz, seuil au-delà duquel commencent les radiofréquences. Ils sont émis par les réseaux de transport d’électricité et les transformateurs électriques, mais aussi par les transports, les aimants, les appareils électroménagers ou encore l’ensemble des câbles électriques dans lequel un courant circule.

    Toutefois, la plupart des études épidémiologiques disponibles portent sur les fréquences utilisées pour le transport d’électricité, 50 Hz ou 60 Hz, a expliqué Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques à l’Anses.

    40 000 enfants exposés

    Plusieurs de ces études mettent en évidence une augmentation statistique du risque de leucémie infantile à partir d’un certain seuil d’exposition, évalué selon les études entre 0,2 et 0,4 microteslas, l’unité de mesure du champ magnétique, a-t-il ajouté.

    40 000 enfants de moins de 15 ans sont ainsi exposés à leur domicile à un niveau de champ magnétique supérieur à 0,4 µT, et 8 000 enfants sont scolarisés dans une école exposée à un niveau plus élevé que ce seuil, selon une étude réalisée par l’institut de recherche publique Inserm et le CHU de Caen.

    L’agence souligne par ailleurs « la nécessité de mieux maîtriser l’exposition en milieu de travail pour certains professionnels susceptibles d’être exposés aux champs électromagnétiques, et parmi eux tout particulièrement les femmes enceintes ».

    Des études qui restent expérimentales ont mis en évidence la possibilité d’effets biologiques (stress oxydant, effets génotoxiques, effets sur la physiologie cellulaire).

    Des compteurs critiqués

    L’installation des nouveaux compteurs électriques Linky a relancé la polémique sur les ondes, déjà alimentée par le danger potentiel des antennes relais, du wifi ou du téléphone portable. En effet, ils utilisent pour communiquer le système de « courant porteur en ligne » (CPL) qui permet d'envoyer des informations sous forme de signal électrique à partir des câbles classiques. Des champs magnétiques de fréquences extrêmement basses

    justement pointés du doigt par l’Anses. Le centre de recherche

    et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques non ionisants (Criirem) a, lui, demandé d’installer ces compteurs à distance.

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