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  • Sandra Lacut/AFP | Crée le 28.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 28.03.2019 à 04h25
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    La future fonction publique pourra embaucher davantage de contractuels. Ils représentent déjà 20 % des effectifs (1,3 million par an en CDD et 900 000 présents quotidiennement sur 5, 5 millions d’agents). DR
    Fonctionnaires. Le projet de loi sur la fonction publique franchissait hier une étape décisive avec sa présentation en Conseil des ministres, alors que de multiples défilés étaient prévus.

    Défendu par le gouvernement comme une nécessité pour rendre la fonction publique « plus attractive et plus réactive » face aux « nouvelles attentes » des citoyens, le texte s’inscrit dans un objectif de suppression de 120 000 postes d’ici à 2022, sur 5,5 millions d’agents dans les trois versants (Etat, hospitalière, territoriale).

    La réforme est rejetée par les neuf syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC), qui accusent le gouvernement de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du secteur privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l’indépendance des agents à l’égard du pouvoir.

    Des rassemblements étaient prévus hier devant les préfectures, après la présentation dans la matinée du projet de loi en Conseil des ministres.

    Ces actions sont le prélude à une mobilisation unitaire afin « d’informer, de sensibiliser et de faire monter le rapport de force contre ce projet de loi » mais aussi de « défendre la qualité du service public », selon Jean-Marc Canon, de la CGT, pour qui « les possibilités de dialogue social avec le gouvernement sont épuisées ». Sept syndicats ont appelé à une journée nationale d’action et de grève le 9 mai, une date à laquelle FO et la CFDT ne se sont pas encore ralliées.


    « Dialogue de sourds »

    « Cela fait plus d’un an que nous dénonçons les orientations prises par le gouvernement […]. Nous continuons de dire qu’elles tournent le dos aux principes de la fonction publique et vont encore plus dégrader les services publics et les conditions de travail des agents dont nous demandons au contraire une hausse des rémunérations », avait dénoncé Bernadette Groison, de la FSU, lors de l’annonce de cette mobilisation. Après son passage en Conseil des ministres, le projet de loi doit être adopté par le Parlement « d’ici à la fin du premier semestre », selon le gouvernement.

    Il prévoit une refonte, comme dans le privé, des instances de dialogue social, un recours accru aux contractuels et aux contrats, la possibilité de ruptures conventionnelles ainsi que des mesures pour « favoriser la mobilité » des agents qui instaurent « un détachement d’office ». Il pourrait donner lieu à une dizaine d’ordonnances.

    Les syndicats dénoncent aussi bien le contenu du texte que la méthode utilisée. Luc Farré (Unsa) évoque à titre d’exemple la « rupture conventionnelle », prévue par le texte mais « jamais présentée, ni citée durant toute l’année 2018 », au cours de laquelle syndicats et gouvernement se sont rencontrés à une cinquantaine de reprises.


    Le fisc en grève demain

    Les syndicats des finances publiques (Solidaires, CGT, FO, CFDT, CFTC), qui maintiennent la pression depuis janvier, appellent de leur côté à une nouvelle journée de grève jeudi, après celle du 14 mars. L’administration fiscale a perdu 25 000 effectifs et 1 200 trésoreries depuis dix ans, selon les syndicats, qui s’opposent à « la refonte sans précédent des missions et du maillage territorial » de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

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