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  • Laurence Benhamou/AFP | Crée le 29.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 29.03.2019 à 09h57
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    Trois ministres quittent le gouvernement : Nathalie Loiseau, investie mardi tête de liste LREM pour le scrutin européen du 26 mai, Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi qui visent, eux, la mairie de Paris. Photos AFP
    ELECTIONS. Emmanuel Macron va devoir effectuer un petit remaniement gouvernemental avant les européennes, en raison des ambitions électorales de trois de ses ministres.

    Appliquant la doctrine du chef de l’Etat qui juge incompatible d’être ministre tout en menant campagne, la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, investie mardi tête de liste LREM pour le scrutin européen du 26 mai, a présenté sa démission mercredi matin.

    Les deux autres départs reflètent une rivalité pour le même poste : le désormais ancien porte-parole Benjamin Griveaux comme l’ex-secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi briguent tous deux l’investiture LREM pour les municipales de 2020 à Paris. Un choix que le parti du président, et le président lui-même, trancheront en juin.

    L’ancien porte-parole a souligné sur son compte Facebook que son départ s’était fait « en plein accord avec le président de la République et le Premier ministre ». Pas de quoi dissuader Mounir Mahjoubi qui a twitté : « En route pour un nouvel horizon. Paris doit donner sa chance à tous ». Lui qui affiche depuis longtemps ses ambitions pour Paris, aurait d’ailleurs préféré rester au gouvernement le plus longtemps possible. « Partir maintenant serait très lâche ». « Il ne faut pas perturber ni les élections européennes ni le grand débat en provoquant un remaniement », disait-il vendredi à la Tribune, taclant l’impatience de Benjamin Griveaux. A l’Elysée comme à Matignon, cette sortie a déplu.

    Un récent sondage qui donne la maire Anne Hidalgo en tête des intentions de vote a peut-être accéléré la cadence. D’autres prétendants pour Paris sont sur les rangs, dont les députés Cédric Villani et Hugues Renson ainsi que l’élue du IVe arrondissement Anne Lebreton.

    Un autre « Mormon »

    Avec le départ de Benjamin Griveaux, c’est aussi de nouveau un « Mormon » qui s’éloigne, ce petit groupe de fidèles qui ont accompagné Emmanuel Macron dans sa conquête du pouvoir. Au total, dix membres du gouvernement sont partis, volontairement ou non, depuis le début du quinquennat. Avant eux, sept ministres ont démissionné en un an et demi, une concentration de départs inédite en début de mandat. Dont trois ministres d’Etat, François Bayrou, Nicolas Hulot et Gérard Collomb.

    Les remplaçants devraient être nommés d’ici lundi, date du prochain Conseil des ministres. Parmi les favoris pour les Affaires européennes figure Clément Beaune, conseiller Europe du président. Pour le porte-parolat, trois membres du gouvernement sont sur les rangs : Emmanuelle Wargon, Marc Fesneau et Gabriel Attal. Le chef de l’Etat devra veiller à la parité, mise à mal depuis l’entrée au gouvernement en janvier d’Adrien Taquet (Protection de l’enfance). Le gouvernement comptait jusqu’à ce jour dix-neuf hommes et dix-sept femmes.

    Difficile aussi cette fois, en cette période pré-électorale, de laisser traîner les nominations en longueur. « J’espère qu’Emmanuel Macron a bien réfléchi. Il avait attendu deux semaines pour nommer Castaner à Beauvau. Au regard de ses résultats il aurait peut-être dû réfléchir un peu plus longtemps », a ironisé le LR Eric Ciotti.

     

    La candidature d'un ex-dirigeant de France Ô fait polémique

    La République en Marche a annoncé que l’ancien directeur des rédactions de France Ô et 1re Outre-mer, Stéphane Bijoux, serait sur sa liste pour les élections européennes, s’attirant des critiques mercredi alors que France Ô est appelée à disparaître.

    « Donc Macron tue France Ô et ensuite récompense son directeur des rédactions TV avec une place de député européen. Intéressant », a déclaré sur Twitter la Réunionnaise Corinne Narassiguin, secrétaire nationale à la coordination du Parti socialiste. L’animatrice de télévision et conseillère régionale Les Républicains Babette de Rozières s’est, quant à elle, déclarée « choquée » et considère cela comme « une sorte de trahison pour France Ô. Il aurait dû soutenir cette chaîne ».

    Le Réunionnais est en dixième position sur la liste LREM menée par Nathalie Loiseau. Il a démissionné mardi du poste qu’il occupait depuis 2011, a confirmé la chaîne. Stéphane Bijoux est connu en Polynésie pour avoir été le rédacteur en chef de RFO entre 2005 et 2009.

    La suppression de France Ô sur la TNT d’ici 2020 a été décidée en juillet 2018 par le gouvernement dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel public.

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