France
  • | Crée le 09.07.2016 à 11h20 | Mis à jour le 09.07.2016 à 11h20
    Imprimer
    Paris, le 7 juillet. François Hollande et les membres du gouvernement se recueillent au passage du cercueil de Michel Rocard dans la cour d’honneur de l’hôtel des Invalides. Photo AFP
    Cérémonie. Cinq jours après sa mort à 85 ans, l’ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard a reçu jeudi un hommage national appuyé aux Invalides.

    De nombreuses personnalités politiques étaient présentes jeudi midi, dans la cour d’honneur des Invalides, sous un soleil radieux, pour rendre hommage à l’ancien locataire de Matignon (1988-1991).

    Théoricien de la « deuxième gauche », Michel Rocard « pouvait être sévère à l’égard de la première », mais il savait « que les deux gauches devaient s’unir pour gouverner », a souligné François Hollande dans un éloge truffé de références à l’actualité.

    « Jamais il n’a joué contre sa famille politique, même quand il a fallu qu’il s’efface devant François Mitterrand » en 1981 et 1988. Et cet homme de « compromis » n’avait jamais « hésité » à recourir à l’article 49-3 - 28 fois, a-t-il cité - pendant son magistère, a rappelé François Hollande, au terme d’une semaine marquée par de nouveaux affrontements au Parlement entre socialistes autour de la loi travail.

    L’ancien secrétaire général de la CFDT, Edmond Maire, a estimé pour sa part que l’« ambition pour la société » de Michel Rocard était semblable à celle qui a animé Pierre Mendès-France et Jacques Delors.

    S’exprimant un peu plus tard depuis le siège du PS, Manuel Valls a rappelé aussi comment Michel Rocard avait accepté la « règle » en tant que « minoritaire », en se retirant en 1980 au profit de François Mitterrand pour la présidentielle l’année suivante. « Et parce que Michel Rocard a respecté la règle en 1980, il y a eu aussi la victoire de 1981 », a poursuivi Manuel Valls, une façon pour le Premier ministre de vanter les vertus de l’unité alors que les stratégies s’affûtent à gauche et notamment dans les rangs socialistes pour 2017.


    « Se cogner au réel »

    La journée d’hommage avait débuté à 10 heures par un culte d’adieu protestant à Paris, en présence toujours de MM. Hollande et Valls. Après le temple et les Invalides, de nombreux militants socialistes s’étaient rassemblés en début d’après-midi dans la cour du siège du PS pour saluer l’ancien Premier ministre, dont le portrait barrait la façade du bâtiment.

    « Parler vrai pour dire les choses. Ne jamais succomber à cette facilité des fausses promesses qui n’ont qu’un temps et sont le plus court chemin vers la désillusion », a dit Manuel Valls. Dans un discours riche en souvenirs personnels sur l’ancien Premier ministre, il a plaidé pour une action politique qui part « du réel pour le façonner ». Cela signifie « remiser les vieux refrains de révolution et de rupture pour s’atteler à une tâche exigeante. Réformer et réformer […] c’est pouvoir transformer le monde », a-t-il poursuivi.

    « Il n’a jamais craint de bousculer sa famille politique », a pris soin de rappeler Manuel Valls, dont les relations avec la gauche du PS sont au plus mal en raison de sa politique.

    L’ancien Premier ministre a montré notamment que « pour défendre l’idéal, il faut se cogner au réel », a appuyé de même le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, saluant la « véritable ingénierie du dialogue » qu’était Michel Rocard.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS