France
  • | Crée le 07.07.2016 à 11h20 | Mis à jour le 07.07.2016 à 11h20
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    Strasbourg, mardi 5 juillet. Des manifestants opposés à la loi Travail ont défilé pour la 12e journée de mobilisation.

    SOCIAL. Manuel Valls a déclenché une deuxième fois le 49-3, mardi, pour forcer l’adoption du projet de loi Travail à l’Assemblée, sur fond de fractures à gauche.

    « J’ai décidé d’engager la responsabilité de mon gouvernement » sur ce « texte de progrès social », objet d’« une large concertation », a déclaré le Premier ministre, arrivé sourire aux lèvres peu après 15 heures, mardi, à la tribune de l’Assemblée nationale. Comme en mai, il a fustigé « une alliance des contraires » et « des conservatismes » en visant la droite et les opposants de gauche au projet de loi, dans un discours de moins de dix minutes que les élus LR n’ont pas écouté jusqu’au bout, quittant l’hémicycle. « Les stratégies des uns et des autres à moins d’un an de la présidentielle ne doivent pas bloquer le pays », a lancé le locataire de Matignon, qui pourrait encore user du 49-3 pour l’adoption définitive du texte, probablement le 20 juillet.

    Après quatre mois de contestation, « je prends mes responsabilités dans l’intérêt du pays », avait prévenu le Premier ministre mardi matin dans le huis clos tendu de la réunion des députés socialistes, mettant en avant le soutien de François Hollande. Le recours au 49-3 a empêché tout débat sur le millier d’amendements déposés.


    La gauche voit rouge

    C’est une « violence au peuple », selon le chef des frondeurs PS Christian Paul, une « blessure démocratique », dit l’ancien ministre Benoît Hamon, une « mise en scène pour Bruxelles », ironise le président du MRC, Jean-Luc Laurent. Le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri sera considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les 24 heures, est votée par l’Assemblée. La droite n’en déposera pas cette fois. Que « Valls se débrouille avec son champ de ruines », a justifié le patron des députés LR, Christian Jacob, donnant « rendez-vous » aux urnes en 2017 pour changer de majorité.

    A la gauche de la gauche, déposer une motion de censure, après l’échec de mai, à deux signatures, semblait relever du défi, notamment à cause des « pressions » sur des socialistes, menacés d’exclusion à l’approche de la primaire et des législatives.

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