Grand Nouméa
  • | Crée le 14.06.2019 à 06h57 | Mis à jour le 25.06.2019 à 15h40
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    Pour les deux classes de CM2 hébergées au collège, ce test est une transition idéale avant l’entrée en sixième. Photos G.R.
    DUMBÉA. Quarante cinq élèves de CM2 sont accueillis, depuis la rentrée, au collège d’Apogoti. Un dispositif pilote, rendu d’autant plus nécessaire qu’un groupe scolaire manque à Dumbéa-sur-Mer.

    Large sourire aux lèvres, des écoliers se sentent comme chezeux au collège d’Apogoti. Et pour cause, depuis la rentrée scolaire, deux classes de CM2 ont trouvé refuge au sein de l’établissement. « Nous nous sommes rendu compte qu’il y aurait des difficultés pour 42 élèves en fin d’année (...) Nous ne voulions pas perturber leur quotidien et le collège nous a bien arrangés », résume Romain Capron, directeur de l’éducation à la province Sud. Avec dix-neuf classes et 485 élèves, l’école voisine Delarcharlerie-Rolly, ouverte à la rentrée 2016, étant déjà à pleine capacité, il a fallu trouver une solution.

    Et le collège s’est proposé pour les accueillir. « Nous n’avions pas encore les troisièmes, ce qui nous laissait des salles disponibles », explique Marc Boutin, le principal. Une convention a été passée entre mairie, province et collège et, durant l’été, deux salles de cours et une salle polyvalente ont été aménagées avec le matériel pédagogique nécessaire. Dans une partie de la cour, une barrière a été posée pour la réserver aux cours moyens 2. Deux enseignants, trois animatrices de la Caisse des écoles et un emploi PPIC ont été dépêchés sur place. Toujours pour éviter que les plus jeunes ne croisent les aînés, les horaires des passages à la cantine ont été décalés. « Pour être honnête, nous y sommes tous allés à reculons, reconnaît Karen Guihard, directrice de l’école Delarcherie-Rolly à laquelle ces effectifs restent rattachés. Mais en fait, c’est une super expérience. »

    Ouvert en 2018, le collège d’Apogoti compte 340 collégiens, de la sixième à la quatrième. Avec l’arrivée des troisièmes, en 2020, il passera à 500 élèves et les classes de CM2 seront récupérées.

     

    Une solution temporaire

    Passage d’une enseignante d’anglais, accès aux salles de sciences, à la salle informatique, utilisation des installations sportives, échanges fréquents entre enseignants du premier et du second degré, des synergies se sont mises en place. « C’est assez bénéfique pour les enfants. Ils vivent déjà leur transition vers la sixième. C’est l’idéal pour mettre en place des activités ludiques », apprécie Novela Puko, animatrice référente. Sauf que cette solution temporaire n’est valable que jusqu’à la fin de l’année. A la rentrée 2019, le collège accueillera ses classes de troisième, ses effectifs grimperont de 340 à 500 élèves et l’établissement aura besoin de toutes ses salles de cours. « Nous avons huit mois devant nous et c’est vrai que le timing est très serré », concède Romain Capron. Après concertation entre la Secal, aménageur de la zone d’aménagement concertée (ZAC), la province et la ville, la solution trouvée consiste à réaménager l’école provisoire en préfabriqué de Dumbéa-sur-Mer. Moyennant 40 millions de francs, huit classes de vingt-cinq élèves doivent être livrées pour 2020. Ces installations accueilleront ensuite dix classes, en 2021. Avant la livraison d’une école définitive de douze classes pour la rentrée 2022. Problème, le site provisoire doit être récupéré par la ville pour construire une salle omnisports et le foncier prévu pour la construction de l’école définitive est situé au pic aux Morts, qui fait l’objet d’un litige (voir par ailleurs). « Si ça ne doit pas se faire, il faut trouver un nouveau foncier. Les populations arrivent à Dumbéa-sur-Mer et c’est normal qu’elles puissent y bénéficier de service », avance Georges Naturel, le maire.

    Dans l’une des cours de l’établissement, une barrière a été aménagée pour séparer l’espace de jeu des élèves de primaire de leurs homologues collégiens, et l’ambiance est plutôt bonne.

     

    Repères


    Un blocage foncier qui change la donne

    La Secal, aménageur de la zone d’aménagement concertée de Dumbéa-sur-Mer pour le compte de la province, et le GDPL Taku se livrent un bras de fer judiciaire quant au devenir du pic aux Morts. Alors que le GDPL revendique le lieu comme sacré et tabou et s’oppose à tout aménagement depuis 2003, la Secal compte y édifier 200 logements et une école. Sauf qu’après dix reports d’audience, le 15 mai, le juge des référés a, en partie, donné raison au GDPL Taku, qui continue à bloquer les travaux. « Concrètement, des enfants risquent de ne pas avoir d’école près de chez eux à la rentrée 2022 et de nombreux logements destinés aux familles risquent de ne pas être construits s’il n’est pas mis fin très rapidement à ce blocage. Nous comptons faire appel en référé », a indiqué Me Philippe Dupuy.

    Un vœu formulé en conseil municipal

    Lors de la séance du 13 mars, le conseil municipal a adressé un voeu à la province pour qu’elle « assume ses responsabilités réglementaires en finançant le programme des équipements publics nécessaires à la ZAC ». Après rencontre entre Georges Naturel, le maire, et Philippe Michel, alors président de la collectivité, la solution d’une école provisoire a été actée.

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