Grand Nouméa
  • Karine Payen | Crée le 14.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 14.09.2018 à 08h13
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    Kuby et Kups peuvent être satisfaits. Ce mur de plus de 10 mètres de haut, visible de la route, ne laisse personne indifférent. Photo K.P.
    Païta. Une œuvre d’art de 80 m2 recouvre désormais la façade d’un bâtiment du lycée Anova. Une réalisation de Kuby et Kups inattendue qui distille un message de paix.

    « Le street art rassemble les gens, les générations, les corporations. Ça plaît à tout le monde. Avec ici un petit message pour que la paix règne sur le pays », explique, enchanté, Kuby, l’un des graffeurs qui a travaillé sur le projet.

    Un projet de taille car c’est une fresque géante de 80 m2 qui s’expose sur le mur d’une salle de classe du lycée Anova. Pourtant, au départ, l’œuvre d’art n’était pas destinée à un établissement scolaire. « J’ai gagné un prix lancé il y a deux ans par le ministère de la Culture en France. Le projet, entièrement financé via la mission de l’action culturelle, était initialement prévu sur un échangeur de Dumbéa. Mais cela ne s’est pas fait. Il a ensuite été proposé à la mairie de Nouméa pour l’immeuble Iékawé. Mais refusé à cause du classement du secteur au patrimoine. Alors je l’ai proposé au lycée Anova qui a tout de suite accepté », relate l’artiste de 35 ans.

    « Kuby a animé en 2017 un atelier graff avec nos élèves. Il avait repéré ce grand espace. Lorsqu’il nous a parlé d’une réalisation artistique de fresque géante, la direction de l’établissement a immédiatement accepté. Cela améliore le cadre de vie du lycée », estime Laurence Joop, la professeure d’anglais qui s’est investie dans le projet. Mais ce n’est pas seul que Kuby a rempli sa mission. « Avec mon ami Kups, on a partagé les 60 heures de travail, reparties sur six jours, nous avons terminé le 5 septembre. Le personnage, métisse, a été fait par Kups et pour le décor, on a travaillé ensemble. Le graff est un art qui se partage, c’est rare de voir un graffeur solitaire », explique Kuby.

    Les élèves curieux

    « On a remanié le projet pour que chacun ait sa place. On a été totalement libre pour notre mission artistique. Maintenant on recherche d’autres grands formats à peindre, de 20 ou 30 mètres de haut », poursuit Kups. Et voilà deux graffeurs chevronnés, heureux de cette nouvelle aventure humaine.

    « Les élèves ont passé des heures à nous observer, ils ont été très interrogatifs. On pense avoir créé des étincelles et éveiller les consciences », espèrent les deux artistes. Car la fresque est un clin d’œil à la légende amérindienne du colibri, reprise par l’association Colibris de Pierre Rabhi, incitant chacun à faire sa part dans le monde, selon ses propres moyens.

    « C’est une belle vitrine pour notre lycée, on est impressionné par le résultat. C’est un beau message sur le plan artistique et aussi sur la légende du colibri », témoignent Dona et Noellya. « Je suis venu les voir au cours des récréations, pour découvrir leur technique de travail quand ils étaient montés sur la nacelle, c’était passionnant », ajoute Tupou.

    Le travail artistique a mis de la couleur dans l’établissement. « Cette fresque rayonne. Et on remarque que le mur peint en 2017 par l’atelier graff, n’a aucun graffiti apposé. Il y a un vrai respect même par les personnes extérieures de passage », conclut la professeure d’anglais.


    Savoir +

    Le vernissage se déroule ce soir, vendredi 14 septembre, à 17 heures, au pied de la fresque.

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