Grand Nouméa
  • Gédéon Richard / gedeon.richard@lnc.nc | Crée le 20.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 20.06.2019 à 09h55
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    En ouverture de journée, les agents du Dock débrayent, tous les jours, avant de prendre leur poste. Photo DR
    PAÏTA. Depuis quelque temps, les treize employés du Dock socioculturel débrayent chaque matin durant 55 minutes. Ils mettent en cause leur direction, déplorent des failles de management ainsi qu’un manque de communication. Ils interpellent le maire, qui a initié une réforme de fonctionnement.

    Ce n’est pas la sérénité qui règne au Dock socio- culturel, mais plutôt l’exaspération. Chaque matin, ses treize salariés débutent leur journée de travail par 55 minutes de débrayage pour potester contre leur direction.

    « Il y a un ras-le-bol. Nous ne sommes pas écoutés. Cela fait sept ans que nous souffrons d’un manque de management et de communication. Cela affecte sur le fonctionnement », déplore l’un d’eux, qui souhaite conserver l’anonymat. « La structure n’évolue pas comme il faut. Le tissage socioculturel ne dépasse pas le cadre de la commune. Alors que nous pourrions faire plein de choses, nous restons cantonnés à des missions basiques », poursuit cet agent.

    Ouverte fin mars 2018, l’extension du Dock, où cours de musique et de danse sont dispensés par l’Association de formation des musiciens intervenants, sous l’égide du Conservatoire, avait suscité des attentes de renouveau du personnel qui comptait sur la mise en place d’une nouvelle stratégie d’action. Des espoirs vite déçus. « Nous pourrions aller beaucoup plus loin », insistent animateurs et techniciens, qui tiennent bon uniquement parce qu’ils reçoivent du public.

    Une concertation

    « Nous avons besoin d’une réponse claire de la hiérarchie et d’un cap », ajoutent-ils. Aujourd’hui rassemblés derrière une intersyndicale l'Union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie (Usoenc) et la Confédération nationale des travailleurs du Pacifique (CNTP), ils se disent prêts à durcir le conflit.

    De son bureau de maire, Willy Gatuhau est bien au fait de la situation. « J’entends bien ce qu’ils dénoncent et qu’il y a sûrement un certain nombre de problèmes de communication », réagit le premier édile, qui a reçu des délégués syndicaux, ces deux dernières semaines, qui lui ont fait remonter leur malaise.

    « Je ne suis pas resté sans rien faire, le service public doit être assuré », poursuit le maire. Une rencontre a également eu lieu avec la direction et une stratégie doit être définie. « J’ai confié au chef de service et à son adjointe de me dessiner le contour de ce que sera le fonctionnement futur du Dock », enchaîne Willy Gatuhau, qui estime que l’information n’a pas dû remonter jusqu’au personnel. « Nous sommes dans une période de concertation à laquelle je veux associer les agents », assure-t-il. Ouvert en 2001, le Dock socioculturel reçoit, en moyenne, 25 000 visiteurs par an. « Il a vocation à mettre la culture à portée de tous », rappelle Willy Gatuhau. Ces dissensions internes ne devraient donc pas avoir d’impact sur la tenue de la fête de la Musique sur la commune, qui se déroulera samedi, à l’Arène du Sud (lire notre précédente édition).

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