Grand Nouméa
  • Clémentine Guenot | Crée le 04.03.2019 à 04h36 | Mis à jour le 04.03.2019 à 07h36
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    Une quinzaine de familles se sont réunies place des Cocotiers, samedi. Photo C.G.
    CENTRE-VILLE. L’association Une cantine responsable pour nos enfants a appelé les parents à exprimer leur mécontentement aux autorités, samedi, place des Cocotiers.

    La pluie en a découragé plus d’un, semble-t-il, mais « on reste quand même mobilisés », indique Hélène, qui a deux enfants inscrits à la cantine scolaire. Samedi midi, les parents d’élèves se sont rassemblés place des Cocotiers autour d’un pique-nique. Leur objectif : montrer leur détermination à obtenir une restauration scolaire de qualité. Une éclaircie leur a tout juste laissé le temps de déballer les nattes et de sortir les salades.

    « Le plus grand a eu des plaques rouges »

    Laurent est remonté. Ses deux enfants sont scolarisés à Païta, et mangent tous les deux à la cantine. Pour lui, il faut que le système change du tout au tout, car « tant que c’est un privé qui est en charge des repas, son but sera de faire du profit et non de servir des plats de qualité ». Il ne veut rien entendre sur les clauses qualitatives des contrats qui unissent Newrest aux communes. « Je ne veux pas payer les bénéfices de quelqu’un à l’autre bout du monde, lâche-t-il, la santé de nos enfants, ce n’est pas un business. »

    Iké est tout à fait d’accord avec cela. Quand elle s’est rendu compte que son petit Atéè était malade et avait des plaques rouges sur le corps, elle l’a immédiatement retiré de la cantine. C’était l’année dernière. Le garçon y retourne depuis la rentrée, « parce que ça coûte cher de payer quelqu’un qui s’occupe de lui le midi ». Toutefois, Iké est venue soutenir le mouvement, parce qu’elle n’est pas d’accord pour que ses petits-enfants mangent mal à la cantine. « La bouffe est dégueulasse, je préfère même ne pas regarder les menus », avoue-t-elle.

    Les parents d’élèves présents, samedi, souhaitent un véritable changement du système de la restauration scolaire. Photo C.G.

     

    Difficile sortie de crise

    Oui mais voilà, aujourd’hui, les parents d’élèves semblent incapables de faire changer les choses. C’est le statu quo au niveau des cantines, et l’accord transactionnel signé la semaine dernière entre Newrest et plusieurs communes du Grand Nouméa ne promet pas de grands changements. Carole Baillou, présidente de l’association Une cantine responsable pour nos enfants en a conscience. Elle constate amèrement que le rapport de force n’est pas favorable aux parents. Preuve en est le nombre de familles présentes au pique-nique. « Ça illustre bien l’implication des parents dans l’alimentation de leurs enfants », se désole Carole. Samedi, Laurent, Hélène et Iké l’ont dit à regret, « on laisse encore une chance à Newrest, parce qu’on n’a pas vraiment le choix », mais tous sont prêts à changer radicalement l’organisation familiale, s’il s’avère que les cantines n’assurent pas correctement le service.

     

    La mairie de Nouméa dément

    L’accord transactionnel entre Newrest et certaines communes du Grand Nouméa évoqué la semaine dernière n’aurait finalement pas été signé par Jean-Pierre Delrieu, président du conseil d’administration de la Caisse des écoles de Nouméa. Pourtant, Carole Baillou, présidente de l’association Une cantine responsable pour nos enfants, qui était présente lors de la réunion, affirme que Jean-Pierre Delrieu a été habilité pour signer le contrat par le CA. S’il est effectif que la mairie de Nouméa n’a pas signé l’accord transactionnel avec Newrest, cela montrerait une volte-face stratégique de la commune. Décision peut-être motivée par la levée de boucliers des parents vis-à-vis de cet accord.

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