Grand Nouméa
  • | Crée le 07.06.2019 à 07h47 | Mis à jour le 07.06.2019 à 10h22
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    Pour marquer l’événement, Roger Laroque a reçu en cadeau des mains de Jacques Médecin un aigle (photo), emblème de Nice. Photo archives LNC
    PARTENARIAT. La ville de Nouméa vient de signer un nouveau jumelage avec, cette fois, celle de Papeete en Polynésie. La capitale entretient déjà des relations plus ou moins fréquentes avec ses autres jumelles : Taupo, Gold Coast et Nice. Tour d’horizon.

    Papeete, la soeur polynésienne

    Pour l’occasion, une délégation calédonienne s’est rendue cette semaine dans la capitale polynésienne. Phot Radio 1 Tahiti

     

    Il était attendu de longue date. En 2016 déjà, Sonia Lagarde, maire de Nouméa, l’avait évoqué. C’est finalement le lundi 3 juin que la ville de Nouméa a officialisé son jumelage avec celle de Papeete. Sonia Lagarde et Michel Buillard, le maire de Papeete, ont signé le protocole. Pour quelles raisons ? Parce que la Calédonie et la Polynésie française sont liées par « leur histoire, leurs échanges et leurs itinéraires », indique la ville de Nouméa. « Les Tahitiens font partie intégrante de la Nouvelle-Calédonie », souligne Sonia Lagarde. Les deux communes insistent sur le fait que la démarche ne restera pas vaine. La délégation calédonienne, qui a fait le déplacement cette semaine dans la capitale polynésienne doit d’ailleurs se pencher sur les futurs échanges économiques, culturels et sociaux pour cette année et la prochaine.

    Échanges scolaires et institututionnels

    Selon la mairie de Nouméa, ce jumelage est l’aboutissement de trois années de préparation sous forme de rencontres et d’échanges. Dans le cadre scolaire notamment. En octobre 2018, des élèves des écoles Émily-Panné et Frédéric-Surleau se sont envolés pour Tahiti. Ils y ont rencontré des élèves de l’école Saint- Paul-Sainte-Thérèse de Papeete qu’ils ont accueillis à leur tour, à Nouméa en avril dernier.

    Le cadre institutionnel n’a pas été délaissé. En mai 2018, la ville de Nouméa a reçu le maire de Papeete, accompagné d’une délégation. Ses membres ont profité d’une soirée en l’honneur des deux cultures polynésienne et locale. Ils ont découvert une exposition de photographies sur la place des Cocotiers. Auparavant, en août 2017, une délégation nouméenne conduite par le maire s’était rendue à Papeete pour poser les bases du jumelage. Reste à savoir quelles actions concrètes seront entreprises.


    Taupo, une alliée tournée vers la jeunesse

    Un protocole d’amitié en deux temps. Jean Lèques et Joan Anderson, maire de Taupo, signent les premiers accords de jumelage le 8 mars 1995 à Nouméa, puis le 30 juillet 1996 à Taupo. Ce jumelage est sans doute l’un des plus dynamiques. Il se concrétise par de nombreuses actions en faveur de la jeunesse. Depuis 2001, le collège de Normandie et Tauhara College sont jumelés. Les élèves du collège Jean- Mariotti et de Taupo Intermediate School se rencontrent chaque année depuis 2009. En 2013, le collège de Magenta et le Taupo Nui a Tia tissent également des liens. Sans compter les échanges sportifs. En 2012, Nouméa organise pour la première fois un voyage en Nouvelle-Zélande pour des jeunes prenant part au dispositif Sport Action. En 2011, pour le 10e anniversaire du jumelage, Tyssia, chanteuse, auteur, compositeur, interprète et lauréate du prix « 9 semaines et 1 jour », représente la chanson française au Festival des Arts de Taupo.

    Des liens historiques avec Haguenau

    Cette histoire a disparu de bien des mémoires. En 1945, Nouméa a soutenu la commune alsacienne d’Haguenau, alors ravagée par les bombardements. Il faut dire que Nouméa comptait des habitants d’origine alsacienne. Puis en 1975, suite au passage dévastateur du cyclone Alison, Haguenau avait aidé notamment la commune de Hienghène.


    Gold-Coast, la voisine

    Ce sont Jean Lèques et Alexander James Bell qui ont signé les documents scellant le jumelage. Photo Archives LNC

    C’était le 28 avril 1992. C’est lors de la tournée à Nouméa d’une délégation de la ville de Gold- Coast que son maire, Alexander James Bell, a signé un protocole d’amitié avec Jean Lèques dans la salle des délibérations de l’hôtel de ville. Haie d’honneur de la police, chorale polyphonique kanak, majorettes de Nouméa, musique militaire des Fanc. Pour la cérémonie, rien n’est laissé au hasard.

    Selon les deux maires, ce jumelage ne fait qu’officialiser les liens entre les Calédoniens et ses voisins de la «Côte d’or» australienne. Comme tout jumelage, il doit permettre une accentuation des échanges dans les domaines culturel, touristique, social et économique « intéressant l’ensemble des citoyens ».

    Il a été renouvelé à l’occasion des 10e, 15e et u 20e anniversaires de la célébration. En 2002, des élèves du lycée Lapérouse ont fait découvrir une exposition sur des produits calédoniens à l’hôtel de ville de Gold-Coast. En 2007, des danseurs de hip-hop de l’association Résurrection à Rivière-Salée ont présenté leur spectacle lors du Forum francophone organisé sur la Gold Coast. Des musiciens de l’ensemble des Petits violons du Conservatoire de musique de la Nouvelle-Calédonie ont aussi donné un concert. En 2012, une délégation d’élus a assisté au renouvellement du jumelage. Un groupe d’élèves du lycée Escoffier participe à la célébration du 20e anniversaire et bénéficie d’un stage professionnel au restaurant d’application du Watermark Hotel.


    Nice, une union politique

    Pour marquer l’événement, Roger Laroque a reçu en cadeau des mains de Jacques Médecin un aigle (photo), emblème de Nice. Photo archives LNC

    Bien que méconnu, il demeure. Le jumelage entre Nouméa et Nice existe toujours. Signé le jeudi 22 août 1985, dans la salle du conseil municipal de l’actuel hôtel de ville, des mains de Roger Laroque et de Jacques Médecin, respectivement maires de Nouméa et de Nice. Alors que, dans le même temps, François Léotard, alors maire de Fréjus, signe le jumelage avec Dumbéa.

    À l’époque, Jacques Médecin espérait « raccourcir les distances, au moins celles du coeur. Un jumelage ne doit pas être une fréquentation d’élus, mais une interpénétration des populations ». Les deux villes ambitionnent alors de « promouvoir les échanges culturels, touristiques et socio-économiques, ainsi qu’à développer la compréhension et le respect mutuel entre les habitants de Nice et de Nouméa ». Mais au fil du temps, les échanges sont très limités. Les principaux restent ceux mis en place dans le cadre du carnaval et un voyage d’un groupe de jeunes de la Vallée-du-Tir en 2010. « C’est compliqué parce que l’éloignement est important. Je me souviens surtout d’un voyage à Nice de jeunes de la Vallée-du-Tir, expliquait en 2016 Francine Beyney, membre de l’UCF et ancienne adjointe en charge de la vie des quartiers. Mais ce n’est pas comme pour Taupo ou Gold- Coast, avec qui il y a beaucoup d’échanges scolaires. Ça s’inscrit mieux dans l’esprit des Nouméens. » La ville a déjà manifesté la volonté de faire revivre ce jumelage qui était une des promesses de campagne de Sonia Lagarde.

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