Grand Nouméa
  • S.B | Crée le 12.07.2019 à 04h25 | Mis à jour le 12.07.2019 à 07h16
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    Anna (à gauche) effectue des maraudes pour l’association Accueil. Dans sa camionnette, des couvertures, des gâteaux, du café…Photo S.B
    SOLIDARITÉ. En cette période de saison fraîche, les personnes sans domicile fixe sont particulièrement exposées. Vêtements chauds, couvertures : des associations leur apportent du réconfort.

    « En ce moment, c’est très très dur », lance pudiquement un trentenaire qui connaît bien la vie dans la rue. En cette saison, ce qui complique son quotidien et celui de ses amis, c’est la fraîcheur des nuits et les journées de pluie. « On manque de tout. De couvertures, mais surtout d’un toit. On souffre beaucoup », poursuit-il. Une réalité qui n’a pas échappé à Jef Kerrand, le délégué permanent du Secours catholique. « Il fait frais en ce moment. Vous imaginez dans les squats ? », interpelle-t-il.

    Plusieurs structures se mobilisent pour apporter un peu de confort aux personnes sans domicile fixe. C’est le cas de l’association Accueil, qui effectue des maraudes en journée. « C’est important de maintenir un lien avec ces personnes. On leur demande quels sont leurs besoins, indique Aurélien Lamboley, son directeur. À cette période, on distribue davantage de vêtements chauds. On donne aussi des couvertures et de la nourriture. » Dans la limite de leurs moyens. « Mais jusqu’ici, c’est encore gérable », estime Patricia Gérard, présidente de l’association.

    Dans ses centres d’accueil (lire par ailleurs), les personnes accueillies peuvent bénéficier de vêtements chauds. Même constat à la délégation calédonienne de la Croix-Rouge. « Les manteaux, les couvertures et les couettes partent assez vite », constate Eugénie Kerleau du service communication. Pour faire face à la demande accrue de vêtements chauds, l’association en stocke dans son centre de tri pour pouvoir fournir les boutiques solidaires.

    Manque de couvertures, de pulls et de doudounes

    Au Secours catholique, on anticipe en prévision de la demande. « Pour le moment, on n’en a pas encore beaucoup, mais je pense que ça va venir. On essaie donc de rassembler un maximum d’affaires », observe Jef Kerrand. Seul hic : les couvertures, les pulls, les polaires et les doudounes manquent à l’appel. « Nous sommes demandeurs », fait-il savoir.

    La collecte n’est pas toujours évidente

    Il faut dire que la collecte n’est pas toujours évidente et le timing n’est pas toujours propice. « Les gens nous donnent ce qu’ils ont. Souvent, ils se débarrassent des affaires d’hiver durant l’été et inversement », remarque Priscillia Dombal, conseillère en économie sociale et familiale au sein de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Pour l’heure, la structure recense surtout des besoins en mobilier.

    Les personnes dans le besoin peuvent aussi compter sur la générosité de certains particuliers. « Des gens nous font des dons. Et d’autres leur donnent des affaires sans passer par nous », souligne Patricia Gérard.


    Savoir +

    Association Accueil, Tél. : 27 71 57. Saint-Vincent-de-Paul, Tél. : 27 22 72. Secours catholique, Tél. : 27 11 19. Croix-Rouge, Tél. : 27 21 76.

    Repères

    Un difficile recensement

    Pas facile de savoir combien de personnes sans domicile fixe vivent à Nouméa. Selon Aurélien Lamboley, directeur de l’association Accueil, il y en a entre 100 et 150. « C’est notre ressenti », précise-t-il. Parmi ces personnes, beaucoup ont des problèmes de santé mentale.

    Accueils de jour et de nuit

    L’association Accueil dispose de centres d’accueil : de jour, à Doniambo, et de nuit, à la Vallée-des-Colons, (trente places pour les hommes et sept pour les femmes.) « Lors de nos maraudes, les personnes rencontrées peuvent être orientées vers le centre de Doniambo. S’il y a de la place, et qu’ils le veulent, ce qui n’est pas toujours le cas, ils peuvent aller au foyer », explique Patricia Gérard, présidente de l’association.

    Un Sandwich pour autrui

    Créé récemment, le collectif Un Sandwich pour autrui distribue de la nourriture et des vêtements aux personnes sans logis. Il organise ses maraudes sur la page Facebook du même nom.

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