Grand Nouméa
  • Sophie Boltz | Crée le 16.02.2019 à 04h25 | Mis à jour le 16.02.2019 à 04h25
    Imprimer
    « Cette exposition contient des pièces rares », souligne Jean-Baptiste Friat, directeur de la culture à la province Sud. Photos S.B
    VALLÉE-DES- COLONS. Le Château Hagen accueille, jusqu’au 13 avril, l’exposition de préfiguration de la collection de William Costes. Elle mêle arts kanak, d’Extrême-Orient et des œuvres du peintre Jean Soane Michon.

    Deux imposantes flèches faîtières accueillent le visiteur. Depuis hier, une cinquantaine d’objets issus de la collection de William Costes sont à découvrir au Château Hagen. « C’est un avant-goût puisqu’il s’agit d’une préfiguration de l’exposition permanente qui aura lieu en janvier 2020 », explique Jean-Baptiste Friat, directeur de la culture à la province Sud.

    Des flèches faîtières donc, mais aussi des massues, des casse-tête, des haches… Les pièces rassemblées en disent long sur la passion que William Costes vouait à l’art kanak. Au fil de sa vie, cet homme discret a rassemblé nombre d’objets symboliques et rituels représentatifs de ce patrimoine.

    Quelques mètres plus loin, l’exposition invite le public à faire une halte ailleurs dans le Pacifique.


    « le souci de trouver le bel objet, un peu unique »

    Sont exposés plusieurs tableaux du peintre du Pacifique, Jean Soane Michon, devenu un ami de William Costes. Décédé en 1998, l’artiste représente notamment des femmes de Wallis-et-Futuna ainsi que des scènes de vie sur ces îles.

    Enfin, dans les combles du Château Hagen, le public continue de voyager dans l’espace et dans le temps. Car William Costes s’est intéressé de très près à l’art d’Extrême-Orient. Il a fait halte dans différents pays et a rapporté dans ses valises de nombreuses œuvres. Pipes à eau originaires de Chine et du Vietnam, statuettes du Népal ou encore objets en terre cuite de la Dynastie Tang datant de 618 à 907.

    Autant d’œuvres choisies avec soin. « William Costes avait le souci de trouver le bel objet, un peu unique », confie Jean-Baptiste Friat qui a rencontré le collectionneur. Cette collection, William Costes l’a léguée à la province Sud à sa disparition en 2017. « Il voulait qu’elle lui survive et n’avait qu’une crainte : qu’elle soit dispersée au gré de différents acheteurs. Il nous l’a donc cédée. A charge pour nous de la mettre en valeur », explique Jean-Baptiste Friat.


    une collection privée devenue publique

    Ainsi la collection privée fait désormais partie du patrimoine des Calédoniens. « La démarche est plutôt rare. Ça doit être une première en Calédonie », souligne le directeur de la culture.

    Inventaire des objets, conditionnement, restauration au besoin… Il a fallu cinq mois pour monter cette exposition. Le choix du lieu s’est imposé tout naturellement. « Vu le caractère unique et prestigieux de la collection, le Château Hagen était l’écrin adapté, poursuit-il. Pour nous, cette exposition est aussi une façon de valoriser la vie de William Costes. »

    sophie.boltz@lnc.nc

    Savoir +

    L’exposition est visible jusqu’au 13 avril, du mardi au samedi, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 17 heures, ainsi que les dimanches 24 février et 31 mars ; de 14 heures à 17 heures.Entrée libre et gratuite.

    Repères


    Une vie consacrée à l’art

    Né en 1947, William Costes arrive en Calédonie à l’âge de douze ans. Il étudie le droit et devient instituteur sur la côte Est. Il entame ensuite une longue carrière dans la police aux frontières (PAF). Il deviendra adjoint au directeur de la PAF. Mais sa vie est aussi rythmée par sa passion pour les objets d’art. Il en collectionne 650 environ. Dans sa maison, il y en avait partout. Il se documentait beaucoup sur les différentes pièces de sa collection. Décédé en 2017, il laisse également derrière lui des correspondances, des catalogues de vente aux enchères, des factures de cession d’objets etc.

    Rendez-vous en janvier 2020

    Une exposition permanente sur la collection de William Costes se tiendra au Château Hagen en janvier 2020. « Cela correspond à la date anniversaire du collectionneur », précise Jean-Baptiste Friat. Cette fois, elle rassemblera près de 80 objets. Le public pourra découvrir des expositions temporaires sur certains aspects de la collection ainsi que sur l’art contemporain.

  • MEDIAS ASSOCIÉS
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS