Grand Nouméa
  • A.-C.P. | Crée le 15.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 15.09.2018 à 04h25
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    Après des travaux, la maison Célières vient de rouvrir au public. Renommée Foyer des Calédoniens, son entrée est gratuite et accessible à tous. Photos Julien Cinier et A.-C.P.
    Faubourg-Blanchot. Une deuxième vie pour la maison Célières. Après avoir accueilli la Maison du livre, elle est transformée en Foyer des Calédoniens, dédié à l’histoire des pionniers. Le lieu, géré par l’association Témoignage d’un passé, a été inauguré jeudi soir.

    «C’ était une promesse de campagne, un engagement que j’avais à cœur de concrétiser pour mettre en lumière notre histoire si singulière », déclare Sonia Lagarde, en introduction de son discours, jeudi soir, lors de l’inauguration de la maison Célières en tant que Foyer des Calédoniens. Un moment important pour deux raisons.


    Aspect historique et patrimonial

    Avant tout, celle de donner une place à ces hommes et à ces femmes qui ont contribué à bâtir la Calédonie. « Je pense notamment aux pionniers et à leurs descendants, dont on ne parle pas souvent, estime la maire, mais dont l’installation en Nouvelle-Calédonie, dans des conditions parfois extrêmement difficiles, a contribué à donner au pays toute sa richesse. » Et puis, il y a l’aspect patrimonial de la maison Célières, située dans un des plus vieux quartiers de la ville, « où les familles calédoniennes ont un ancrage ». La vocation de ce foyer ? Devenir un endroit où chacun puisse retrouver « une part de son histoire, de notre histoire commune ». D’autant plus « en ces temps où l’avenir peut nous paraître trouble, il est important de toujours se rappeler d’où l’on vient », appuie Sonia Lagarde. S’il est consacré à une page de l’histoire, cet espace est-il destiné à tous ? Selon Sonia Lagarde, tout le monde peut se reconnaître dans cette maison, qui se veut « lieu de rencontres et qui peut mener à des échanges ».


    « Se sentir comme chez nos grands-parents »

    A l’intérieur, des pièces ont été aménagées avec des meubles et des objets d’époque, certains ayant appartenu à la famille Célières. Les projets sont nombreux dans ce foyer qui se veut ouvert à tous. Ce n’est pas un musée, insiste Yves Mermoud, président de l’association Témoignage d’un passé. « Il faut que ce soit une maison où on se sente bien, je pense qu’il y avait une attente des Nouméens. On peut y écouter de la musique des années 1920 ou prendre un livre et s’installer au calme, dans les jardins, se sentir comme chez nos grands-parents. » Le samedi est réservé aux visites guidées menées par l’association. Dès la fin de l’année, des ateliers destinés aux scolaires seront mis en place. En 2019, Atup doit proposer des tablettes aux visiteurs avec différents circuits à découvrir. « On s’est aussi engagé à réaliser une exposition chaque année. » Sans compter les événements fixes, les Rendez-vous aux jardins, la Nuit des musées, le Mois du patrimoine, etc. « Et puis, tous les quinze jours, il y a le thé souvenir. » Atup envisage la tenue de rencontres intergénérationnelles, des conférences et des causeries. « On pense également faire un partenariat avec un photographe afin d’organiser des shootings de mariage. » Autre public visé ? Les touristes et les croisiéristes. « On a une convention avec Nouméa discovery, et on réfléchit à proposer une offre culturelle supplémentaire. Par exemple, coupler la visite avec une dégustation vin et fromage dans les jardins. On a plein d’idées pour faire vivre cette maison. »

    Savoir +

    Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi, de 8 heures à midi et de 13 heures à 16 h 30. Visites guidées les samedis matin. Association Témoignage d’un passé : 77 83 73. Page Facebook.

    REpères


    Un chantier de plusieurs mois

    Avant son inauguration, la maison Célières a été en travaux pendant plusieurs mois. « À l’intérieur, l’étanchéité et l’électricité ont été refaites, note Yves Mermoud, président de l’association Témoignage d’un passé. Il y a également eu un traitement anti-termites. » À l’extérieur, les jardins ont été réhabilités. « Les allées, qui n’existaient quasiment plus, ont été refaites, les palmiers qui gênaient la vue de la maison coupés, les massifs replantés, etc. » Des bancs et une pergola ont aussi été installés.


    Construite en 1898

    Construite pour Paul Joseph Célières, dit « Thomy », la maison Célières deviendra un des fleurons du patrimoine de la ville. À sa mort, Renée Célières, la plus jeune de ses trois filles, en obtient la jouissance. La maison est classée au patrimoine par la province Sud en 1989. Renée Célières décède en 1995, et le bâtiment, laissé à l’abandon, est investi par plusieurs familles. La ville l’acquiert en 2002 et entame des travaux de restauration en 2006. Ils dureront trois ans. Le maximum d’éléments a été conservé. Pour le reste, la restauration s’est faite à l’identique.

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