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    Grand Nouméa
  • Propos recueillis par A.-C.P. | Crée le 21.02.2018 à 04h25 | Mis à jour le 21.02.2018 à 11h03
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    À gauche, Louis-Jacques Vaillant, directeur de la Sic, aux côtés de Benoît Naturel, directeur adjoint. Ils font le point sur les projets de la Sic, constructions et réhabilitation, ainsi que sur les difficultés rencontrées. Photos Cyril Terrien, Thierry Perron et A.-C.P.
    Logement. Livraisons de résidences, mise en place d’un plan senior, lancement de réhabilitation, ou encore développement d’un centre d’appels pour la clientèle. Le point sur l’activité intense de la Sic avec ses directeurs.

     

    Entretien avec Louis-Jacques Vaillant, directeur de la Sic, et Benoît Naturel, directeur adjoint

    Les Nouvelles calédoniennes : Quelles ont été vos principales actions en 2017 ?
    Louis-Jacques Vaillant : Toutes nos actions tendent à remettre la clientèle au centre, ce qui fait partie de notre plan triennal. Il était aussi question de produire 600 logements par an. L’objectif n’a pas été atteint. On en a livré 335 sur tout le territoire l’an dernier.

    À quoi ce retard est-il dû selon vous ?
    Louis-Jacques Vaillant : Si on n’arrive pas à produire, c’est aussi parce qu’on n’a pas de politique de la ville. On ne peut pas produire beaucoup plus si on n’a pas de grands projets d’aménagement dans le cadre d'une vision du futur de la ville, donc on fait de petites opérations, alors qu’on aurait besoin de penser des opérations plus globales. C’est vrai aussi pour la rénovation. Celle de Tindu et de Pierre-Lenquette n’est pas intégrée dans un aménagement de quartier qui relierait ces cités à la ville. Et puis, les communes auraient besoin de ressources pour mener à bien des opérations.

    Le travail semble compliqué avec les collectivités…
    Benoît Naturel : Oui, d’autant plus que l’on fait face à un millefeuille de responsabilités. On a fait une réunion avec la mairie à Tindu il y a deux semaines, les locataires nous parlaient des nakamals, de la vente sauvage d’alcool, de bingos, etc., mais nous, on n’a pas de réponse à apporter. On parle de Tindu, mais il y a des gens qui quittent des quartiers. Les Villages de Magenta, au début, devaient être un quartier mixte. Aujourd’hui, on a cinquante logements intermédiaires vides de gens qui disent : “Je ne peux pas vivre dans ces conditions”. C’est la question du vivre ensemble, et ça dépasse la Sic.

    Concernant la politique axée sur les locataires, qu’a-t-il été fait pour améliorer la prise en charge des demandes ?
    Benoît Naturel : Une des actions, qui a démarré en phase pilote en juillet dernier, est la mise en place du centre de relations clients. Des téléopérateurs sont dédiés à réceptionner les appels et à enregistrer les demandes des locataires. L’objectif est d’être plus réactif pour améliorer le service rendu. Louis-Jacques Vaillant : Dès qu’un appel est reçu, le système informatique identifie le numéro et ressort la fiche client avec le plan du logement. Tout est informatisé. On peut suivre les demandes, voir comment la Sic y réagit, et en quel délai.

    À Nouméa, vous réalisez surtout de petites opérations…
    Benoît Naturel : Oui. Enfin, on en a une grosse, le Carré Rolland, mais ce n’est pas pour tout de suite. La Sic a obtenu un équilibre financier, même si une interrogation sur la question de la défiscalisation demeure, mais pas les partenaires privés, qui font preuve d’une grande prudence.
    Louis-Jacques Vaillant : On a une autre grosse opération avec la Sem Agglo, Tina village.

    Et puis, il y a les projets de réhabilitation, dont Tindu, Pierre-Lenquette et N’Géa…
    Benoît Naturel : On a livré l’avant-dernière tranche de port N’Géa, et on finalise la dernière tranche pour 2018. On travaille aux tours de Magenta aussi, où 60 % des logements ont été réhabilités. On change les ascenseurs et on les double, ce qui représente 500 millions de francs.
    Louis-Jacques Vaillant : On a pu lancer la première tranche de réhabilitation de Tindu et de Pierre-Lenquette, mais ça a été compliqué.
    Benoît Naturel : Ça a commencé la semaine dernière, et la première tranche doit se terminer en 2019. Avant la fin de l’année, on engage la deuxième tranche. Après ça, on aura réhabilité la moitié des logements des deux cités. Il faudra alors négocier un financement pour la suite. Des opérations très complexes parce qu’il faut reloger les gens qui, du coup, occupent les nouveaux logements.

    Où en est le projet de rénovation urbaine de Saint-Quentin ?
    Benoît Naturel : Les anciennes barres du coeur historique sont réaménagées cette année.

    La destruction des trois autres tours, c’est pour quand ?
    Benoît Naturel : Désamianter et démolir, c’est 200 millions de francs par tour. Il faut négocier les financements. On va sûrement être amené à replanifier le projet.

    La symbolique de ce qu’était ce projet s’est perdue en route…
    Benoît Naturel : Oui, d’autant plus que le pôle urbain du Sign, Syndicat intercommunal du Grand Nouméa, n’existe plus. Tout avait bien commencé, mais ça n’a pas tenu.

    La Sic est sur plusieurs fronts. Qu’en est-il du Paradise Park Motel, à la Vallée-des-Colons, et du projet de la Savonnerie ?
    Benoît Naturel : On devrait être les heureux propriétaires du Paradise à la fin du mois de mars.
    Louis-Jacques Vaillant : L’idée, c’était de faire une opération sociale. Aujourd’hui, on ne parle plus de ça, et on ne sait pas ce qu’on va en faire. Le nouveau PUD peut avoir des impacts sur nos projets. Benoît Naturel : Et on va suspendre l’opération de la Savonnerie pour plusieurs raisons.

    À Sakamoto, la dernière famille a été relogée. Où en est le projet ?
    Louis-Jacques Vaillant : On doit se voir prochainement avec Mme la maire pour faire le point, pour voir si elle décide de poursuivre le projet, compte tenu des montants en jeu. La situation financière de la Sic ne lui permet pas de prendre de risque.
    Benoît Naturel : Il faut définir les besoins du quartier, créer, ou non, un parc, des jardins familiaux, etc., en plus des infrastructures classiques. C'est à la mairie de donner les orientations.

    Avec l’augmentation de l’insécurité, il est question de tranquillité résidentielle. De quoi s’agit-il ?
    Louis-Jacques Vaillant : On mène une expérience avec l’association Asea NC aux tours de Magenta, qui est très positive, des jeunes de la cité tournent le soir dans le quartier. On compte poursuivre cette mesure. On a sollicité un financement auprès du gouvernement, ça coûte 900 000 francs par mois.

    Comptez-vous le mettre en place dans d’autres quartiers ?
    Louis-Jacques Vaillant : On aimerait bien, en partenariat avec les associations locales, la mairie… On souhaite fermer les résidences et sécuriser les lieux de vie, mais ça aussi, c’est un investissement important.

    Aux tours de Magenta, vous mettez en place un programme pilote de résidentialisation. En quoi consiste-t-il ?
    Benoît Naturel : Aux tours, n’importe qui peut rentrer, il n’y a pas de séparation entre le public et le privé, donc on va clôturer les tours. On commence par la K, avec des entrées sécurisées et des jardins, afin d’éviter les attroupements et les dégradations. Enfin, vous travaillez à l’élaboration d’un plan senior…
    Louis-Jacques Vaillant : On réfléchit au financement de ce plan, qui consisterait à adapter des logements aux personnes âgées, afin qu’elles puissent rester chez elles plus longtemps. Et puis, on a lancé un appel d’offres pour la gestion médicosociale des Cerisiers bleus et des Orchidées. Nous négocions avec la Croix-Rouge, qui aurait un local sur place. C’est une nouveauté en Nouvelle-Calédonie, mais ça existe en Métropole.

     

    59 logements

    ont été livrés à Nouméa l’an dernier, dont la résidence Kuru à Magenta, le Santal à la Vallée-des-Colons, et Omemeâ au 6e Km. En tout, 335 logements en Nouvelle-Calédonie. Soit moitié moins que l’objectif fixé dans le cadre du plan triennal adopté en 2015 et qui prévoyait la production de 600 logements annuels. Le même rythme d’environ 300 logements doit être suivi dans les deux années à venir.

     

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