Îles
  • LNC | Crée le 07.02.2008 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 18h25
    Imprimer
    Maré est aujourd'hui la seule commune de Calédonie à disposer physiquement d'une sirène d'alerte en cas de tsunami. Néanmoins, le programme calédonien avance à grands pas. 2008 devrait même être une année charnière.

    Maré est peut-être habituée. Placée dans le viseur de Gene en fin de semaine passée, l'île des Loyauté se préparait au pire, en toute tranquillité. Le vent a soufflé, la mer était formée, mais, au final, le cyclone est passé bien au large. Une autre habitude du « pire » gagne la terre réputée secrète : est rédigé un plan de secours communal spécifique au risque « tsunami ». L'île est un tantinet en avance. « En cas de cyclone, on s'organise, les gens connaissent », note le maire, Basile Citré. « Le tsunami, on s'y prépare, il fait peur. Car les habitants savent ce qu'il s'est passé il y a un siècle (le dernier phénomène meurtrier en Nouvelle-Calédonie date de 1875, Ndlr) et ce qu'il s'est passé en Indonésie, Malaisie... en décembre 2004. » Dont acte. Outre un plan de secours à l'échelle de la Calédonie, un dispositif matériel est essentiel : les sirènes, permettant d'alerter la population. Cette acquisition doit faire l'objet d'une délibération du conseil municipal. Une subvention de l'Etat à hauteur de 100 %, ou presque, à travers le FIP et la DGE, vient ensuite soulager la commune. Un engin coûte, tout de même, autour de 1,3 million. Seule Maré est aujourd'hui équipée d'une sirène en Calédonie. Elle a été installée en octobre dernier en haut d'un mur de la mairie à Tadine. « Le risque est réel » Deux autres appareils sont attendus afin d'être disposés « en cours d'année selon le maire, à Roh et à Patho, ces zones identifiées par la Sécurité civile comme les plus menacées dans ces cas-là ». En clair, du nord-ouest au nord-est. Le risque est réel si l'alerte tsunami se mettait à retentir, car, sur cette île des Loyauté, « plus de la moitié de la population vit sur le littoral », les plateaux étant réservés aux cultures. Le programme d'équipement se poursuit sur le territoire, la délibération communale étant mécaniquement le déclencheur du processus. Le délai d'attente entre l'accord des conseillers municipaux et la livraison s'avère de trois à quatre mois. Les îles de Lifou et Ouvéa devraient bientôt voir arriver ces sirènes, fabriquées pour l'anecdote en Europe et assemblées en Polynésie française. « Nous espérons qu'à la fin du premier semestre 2008, tous les points chauds - les îles Loyauté et des communes de la côte Est de la Grande Terre (Thio, Hienghène, Poindimié...) - seront équipés », précise le lieutenant-colonel Frédéric Marchi-Leccia, patron de la Sécurité civile. « En Calédonie, la menace n'est pas fantôme. » 2008 pourrait donc être une année charnière dans ce chapitre. Car les marégraphes, le troisième élément indispensable en plus du plan et des sirènes, gagneraient le sol local dans plusieurs mois, au nombre de neuf unités pour le territoire. « Oui, courant 2008, avance Frédéric Marchi-Leccia. Nous sommes actuellement en train de finir l'étude d'installation », soit géographique. L'an passé, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie avait débloqué un budget d'une vingtaine de millions pour l'achat de plusieurs appareils. La côte Est et les îles en seraient bénéficiaires. Selon les statistiques, 80 % des tsunamis ont lieu dans le Pacifique ; trois ou quatre par siècle sont catastrophiques. Les doigts sont croisés.Y.M.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS