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  • AFP | Crée le 13.03.2019 à 05h41 | Mis à jour le 13.03.2019 à 08h38
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    L’annonce faite par le chef de l’Etat dans un message à la Nation publié par l’agence officielle a d’abord été saluée par un concert ininterrompu de klaxons dans le centre d’Alger. Credit photo
    ALGERIE. Après l’euphorie, le doute. Les Algériens s’interrogeaient, mardi, sur le report de la présidentielle d’avril qui prolonge de facto le mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

    Cible d’une contestation inédite en 20 ans de pouvoir, Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu’il ne briguerait pas un cinquième mandat mais il a toutefois assuré rester en poste jusqu’à la présidentielle reportée à une date qui demeure inconnue. Il prolonge ainsi son quatrième mandat, devenu l’enjeu de la poursuite des manifestations selon des opposants.

    « Il annule la présidentielle mais reste au pouvoir : la dernière ruse de Bouteflika », titrait en « une » l’influent quotidien El Watan. Pour Ali Benflis, ancien Premier ministre de Bouteflika passé à l’opposition, « l’allongement du quatrième mandat est une agression contre la Constitution par les forces non constitutionnelles (notamment un des frères et conseiller spécial du président considéré comme le vrai chef de l’Etat) ».

    Subterfuge

    Ces forces « se sont emparées des centres de décision », a dénoncé dans une vidéo postée sur le web M. Benflis qui a créé en 2014 le parti Talaie El-Hurriyet (Avant-garde des libertés). La joie a progressivement cédé la place au doute quand les Algériens ont commencé à découvrir les détails du plan proposé par Bouteflika dont le mandat s’achève le 28 avril.

    « J’ai d’abord sauté de joie en entendant les premières annonces à la télévision mais ce que j’apprends après me donne froid dans le dos », écrit sur sa page Facebook Latifa Ben, une enseignante à la retraite.

    « Les amis VICTOIRRRRRRRRRR », écrit dans un premier temps Akli Ourad, ingénieur en Travaux Publics. Avant de se raviser : « finalement, ce subterfuge est conçu pour obtenir une année supplémentaire pour organiser la réincarnation du pouvoir mafieux. Vigilance ! Vigilance ! »

    Le site TSA appelle aussi à la vigilance. « Les Algériens doivent se montrer vigilants pour ne pas se faire confisquer leur belle et joyeuse révolution qui commence à émerveiller le monde », écrit-il.

    Non à l’arnaque du peuple

    Dans un tweet, l’ex-diplomate et ancien ministre de la Culture (1998-1999) Abdelaziz Rahabi estime que « le président Bouteflika se moque du peuple […] Son acharnement à rester au pouvoir va pousser le pays vers l’inconnu et est un danger pour la stabilité de l’Etat et l’unité du pays ». Sur les réseaux sociaux, des appels sont lancés pour « la marche de l’affirmation et de la consolidation » le 15 mars.

    Un autre message se propage, disant : « Non à l’arnaque du peuple, rendez-vous le 15 mars » pour un quatrième vendredi consécutif de manifestations.

    La prochaine présidentielle « aura lieu dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante […], représentative de la société algérienne », qui « devra s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019 », a annoncé le président, au lendemain de son retour en Algérie après deux semaines d’hospitalisation en Suisse

    Cette conférence fixera la date de la prochaine présidentielle, « à laquelle je ne serai en aucun cas candidat », assure-t-il.

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