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  • AFP | Crée le 14.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 14.09.2018 à 09h16
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    À la soupe populaire, les habitants de Buenos Aires se font de plus en plus nombreux. Photo AFP
    ARGENTINE. « Si on paie l’électricité on ne mange pas » : les Argentins se sont massivement mobilisés, mercredi, pour demander au gouvernement un répit dans sa politique de réduction budgétaire.

    Les marchés ayant tourné le dos à l’Argentine, le président de centre-droit Mauricio Macri s’en est remis au Fonds monétaire international (FMI), qui a octroyé un prêt de 50 milliards de dollars (5 000 milliards de francs) pour stabiliser une économie fragile, au prix de douloureux sacrifices budgétaires.

    « Nous ne sommes pas des putschistes, mais la présidentielle est dans un an, comment va-t-on y arriver ? Ce plan économique, on n’en peut plus, la viande augmente tous les jours, le lait, les pâtes. Heureusement que les enfants mangent à l’école », confie Graciela Trento, 49 ans, une mère de 3 enfants venue manifester depuis Lomas de Zamora, une banlieue de Buenos Aires. « Pour nous les pauvres, dit-elle, ce serait mieux que ce gouvernement s’en aille maintenant pour stopper les dégâts. On souffre. »

    « FMI, tragédie »

    Depuis des semaines, les manifestations sont quotidiennes à Buenos Aires et dans le pays. Tour à tour, les enseignants, les employés de banque, du secteur hospitalier, les universitaires, souvent organisées par des syndicats.

    Mais la mobilisation de mercredi, ce sont surtout des organisations de quartier, des associations citoyennes venues en autobus des zones les plus pauvres de l’agglomération de Buenos Aires.

    Les manifestants réclament sur des pancartes « des augmentations, d’urgence », « SOS, on ne mange pas à notre faim en Argentine ».

    « On survit, car on a encore les allocations familiales, mais nous sommes dans le besoin et les manifestations sont massives. On va en faire une par semaine et chaque fois que ce sera nécessaire, toujours pacifiques, pour dire “basta?? aux ajustements, on n’en peut plus, mon Dieu », se plaint Lucía Quinteros, 62 ans, qui a deux fils au chômage, et quatre petits-enfants qui vivent avec elle.

    Pour Daniel Menéndez, un dirigeant de l’organisation social Quartiers Debout, « la présence du FMI dans notre pays est une tragédie ».

    Tentatives de pillage

    « Le gouvernement risque de faire chanceler la paix sociale, dit-il. Il faut prendre des mesures qui protègent les secteurs les plus pauvres pour que cette crise n’emporte pas les rêves et les espoirs de millions d’Argentins ».

    « Il y a dix jours, un gamin est mort aux portes d’un supermarché. Préserver la paix sociale et veiller que la faim ne s’installe pas, c’est ce qui doit guider les politiques pendant cette crise », insiste Daniel Menendez.

    Depuis deux semaines, des tentatives isolées de pillages de supermarchés sont survenues dans diverses provinces. Dans celle du Chaco, un adolescent de 13 ans a été abattu alors qu’il tentait de dévaliser un supermarché avec un groupe de jeunes.

    La ministre argentine de la Sécurité, Patricia Bullrich, considère que les incidents survenus n’étaient pas motivés par le besoin, mais guidés par « l’opposition kirchnériste », référence à l’ex-présidente Cristina Kirchner, principale opposante à Mauricio Macri.

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