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  • Sylvie Lanteaume/AFP | Crée le 19.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 19.06.2019 à 09h11
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    La centrale nucléaire de Bushehr, construite en Russie, dans le sud de l’Iran. Téhéran a mis en garde contre les conséquences de la « guerre économique » menée par Washington.Photo AFP
    IRAN. Les Etats-Unis ont renforcé leur dispositif au Moyen-Orient et appelé à « ne pas céder au chantage nucléaire » de Téhéran. Qui devrait franchir la limite fixée par l’accord de 2015.

    « Les récentes attaques valident les renseignements fiables et crédibles que nous avons reçus sur le comportement hostile des forces iraniennes », a indiqué le chef du Pentagone Patrick Shanahan. « J’ai autorisé l’envoi de 1 000 troupes supplémentaires à des fins défensives pour répondre à des menaces aériennes, navales et terrestres au Moyen-Orient », a-t-il précisé, assurant que les Etats-Unis « continueront de surveiller la situation » afin « d’ajuster le niveau des troupes » le cas échéant.

    Boîte de Pandore

    Cette annonce intervient peu après la publication par son ministère de nouveaux documents accusant l’Iran d’avoir attaqué deux pétroliers en mer d’Oman.

    Onze nouvelles photos rendues publiques par le Pentagone montrent notamment un objet métallique circulaire de près de huit centimètres de diamètre attaché à la coque du pétrolier japonais Kokuka Courageous, qui est présenté comme un des aimants ayant permis de poser la mine non explosée que Washington accuse les Iraniens d’avoir retirée après l’incident, qui s’est produit le 13 juin. Une autre de ces photos, prises d’un hélicoptère Seahawk de l’US Navy, montre la cavité provoquée par une seconde mine apposée sur la coque du même pétrolier, que le Pentagone évalue à plus d’un mètre de diamètre.

    « L’Iran est responsable de cette attaque, comme le montrent les preuves vidéo et les ressources et les compétences requises pour retirer rapidement la mine aimantée non explosée », a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

    L’Union européenne s’est montrée plus prudente dans l’attribution des responsabilités de cette attaque et a refusé de s’aligner sur Washington. Hier, la Chine a appelé toutes les parties à « garder la tête froide et à ne pas ouvrir une boîte de Pandore. » L’Iran, de son côté, a annoncé que ses réserves d’uranium enrichi passeraient à partir du 27 juin au-dessus de la limite prévue par l’accord international sur son programme nucléaire conclu en 2015 à Vienne.

    Compte à rebours

    « Le compte à rebours pour passer au-dessus des 300 kilogrammes pour les réserves d’uranium enrichi a commencé et dans dix jours, nous dépasserons cette limite », a déclaré Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.

    Fruit d’intenses efforts diplomatiques entre l’Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie), l’accord de 2015 vise à limiter le programme nucléaire de Téhéran en échange d’une levée des sanctions économiques.

    Mais Washington s’est retiré du pacte en mai 2018 et a rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran, qui presse depuis des mois les autres partenaires de l’aider à en atténuer les effets dévastateurs.

    Faute d’obtenir satisfaction, l’Iran a menacé de s’affranchir de deux autres de ses engagements : ne plus appliquer les restrictions « sur le degré d’enrichissement de l’uranium » et reprendre la construction d’un réacteur à eau lourde à Arak.

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