Monde
  • AFP | Crée le 18.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 18.06.2019 à 10h16
    Imprimer
    François Legault s’est fait élire sur la promesse de réduire de 20 % le nombre d’immigrés. Photo AFP
    CANADA. Le Québec a adopté dimanche deux projets de loi controversés : une refonte du système d’immigration et l’interdiction de signes religieux pour certains fonctionnaires.

    Dimanche, après une séance marathon de 19 heures, les députés de la province francophone ont approuvé un projet de loi sur l’immigration. Le texte prévoit une réforme du processus de sélection des candidats, qui sera désormais basée sur l’adéquation des compétences professionnelles avec les besoins de main-d’œuvre du Québec.

    Cette loi va entraîner l’annulation de 18 000 dossiers de candidatures, qui touchent au total quelque 50 000 personnes. Ces dossiers avaient été déposés sous l’ancien système, basé sur le principe du premier arrivé premier servi. Ces candidats à l’immigration vont devoir déposer une nouvelle demande dans le cadre du nouveau système.

    Le gouvernement provincial a promis que les délais de traitement des dossiers pour les travailleurs qualifiés passeraient de 36 à 6 mois grâce à cette réforme. L’opposition a dénoncé un projet de loi « inhumain », fustigeant l’« incapacité » du gouvernement.

    Les élus ont aussi adopté un texte sur la laïcité de l’Etat qui prévoit d’interdire le port de symboles religieux à plusieurs catégories de fonctionnaires en position d’autorité, dont les policiers, les juges, les avocats, les gardiens de prison et les enseignants.

    Aux antipodes des positions de Trudeau

    La nouvelle loi ne s’appliquera qu’aux nouvelles recrues, les fonctionnaires en poste bénéficiant d’un droit acquis.

    Ce projet était le principal engagement de campagne du Premier ministre François Legault, dont le parti, la Coalition Avenir Québec (CAQ, centre-droit), est majoritaire à l’Assemblée provinciale. Il est aux antipodes des positions multiculturalistes défendues par le Premier ministre libéral du Canada Justin Trudeau.

    « On donne des droits à tous les Québécois de recevoir des services publics laïcs », a fait valoir le ministre québécois de l’Immigration et de la Diversité, Simon Jolin-Barrette.

    Le chef par intérim du parti libéral du Québec (opposition), Pierre Arcand, a pour sa part déploré « un jour triste pour le Québec. Il sera l’unique endroit en Amérique du Nord où des gens se verront retirer des droits. »

    Les élus québécois ont débattu tout le week-end dans le cadre d’une procédure parlementaire spéciale permettant de limiter le temps consacré au débat d’un projet de loi. La session parlementaire se terminait cette semaine et le gouvernement Legault voulait faire adopter ses deux projets phares en procédure d’urgence, ce qui a provoqué la colère de l’opposition.

    Le parti de M. Legault a été porté au pouvoir en octobre avec la promesse de réduire de plus de 20 % le nombre d’immigrants et de réfugiés que le Québec accueille chaque année. « En prendre moins, mais en prendre soin », avait-il répété.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS