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  • AFP | Crée le 12.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 12.06.2019 à 10h03
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    Avec les libérations de lundi, 436 prisonniers politiques ont été libérés depuis le 27 février. Photo Maynor Valenzuela/AFP

    NICARAGUA. Une cinquantaine de prisonniers politiques ont été libérés, lundi, au Nicaragua, a annoncé le gouvernement, en indiquant que ces libérations intervenaient en vertu d’une loi d’amnistie décriée par l’opposition, qui y voit une manière de couvrir les exactions des forces de répression.

    Parmi les prisonniers libérés figurent des personnalités de l’opposition, comme les journalistes Marlon Powell et Hansel Vazquez.

    Les prisonniers libérés font partie de plusieurs centaines d’opposants arrêtés pour leur participation aux manifestations anti-gouvernementales du printemps et de l’été 2018. Les manifestants, qui avaient commencé le 18 avril à protester contre une réforme de la sécurité sociale ensuite abandonnée, avaient rapidement réclamé le départ de Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007, et des élections anticipées.

    Les manifestations ont été durement réprimées et les violences ont fait au moins 325 morts et 2 000 blessés, pour leur écrasante majorité parmi les opposants, selon des organisations humanitaires. Selon les groupes d’opposition, entre 600 et 800 opposants ont été emprisonnés et plus de 62 000 Nicaraguayens se sont exilés.

    Pas de distinction dans les libérations

    Le Parlement du Nicaragua, dominé par les députés favorables au président Ortega, a adopté, samedi ,une loi d’amnistie en faveur à la fois des prisonniers politiques et des forces de répression.

    L’opposition a dénoncé une amnistie qui « a pour but de couvrir les crimes que (le gouvernement) a commis avec ses institutions, structures partisanes et paramilitaires ».

    Sont en effet amnistiés tous ceux qui ont été l’objet d’enquête ou qui peuvent l’être, y compris les membres des forces de police ou des groupes paramilitaires qui ont tiré sur les manifestants anti-gouvernementaux ou ont commis des actes de torture ou de barbarie.

    Par ailleurs, la loi prévoit que les prisonniers politiques libérés doivent « s’abstenir » de participer à des manifestations d’opposition. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué dans un communiqué « être prêt à faciliter la libération » des prisonniers politiques toujours détenus.

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