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  • Jan Marchal/AFP | Crée le 25.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.06.2019 à 09h18
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    Les protestataires ont envahi l’esplanade de Letna, lieu mémorable des manifestations géantes contre l’ex-régime totalitaire en 1989 lors desquelles le dramaturge-dissident Vaclav Havel, futur président, s’adressait à la foule enthousiasmée. Photo Michal Cizek/AFP
    RÉPUBLIQUE TCHÈQUE. Une manifestation d’une ampleur sans précédent depuis la Révolution de velours qui a fait tomber le communisme en 1989 a eu lieu, dimanche, à Prague.

    Environ 250 000 personnes, selon les organisateurs, ont appelé à la démission du Premier ministre Andrej Babis soupçonné de fraude aux subventions européennes. Un rassemblement jamais vu depuis trente ans.

    « A en juger d’après les photos aériennes, il semble que nous sommes environ 250 000 ici », a annoncé au début de la manifestation Mikulas Minar, le chef de l’ONG organisatrice « Million de moments pour la démocratie ».

    « Nous ne faisons pas une révolution, mais nous voulons renouer avec le legs et les valeurs de 1989 », a déclaré le vice-président de cette ONG, Benjamin Roll.

    Cette ONG a aussi annoncé qu’une nouvelle manifestation contre M. Babis aurait lieu à Prague le 16 novembre, la veille du 30e anniversaire de la Révolution de velours.

    « Mais les protestations pourront avoir lieu aussi plus tôt, si les règles de la démocratie sont violées », a indiqué M. Minar.

    En dépit de la contestation, le mouvement populiste ANO dirigé par le Premier ministre et soutenu par environ 30 % des électeurs, avait remporté les élections européennes de la fin mai. M. Babis, lui, refuse de démissionner.

    « Babis, démission ! », « J’ai honte de mon Premier ministre ! », « Nous en avons assez ! », pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.

    « Nous en avons assez de ce que fait M. Babis, de la façon dont il gère le pays. Nous ne voulons pas qu’il empoche de l’argent et dupe les gens qui lui font confiance », a déclaré à l’AFP Mila Stiburkova, 39 ans, venue à Prague depuis Sazava (centre).

    « (M. Babis) abuse de tous les systèmes de subventions, d’incitation et ceux d’allégements fiscaux », a de son côté insisté Martin Peroutka, un homme d’affaires d’Usti-nad-Labem (nord-est).

    Conflit d’intérêts

    M. Babis, 64 ans, fondateur du géant de l’agroalimentaire Agrofert, a été mis l’an dernier en examen dans une affaire de détournement présumé de deux millions d’euros de fonds européens. Il se trouverait également en situation de conflit d’intérêts entre ses activités politiques et ses affaires, selon des projets de rapports d’audit de la Commission européenne dont des extraits ont été publiés par la presse de Prague. D’après ces textes, M. Babis continue à tirer des bénéfices d’Agrofert dont il s’était formellement séparé en 2017 par le biais de fonds fiduciaires contrôlés entre autres par son épouse. Le Premier ministre nie avec véhémence se trouver dans une situation de conflit d’intérêts, qualifiant ces audits d’« attaque » contre son pays et épinglant des « erreurs » qui s’y trouvent selon lui.

    Les adversaires de M. Babis lui reprochent aussi le fait d’avoir appartenu au Parti communiste avant 1989 et sa collaboration présumée avec la police secrète de l’ex-régime totalitaire.

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