Nouvelle Calédonie
  • Anthony Tejero / anthony.tejero@lnc.nc | Crée le 21.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 21.06.2019 à 09h51
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    Selon Mathieu Naturel, les braconnages auraient tendance à être plus nombreux en période de foires et de mariages. Photo : A.T.
    FAITS DIVERS. Un veau de sept mois a été découvert décapité et découpé sur place, mercredi matin, dans un élevage de Ouinané. Les braconniers ont par ailleurs tenté d’empêcher les propriétaires de porter plainte. En vain.

    « Ecœuré ». C’est le sentiment partagé par les éleveurs de la société Agrical Ballande, une vaste propriété de Ouinané, à Boulouparis. Mercredi matin, en rentrant l’un de leurs troupeaux, ils retrouvent les viscères et la tête décapitée d’un veau de sept mois, non loin de la RT1.

    « Les gens sont passés par-dessus le grillage. Ils ont abattu l’animal, l’ont ensuite découpé sur place puis ont emporté l’ensemble sauf la tête », décrit, amer, Mathieu Naturel, qui devait justement vendre, hier, cet animal à son boucher.

    Une « perte sèche » et un manque à gagner de 120 000 francs pour la société. Mais au-delà de l’aspect financier, le malaise des éleveurs est plus profond face à des actes de braconnage qui continuent à se multiplier dans le pays. « Ce n’est pas du tout la première fois en ce qui nous concerne. Ça s’était un peu calmé pendant un an, mais on dirait que ça reprend en 2019, déplore Mathieu Naturel, qui se qualifie volontiers de passionné. Il y a un dégoût. C’est notre travail au quotidien qui est détruit, notre gagne-pain. C’est plus qu’un vol car ce sont des animaux qu’on élève, il y a un but derrière. Et on s’en occupe tous les jours. Ça fait mal au ventre de découvrir ça. »

    « Des professionnels du braconnage »

    D’autant plus que les braconniers ont tenté d’empêcher la société de porter plainte à la gendarmerie en découpant l’oreille du veau où se trouve la boucle d’identification.

    « Le numéro qui y est inscrit permet de reconnaître l’animal et donc de prouver aux autorités que le veau nous appartient. Par chance, grâce à une puce qu’on lui avait installée, on a un autre moyen de le démontrer et donc de pouvoir porter plainte auprès des gendarmes, poursuit l’éleveur. Ce mode opératoire me fait dire que ce ne sont pas des néophytes. Ce sont des professionnels du braconnage qui savent ce qu’ils font. Et ils savent aussi comment nous barrer la route. »

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