Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 12.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 12.04.2019 à 07h00
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    L’enquête se poursuit car de nouvelles victimes de ces faux réparateurs de toits pourraient se présenter. Photo DR
    FAITS DIVERS. Se présentant comme réparateurs de toiture, un père et son fils sont soupçonnés d’avoir escroqué des personnes âgées prétextant des travaux de rénovation. Les faux artisans ont quitté le pays du jour au lendemain. La justice est à leurs trousses.

    Ils se présentaient comme les « spécialistes de la toiture ». C’était écrit sur leur flyer qu’ils distribuaient à tour de bras. Sur la devanture de leur magasin en centre-ville de Nouméa, aussi. Beaux-parleurs, ils le faisaient savoir à qui voulaient l’entendre. Un père d’une quarantaine d’années et son fils, qui se présentaient comme réparateurs de toiture, sont dans le viseur de la justice. Ils sont soupçonnés d’escroqueries et d’abus de confiance. Une quinzaine de victimes ont été identifiées. Et ce n’est qu’un début. Les préjudices se comptent, déjà, en plusieurs millions de francs.

    Personnes âgées visées

    L’affaire commence en début d’année. La police nationale recueille une première plainte, puis une deuxième. Les plaignants, âgés de 79 et 88 ans, expliquent avoir été démarchés à domicile par deux personnes qui proposaient leur service de rénovation et de nettoyage de toitures. Les policiers connaissent bien ces techniques de démarchages sauvages (et illégales) à domicile sur des personnes âgées et souvent vulnérables. Une enquête est, discrètement, ouverte et, petit à petit, les enquêteurs découvrent que les deux suspects, fraîchement débarqués de Métropole, ont proposé leurs services à des dizaines de personnes. Peu à peu, les plaintes s’entassent sur les bureaux du commissariat. Chez l’un, le devis des travaux est de 300 000 francs. Chez un autre, ça monte à plus d’un million. 900 000 francs chez une troisième victime, 750 000 francs pour un autre encore… Plus de huit millions de francs ont ainsi été détournés par ces pseudos entrepreneurs aux méthodes agressives.

    Les limiers de la police comprennent rapidement que ces « artisans » utilisaient de fausses identités et se prétendaient être des professionnels sérieux et bien implantés sur le territoire. Tout n’était que bla-bla. D’apparences serviables, sympathiques mais surtout très malins, ces escrocs présumés montraient aux victimes des photos de toits endommagés, leur faisant croire qu’il s’agissait de leur habitation. Une fois que les personnes avaient accepté les travaux, ils imprimaient les devis sur place à l’aide d’une imprimante portable et enclenchaient le chantier dans la foulée. La réalisation des travaux était à chaque fois de piètre qualité. Si le client estimait que la facture était trop chère, le père et le fils offraient des rabais de plusieurs centaines de milliers de francs. Promettant une garantie de dix ans, ces Métropolitains proposaient de régler la facture en plusieurs fois mais encaissaient les chèques dès le lendemain. Il y a peu de temps, le père et le fils ont précipitamment quitté le pays. Ont-ils compris que la police était à leurs trousses ? En réponse, la justice a saisi plusieurs millions de francs sur leurs comptes bancaires. Et elle compte bien ne pas abandonner la traque.

     

    Précautions

    Attention aux démarchages à domicile abusifs ! Il convient de rappeler de ne jamais signer à la hâte des documents qui vous engagent, de comparer les devis et d’exiger un contrat de vente.

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