Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 09.07.2019 à 04h25 | Mis à jour le 09.07.2019 à 07h27
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    Peines légères de prison avec sursis pour ces trentenaires qui souhaitaient « s’évader dans des paradis artificiels ». Photo DR
    JUSTICE. Les juges ont sanctionné deux hommes a priori sans histoire pour avoir vendu du LSD et de la MDMA à Nouméa.

    C’est une affaire satellite à un gros dossier de trafic de stupéfiants encore entre les mains d’un juge d’instruction. Cette histoire, évoquée devant le tribunal correctionnel de Nouméa, ne concernait pas de la vente de cannabis - comme les juges en ont l’habitude - mais des drogues de synthèse. En l’occurrence, du LSD et de la MDMA, principe actif de l’ecstasy.

    Aux deux trentenaires très élégants installés à la barre du tribunal, le président a d’abord rappelé succinctement le dossier mais il a surtout essayé de comprendre comment ils ont été amenés à consommer ces substances. « Je buvais beaucoup. Le LSD me permettait d’arrêter un peu la boisson et de faire quand même la fête », confie le premier prévenu, costume cintré sur les épaules et dreadlocks, qui assure qu’aujourd’hui, « je ne prends plus rien ». Il raconte en avoir vendu quelques fois entre 2016 et 2017, lors de soirées ou aux nakamals, mais que ce trafic ne lui rapportait finalement pas grand-chose.

    « C’était du dépannage »

    Celui qui se tient à sa gauche évoque, lui, sa descente aux enfers, « je voulais monter mon salon de coiffure mais j’ai perdu mon container avec toutes les affaires lors de l’accident du Kea Trader ». Le trentenaire à l’accent marseillais résume, « la fête, l’alcool puis je suis tombé dans la MDMA ». Il décrit les « doses » prêtes à la consommation, « les parachutes à 3 000 ou 4 000 francs » et son combat pour en sortir. « Et alors, c’est atterrissage en douceur ou crash garanti ? », ironise le président qui le pousse à avouer le trafic. « C’était du dépannage », répond-il.

    Un peu plus tard, le procureur de la République parle de la volonté de ces deux trentenaires de « s’évader dans des paradis artificiels » et requiert de légères peines. « Oui, ils se sont détachés de ces histoires anciennes, ils sont aujourd’hui insérés et ne consomment plus ces drogues », enchaîne Me Marie-Astrid Cazali, l’avocate de la défense. La peine tombe peu après : quatre mois de prison avec sursis.

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