Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 18.09.2018 à 08h24 | Mis à jour le 18.09.2018 à 08h35
    Imprimer
    Éric Martinez a été abattu, jeudi dernier, près du trou n°16 du golf de Tina. Le docteur Peres, l’assassin présumé, a été placé au Camp-Est. Photo J.-A.G.-L.
    FAITS DIVERS. Cinq jours après le crime de Tina Golf, les policiers s’intéressent de près aux relations qu’entretenaient le couple de la victime, Éric Martinez, et celui de l’assassin présumé, le chirurgien Olivier Peres.

    Quels secrets se cachent derrière le crime de Tina Golf, qui reste aussi intrigant que mystérieux ? Que voulait donc dire Alexis Bouroz, le procureur de la République, lorsqu’il s’est fendu d’un discret commentaire sur les familles d’Olivier Peres et d’Éric Martinez « qui étaient devenues très proches, sans doute trop » ? Cinq jours après la mort d’Éric Martinez, tué par balles sur le golf de Tina, les zones d’ombre subsistent dans ce dossier hors du commun.

    Prémédité de longue date ?

    Sous la houlette du juge d’instruction, qui a mis en examen samedi Olivier Peres pour assassinat avant que celui-ci ne rejoigne le Camp-Est, les policiers du groupe des atteintes aux personnes passent au peigne fin l’environnement familial des protagonistes de cette affaire. Ils s’intéressent en effet de près aux relations qu’entretenaient ces deux familles, sûrement la clé pour comprendre ce passage à l’acte. Le climat étouffant et oppressant décrit par le docteur Peres, chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique du Médipôle, était-il bien réel ou est-ce simplement une ligne de défense ? 

    « Olivier Peres a expliqué que la victime a fini par avoir une emprise sur son couple, parlant même de manipulation mentale ou de harcèlement », a indiqué le patron du parquet. « Le couple Peres a commencé à prendre peur, surtout que la victime avait dit avoir travaillé dans les forces spéciales, ce qui n’est a priori pas avéré ».

    Les enquêteurs n’écartent pour l’heure aucune piste et devront, pour se faire une idée précise des menaces, supposées ou réelles, du clan Martinez, entendre des dizaines de personnes : amis, voisins, collègues de travail, familles… Olivier Peres avait pris les devants avant de passer à l’acte : en plus d’une main courante au commissariat en début de semaine, le docteur avait averti son avocat, Me Philippe Reuter, lequel avait prévenu le parquet pour faire part de ses inquiétudes. Mais aucune enquête n’avait débuté « puisque aucun élément sérieux ne venait étayer la réalité des menaces. Il n’y avait pas d’urgence », souligne Alexis Bouroz.

    Dès lors, la police cherche la clé d’un ultime secret : Olivier Peres avait-il prémédité de longue date le crime en essayant de se faire passer pour une victime quelques jours auparavant ? Ou voulait-il simplement « inverser la terreur », selon ses propres termes, sans penser à en arriver là ?

     

    Repères

    D’inquiétants arsenaux

    Les policiers analysent les dizaines de scellés récupérés dans les maisons d’Olivier Peres et d’Éric Martinez. Dont les armes. Quatre chez Olivier Peres : un pistolet gomme cogne, un 9 millimètres, un fusil de calibre 12 et un pistolet-mitrailleur Skorpion, « qui aurait été donné par Éric Martinez », a indiqué le procureur. Au moins treize armes ont été saisies au domicile de la victime dont des 357 Magnum, Glock, Beretta ou des SIG-Sauer. « Des investigations sont en cours pour retracer l’origine de ces armes »

    Quel rôle a joué la femme d’Éric Martinez ?

    Au cours de sa garde à vue, Olivier Peres a mis en cause la femme d’Éric Martinez, affirmant qu’elle aurait entretenu un climat de peur « en présentant son conjoint comme quelqu’un capable de violences froides et capables du pire. » Ce qui est formellement contredit par la femme de la victime. 

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS