Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC le père Roch Apikaoua, vicaire général du diocèse de Nouméa
    Propos recueillis par A.T. | Crée le 17.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 17.04.2019 à 06h28
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    Le père Apikaoua est également administrateur de la cathédrale de Nouméa. Photo Thierry Perron

    Les Nouvelles calédoniennes :

    Quel est votre sentiment ce lundi ?

    On est atterrés. Il y a un sentiment de désarroi. Je voudrais d’abord dire ma sympathie au diocèse de Paris. De près ou de loin, on est forcément touchés. Que l’on soit chrétien ou non, Notre-Dame appartient à toute l’humanité. Cela nous touche tellement, c’est un héritage de beauté que nous ont transmis les aînés. La cathédrale a été détruite par le feu, mais nous, nous sommes toujours là. Ces symboles devront être reconstruits pour les générations futures car, eux aussi, ont le droit d’apprécier la beauté de cette culture. Ce monument reflète le meilleur de ce qu’il y a chez l’homme. Et cela rappelle à l’homme qu’il est toujours capable de faire mieux. Et c’est pourquoi il faut relever ce bâtiment.

    Vous êtes actuellement à Lifou. Comment cet incendie est-il perçu par les habitants ?

    Depuis ce matin, je rencontre des gens navrés et, je le redis, atterrés, même chez ceux qui n’ont jamais eu la chance de visiter Notre-Dame de Paris. C’est quelque chose qui se casse en nous tous, mais je crois au génie de l’homme pour réparer et redonner à ce bâtiment toute sa beauté et son lustre d’antan.

    Quel message souhaitez-vous adresser aux fidèles en cette semaine pascale ?

    Durant la Semaine sainte, nous célébrons le souvenir de la mort du Christ qui se relèvera par la puissance de l’amour. Je pense que c’est un symbole qui s’applique parfaitement à la situation actuelle. Il en sera de même pour Notre-Dame de Paris. Ce n’est pas la mort qui a le dernier mot, c’est la vie.

    Les Calédoniens se sont montrés généreux en d’autres occasions et je crois que là, il ne faut pas qu’on soit les derniers. Je remercie donc d’avance tous ceux qui feront un geste, petit ou grand, pour aider à la reconstruction.

     

    De nombreuses réactions locales après l’incendie

    Hier, les réactions n’ont pas tardé après le terrible sinistre. 

    Les trois députés Calédonie ensemble, Gérard Poadja, Philippe Gomès et Philippe Dunoyer parlent d’une « épouvantable nuit », d’une « incroyable catastrophe » et saluent « le courage et le dévouement des centaines de pompiers. » « Nous nous associerons à l’effort de reconstruction nécessaire de ce monument de l’histoire nationale », conclut-il. 

    Côté gouvernement, le président Philippe Germain a tenu à associer tous les Calédoniens à « l’émotion de la Nation et du monde », bouleversés par un incendie qui a frappé « l’un des plus grands symboles de notre civilisation et du génie français ».

    Le chef de l’exécutif assure au passage que devant les appels à la solidarité, « celle de la Nouvelle-Calédonie ne manquera pas ». L’Université de la Nouvelle-Calédonie, enfin, s’est déclarée, quant à elle, « abasourdie par l’incendie d’un joyau du patrimoine national et mondial » qui est une « prouesse scientifique et technique architecturale, un musée vivant et le théâtre de moments particuliers de l’histoire de France. »

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