Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC Darren Jew, président du jury pour le 10e festival de l’image sous-marine
    | Crée le 06.06.2019 à 07h43 | Mis à jour le 06.06.2019 à 07h43
    Imprimer
    Darren Jew est l’un des douze photographes australiens à être reconnus comme étant un « maître Canon ». Photo E.C.
    Couronné à six reprises meilleur photographe nature dans son pays, l’Australien Darren Jew marque par sa présence une ouverture du festival sur la région et sur les pays voisins. Président du jury, il souligne la « très bonne qualité » des photographies en compétition.

    Les Nouvelles calédoniennes :

    C’est la première fois que vous venez en Calédonie ?

    Oui, alors que c’est tellement proche de chez moi, à seulement deux heures de vol ! On prend l’avion pour aller dans des contrées lointaines, jamais ici. Ce festival, c’est une bonne opportunité pour découvrir le pays.

    Avez-vous eu l’occasion de jeter un coup d’oeil sur les clichés en compétition et quel regard portez-vous sur le niveau ?

    Avec les baleines, il y a une interaction, une forme de reconnaissance de la part du sujet. Ce qui est tout à fait inhabituel en photographie de la vie sauvage.

    Nous avons déjà fait une sélection sur les 280 photographies en compétition. Nous en avons retenu 80, celles qui sont affichées sur le mur du Rex, les meilleures.

    Je n’avais pas beaucoup entendu parler de ce festival jusqu’à aujourd’hui et, pour être honnête, je suis très étonné. C’est un volume important de photos de très bonne qualité que nous avons reçu. J’ai été marqué par la grande diversité du travail. C’est particulièrement rafraîchissant. Il y a, par exemple, de très belles photos dans la catégorie eau douce, avec un mélange sympa entre les grands et les petits sujets, dont des espèces d’eau douce que l’on n’a pas l’habitude de voir. C’est vraiment très bon.

    Vous avez commencé dans le métier avec la photographie terrestre, qu’est-ce qui vous a conduit vers le monde sous-marin ?

    Ma carrière est très diverse, j’ai couvert toutes les catégories de la nature. J’ai toujours voulu faire de la photo sous-marine, mais je devais trouver le moyen de gagner ma vie avec. Quand j’ai commencé à photographier la nature, c’était une discipline très spécialisée à l’époque. Aujourd’hui c’est devenu plus populaire, tout le monde s’y met, et en parallèle, les photographes se spécialisent. Au début, il y a une trentaine d’années, je faisais un mélange de paysages, de vie sauvage et de vie sous-marine. J’ai écarté petit à petit les deux premiers au profit de la photo sous-marine qui a fini par prendre toute la place. Ce que je fais exclusivement depuis 10 à 12 ans. J’ai beaucoup voyagé notamment sur des continents connus pour leur faune sauvage, comme l’Afrique ou l’Antarctique, mais je reviens à chaque fois vers l’océan.

    C’est beaucoup plus dur de prendre des photos sous l’eau ?

    C’est ce qu’il y a de plus difficile. C’est peut-être pour ça d’ailleurs que je me suis orienté vers le sousmarin, parce que c’est un vrai challenge et qu’il n’y a pas de satisfaction quand c’est trop facile. Sous l’eau, il faut penser à beaucoup plus de choses. C’est plus dur de rester dans la même position. Il faut tenir compte des courants et de sa propre sécurité. Il faut savoir réagir à une urgence et ne pas perdre le matériel qui coûte généralement très cher. C’est un facteur d’anxiété pour beaucoup de gens. Avant d’être photographe sous-marin, il faut être bon nageur.

    Quel est votre sujet préféré ?

    C’est une question très difficile parce que le prochain sujet que l’on photographie est souvent notre sujet préféré du moment (rires). Je dirais malgré tout que l’animal que j’ai le plus photographié, et que je dois certainement trouver plus intéressant, c’est la baleine à bosse. Parce qu’il y a une interaction entre nous, une forme de reconnaissance de la part du sujet. Ce qui est tout à fait inhabituel en photographie de la vie sauvage. Avec les autres animaux soit vous êtes loin, soit vous êtes dissimulé pour ne pas les déranger, soit vous les prenez quand ils passent. Avec les baleines, c’est le contraire. Il vaut mieux qu’elles sachent que vous êtes là, comme si ça les rassurait. Les autres cétacés comme les dauphins sont curieux, ils vous tournent un peu autour et ils se sauvent. Les baleines, elles, nous laissent entrer dans leur monde sur une période prolongée. C’est vraiment unique.

    Avez-vous pris la photo de vos rêves ?

    Je crois que cela n’arrive jamais quand vous êtes photographe. Il y a toujours l’opportunité de faire mieux, trop de choses à voir et à capturer en images.

    Les requins peuvent-ils être un facteur d’inquiétude dans le cadre de votre travail ?

    Je n’ai jamais eu de problèmes avec eux et je ne me suis jamais senti en danger, mais quand vous êtes sous l’eau vous êtes aussi moins vulnérable que si vous êtes en surface, et c’est souvent là qu’il y a des attaques. Je pense qu’il faut respecter l’océan sous tous ses aspects. Ce qui veut dire respecter tous ceux qui s’y trouvent pour leur bien et pour le vôtre.


    Le programme

    Aujourd’hui au Rex

    14 heures : Ouverture de la salle d'exposition

    15 heures : Les œuvres en compétition

    16 h 45 Documentaire : Les pépites du lagon

    18 heures Conférence : Soirée des explorateurs

    20 h 15 Séance 3 : - Sens caché des cétacés Legacy Hybrids - Planète des géants : les voix de l’océan

    Vendredi au Rex

    14 heures : Ouverture de la salle d'exposition

    14 h 30 : Les œuvres en compétition (Séance C) + rétrospective des 10 ans

    16 h 45 Documentaire : Conquérants : le poisson lion

    18 heures : soirée du président du jury Darren Jew

    20 h 15 Séance 4 : - L’homme Dauphin - Le syndrome du Bernard-l’hermite

    Samedi au Rex

    13 h 30 : Ouverture de la salle d'exposition

    14 heures : Le voyage extraordinaire de Samy

    16 heures Séance 1

    - La mer, le meilleur de la Terre - Les géantes de Yalimapo - Blue en VOSTFR

    18 heures Conférence : Le parc naturel de la mer de Corail : immersion au coeur de la science des océans.

    20 h 15 Séance 2

    - Waow

    - Alien des profondeurs

    Place des Cocotiers

    10 à 12 heures : Fresque géante Île aux Canards

    9 à 17 heures : Journée mondiale des océans

    Quai des scientifiques 8 à 11 heures et de 13 à 16 heures : visite du navire l’Amborella

    Dimanche au Rex

    13 h 30 : Ouverture de l’exposition

    14 heures : Séance 3 : Sens caché des cétacés Legacy Hybrids 16 heures : Séance 4 : L’homme Dauphin Le syndrome du Bernard-l’hermite

    18 heures : Il était une fois… l’image sous marine

    19 heures : Soirée de clôture et remise des prix.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS