Nouvelle Calédonie
  • Charlie Réné | Crée le 13.03.2019 à 05h41 | Mis à jour le 13.03.2019 à 06h54
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    Enercal s\'est engagé à partager le retour d\'expérience de cette première centrale à batteries avec tous les acteurs qui le demanderaient. Photo CR
    ENERGIE. La centrale Wi Hâche Ouatom a été inaugurée hier par Enercal et Promosud. Equipée de centaines de batteries qui vont lisser la production, cette nouvelle ferme solaire constitue un tournant pour un secteur en plein boom.

    Soleil de plomb à la Ouatom, hier après-midi. « Idéal », pour Enercal Energies Nouvelles et Promosud qui ont réuni plusieurs dizaines d’élus, de professionnels et de coutumiers pour l’inauguration de la centrale Wi Hâche, « rayon de soleil » en langue tîrî. Un projet à 2 milliards pour 33 000 panneaux solaires. Soit 10 MW de puissance installée : de quoi couvrir la consommation électrique de 5 000 foyers.

    « Mais ce que vous avez devant vous, c’est beaucoup plus qu’une autre centrale photovoltaïque, prévient Jean-Michel Deveza, le directeur général d’Enercal. Les énergies renouvelables ont deux faiblesses, l’intermittence et le côté fatal de la production. Là, on passe ce « mur du son », et on en fait une source d’énergie disponible, prévisible, adaptable aux besoins du réseau. » La nouveauté réside dans les 1 190 batteries entreposées dans cinq conteneurs climatisés, au milieu du champ de panneaux. « En termes de stockage d’énergie, c’est plus d’un million de téléphones », précise Nicolas Casé directeur technique de la filiale renouvelable de la société.

    Un pas de plus

    Ce stockage ne permet pas de produire toute la nuit, mais de lisser la production sur la journée, voire en saison fraîche, d’alimenter le réseau lors des pics de consommation du soir. « Avec les prévisions météo et l’intelligence artificielle, on annonce dès la veille au gestionnaire du réseau quelle sera notre production pour le lendemain », précise le responsable. Côté gouvernement, on y voit aussi un pas de plus vers les objectifs en matière de renouvelable. « Vu le rythme d’autorisations, on devrait les atteindre dès 2025 au lieu de 2030 », assure Nicolas Metzdorf. Le député Philippe Gomès relève, lui, « l’avancée vers une électricité plus compétitive ». A 17,50 francs le kWh, le coût de l’électricité produite par une telle centrale reste largement au-dessus de celui des fermes solaires classiques (7 à 8 francs pour les dernières autorisations) mais là aussi, « la technologie avance et tire les tarifs à la baisse ».

    Une autre centrale avec batteries, la plus grande de France, avec ses 16 MW, doit d’ailleurs être inaugurée d’ici la fin du mois par la société Quadran à Boulouparis.

    100 % de renouvelable dans les îles

    Déjà en test depuis deux mois, la centrale de Ouatom va permettre d’acquérir de l’expérience sur la gestion des réseaux avec batteries. Notamment dans les îles, où Enercal - à l’œuvre à Bélep, Maré, Ouvéa, l’île des Pins mais pas Lifou - assure pouvoir atteindre l’objectif du 100 % renouvelable « dès 2021 ». Centrales solaires, moyens de stockage sur le réseau mais aussi unité de production fonctionnant aux biocarburants… « Des projets ont déjà été déposés », confirme Jean-Michel Deveza.

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