Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC Paul Néaoutyine, tête de liste UNI en province Nord
    Propos recueillis par Yann Mainguet | Crée le 16.04.2019 à 04h30 | Mis à jour le 16.04.2019 à 06h54
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    Les Nouvelles calédoniennes :

    Quelles raisons vous ont amené à conduire à nouveau la liste UNI dans le Nord ?

    Je ne me suis jamais porté candidat à aucune élection. Concernant ces provinciales, je n’étais pas candidat pour être tête de liste. Je ne suis pas de ceux qui s’accrochent à une position. Ce sont les militants du Palika qui ont proposé mon nom pour conduire la liste UNI. Les autres composantes de l’UNI n’ont pas dit autre chose. Il ne me reste qu’à être à la hauteur de la confiance qui m’a été accordée. C’est ma seule ambition.

    Votre liste compte-t-elle des personnalités dites d’ouverture ? Si oui, qui et pourquoi ?

    L’Union nationale pour l’indépendance (UNI) est par essence une liste d’ouverture qui se propose de rassembler les citoyens de toutes origines sur la base du sentiment d’appartenance à un même pays. Au titre de cette ouverture, deux élus sortants, Yannick Slamet et Nadeige Wackenthaler-Faivre, déjà premier et troisième vice-présidents, sont à nouveau sur la liste. D’autres candidats représentant les composantes non-kanak de la citoyenneté calédonienne sont aussi sur notre liste UNI comme Jean Creugnet, Takahahake Fuahea, Meryl Marlier ou Jacqueline Roussel. Nombreux sont les non-Kanak, Calédoniens de Brousse, qui se retrouvent dans notre démarche citoyenne et dans notre politique, même si beaucoup hésitent encore à s’afficher et à figurer sur une liste indépendantiste.

    Comment s’organise concrètement la démarche concertée avec l’Union calédonienne dans la province Nord ?

    Les partis du Front sont convenus de faire campagne « pour » et pas « contre ». C’est ce que l’UNI a toujours fait dans les campagnes successives auxquelles elle a participé.

    Quels sont les axes de votre programme ?

    Notre programme s’articule autour des trois axes du développement durable : l’économie, le social, l’environnement. Autrement dit : développer des capacités productives pour créer des richesses et permettre ainsi l’amélioration des conditions de vie matérielles et humaines tout en répondant aux nécessaires équilibres entre les besoins et la capacité de la nature à se régénérer.

    Est-il possible, au regard de la doctrine nickel, d’orienter l’export des 4 millions de tonnes de minerai de la SLN vers les usines « pays » ?

    Je l’ai dit par communiqué et redis à Christel Bories (PDG d’Eramet, NDLR) : je ne suis pas d’accord pour autoriser la SLN à exporter, en 2019, 4 millions de tonnes humides par an de minerai sur 10 ans, parce que c’est l’équivalent de 50 000 tonnes de nickel contenu par an, tonnage supérieur à ce qui est transformé à Doniambo. Cela revient à livrer ce volume au prix LME (London metal exchange, la Bourse de référence, NDLR) du brut aux concurrents japonais ou chinois alors que, au même prix, tout ou partie de ce volume exporté pourrait être livré et transformé dans nos usines-pays. Sur le plan politique, alors que se profile l’opportunité de la pleine souveraineté du pays, ce serait la dernière version d'une politique coloniale de la terre brûlée, c’est-à-dire vider le pays d’une ressource minérale non-renouvelable dans des teneurs qui pourraient être transformées ici, on shore, ou à l’extérieur, off shore, dans les usines-pays.

    Pour l’heure, je propose de transiger sur une autorisation de 4 millions de tonnes humides, dont 1 million pour la Société du nickel de Nouvelle-Calédonie et de Corée (SNNC) en 2019, et pas sur 10 ans. Nous allons proposer de nouvelles opportunités de joint-venture à 51 % en faveur des intérêts publics calédoniens pour la transformation des 3 millions de tonnes restantes sur les 4 millions demandés par le modèle Eramet-SLN.

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