Nouvelle Calédonie
  • Esther Cunéo | Crée le 14.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 14.09.2018 à 06h55
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    Cynthia Ligeard, membre du gouvernement en charge de la sécurité routière, et Heidi Hénin, chargée de la coordination en matière de sécurité routière. Photo E.C.
    TRANSPORT. Le cycle d’échange « Rencontres-Actions » organisé par le gouvernement a débouché hier sur un plan triennal de la sécurité routière qui s’appuie sur une « vision zéro ».Un cap ambitieux qui sera soumis au Congrès dans les prochains mois.

    Pas franchement convaincue par le pari ambitieux « zéro mort sur les routes » au lancement des travaux « Rencontres-Actions », Cynthia Ligeard, membre en charge de la sécurité routière au gouvernement, y croit aujourd’hui, dur comme fer. « Zéro mort sur les routes dans 25 ans, c’est une génération, ce n’est pas une utopie, c’est une vision » sourit la responsable politique, tenant dans les mains un tout nouveau plan triennal de sécurité routière.

    Résultat des échanges entre l’ensemble des acteurs de la sécurité routière du 9 août au 13 septembre, cette feuille de route fixe un certain nombre d’indicateurs de performance : « 100 % des élèves sensibilisés chaque année » ; « 100 % des zones accidentogènes traitées dans les 3 ans » ; « 100 % des conducteurs titulaires d’un permis d’ici 5 ans ».

    Fixer le cap

    Et pour « garder le cap », le plan s’appuie sur cette fameuse « vision zéro », longuement défendue par les experts en sécurité routière venus de France, de Nouvelle-Zélande et d’Australie pour ce cycle d’échange. « J’ai eu du mal à adhérer au début, reconnaît la responsable politique. Et puis la nécessité de partager une vision m’est apparue comme une évidence. »

    Si le plan précédent a permis à la Calédonie de mettre à jour sa réglementation, la mise en œuvre de ce « catalogue » de 64 actions s’est avérée laborieuse. « Parce que ce n’est pas aux élus du Congrès d’aller dans le détail d’une mesure, mais c’est à eux de fixer le cap » précise Cynthia Ligeard.

    « Nous avons quand même appliqué 70 % du plan quinquennal, argumente François Levacher, de la commission de lutte contre l’insécurité routière de l’UFC Que Choisir. Plusieurs mesures de lutte contre l’alcool se sont concrétisées. Mais il était temps qu’on ait une vision. »

    Permis progressif

    Plus court, et « moins dans le détail des actions, » à l’instar de son prédécesseur, le document reprend trois grands principes (prévention, répression et communication), et propose une « approche intégrée de la sécurité routière. » En d’autres termes, une approche globale qui vise « des infrastructures plus sûres », « des véhicules plus sûrs », « une vitesse adaptée » et « des conducteurs plus responsables. »

    Un système qui a fait ses preuves dans de nombreux pays, comme chez nos voisins de l’île-continent, en Nouvelle-Zélande, ou en France, mais aussi en Suède, aux Pays-Bas, ou en Norvège.

    Au rang des mesures qui ont marqué les esprits, on évoque le permis progressif, le financement de la sécurisation des infrastructures par les compagnies pétrolières ou la technicité des véhicules. « Combien de concessionnaires affichent la référence sécuritaire de la voiture qu’ils vendent ? interroge François Levacher. Il y a encore un progrès énorme à faire. » Le texte devrait être soumis au Congrès d’ici la fin de l’année.

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