Nouvelle Calédonie
  • Philippe Frédière / philippe.frediere@lnc.nc | Crée le 07.12.2018 à 04h25 | Mis à jour le 07.12.2018 à 07h02
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    Les deuxième et troisième référendums seraient « plus qu’inopportuns » estime Philippe Dunoyer. Photo Ph.F.
    POLITIQUE. Calédonie ensemble espère lui aussi différer les autres référendums, négocier un nouveau statut, sans renoncer au droit à l’autodétermination et faire des avancées économiques et sociales une priorité lors du prochain Comité des signataires.

    Les dirigeants de Calédonie ensemble prennent la route du Comité des signataires avec la double ambition d’ébaucher une nouvelle organisation politique susceptible d’éviter les deuxième et troisième référendums, tout en préservant le droit à l’autodétermination, et de profiter pleinement de la proposition du Premier ministre Edouard Philippe d’accorder une large place aux questions économiques et sociales lors de cette réunion.

    Les indépendantistes ne le souhaitent pas car, à leurs yeux, les questions économiques et sociales sont des compétences strictement calédoniennes et il est temps d’afficher une posture indépendante du pouvoir parisien.

    Le Rassemblement semble un peu tiède, considérant qu’une telle question relèverait plutôt d’un comité technique. Les Républicains calédoniens sont dans la vague puisqu’ils demandent un vaste plan de relance économique.

    Et Calédonie ensemble compte bien s’engouffrer dans cette porte ouverte. L’économie calédonienne ne se porte pas au mieux, et il n’est pas inutile de montrer que l’Etat français peut encore jouer un rôle décisif dans le développement économique local.

    Financement bancaire

    Il y aura donc la séance de bilan technique du référendum par le président de la commission de contrôle, une projection sur les prochaines échéances, puis un travail sur la contribution de l’Etat à l’amélioration de la situation économique et sociale. Parmi les vœux qu’exprimera Calédonie ensemble, il y aura la question épineuse du refinancement des banques calédoniennes qui prêtent plus qu’elles ne collectent.

    Il y aura la création d’une banque publique d’investissement locale, qui peut avoir un rôle décisif dans le développement des entreprises.

    Emancipation

    Il y a aussi la conversion en Calédonie des 60 milliards d’épargne publique des collectivités et établissements publics, contraints pour l’heure de déposer leurs réserves au trésor, avec des rendements souvent nuls, voire négatifs. Il y aura des mesures d’accompagnement de la jeunesse, notamment un meilleur accès des étudiants aux bourses d’Etat, la concrétisation rapide du futur RSMA, et des demandes d’aides supplémentaires aux bailleurs sociaux pour les opérations de réhabilitation.

    Bref, tout un catalogue susceptible d’approcher du cap tracé par ce parti qui est l’émancipation au sein de la République.

    L’autre grand sujet qu’abordera le parti de Philippe Gomès, ce sont les deuxième et troisième référendums. « L’organisation de ces scrutins en 2020 et 2022 nous semble plus qu’inopportune » affirme Philippe Dunoyer. « Les Calédoniens ne changeront pas d’avis, mais l’économie va souffrir d’attentisme. Nous devons nous accorder sur un statut qui n’ait pas de limite dans le temps, qui soit validé par les Calédoniens sous forme de référendum, et qui reconnaisse la possibilité d’exercer le droit à l’autodétermination.» Un petit air de nouvel accord ?

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