Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC Jacques Lalié, président de la province des Îles Loyauté
    Propos recueillis par Yann Mainguet / yann.mainguet@lnc.nc | Crée le 19.06.2019 à 04h30 | Mis à jour le 19.06.2019 à 07h21
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    Le nouveau président de l’institution, Jacques Lalié, s’inscrit dans la continuité de la gestion de Néko Hnepeune. Un bilan réalisé par l’ancien patron permet aujourd’hui de prévoir des corrections, selon l’homme désormais aux manettes. Photo Y.M
    La première séance de l’assemblée des Loyauté post-élections de l’exécutif provincial a porté hier sur la composition des commissions intérieures, à Wé, Lifou. Un exercice délicat à l’issue duquel, finalement, les groupes politiques ont trouvé un équilibre.

    Les Nouvelles calédoniennes :

    Une logique d’ouverture a présidé à la composition des commissions intérieures. Un principe un peu au forceps, non ?

    Non. Un état d’esprit nous animait, un état d’esprit auquel je tiens beaucoup, celui d’être dans une dynamique unitaire devant toutes les institutions et les programmes politiques, qui consciemment, ou inconsciemment, ont délaissé un peu la province des Îles, notamment sur le plan des réformes permettant le désenclavement et la réussite des politiques publiques provinciales.

    Il n’y a pas de négociations, il y a simplement un partage d’options politiques.

    La province des Îles est un peu en retard par rapport à tous ces développements institutionnels opérés depuis la mise en place de l’accord de Nouméa. Le mandat politique que je souhaite dynamiser nécessite de considérer les autres élus, bref d’être ensemble. Nous avons procédé, ensemble, à la réorganisation des commissions. Il n’y a pas de négociations, il y a simplement un partage d’options politiques.

    Des suspensions de séance ont été hier ordonnées afin d’ajuster l’intitulé et la composition des commissions intérieures.

     

    Vous avez fait allusion, en séance, à la consigne de la non-participation au référendum du 4 novembre 2018 lancée par le Parti travailliste. Ce mouvement a-t-il, selon vous, une position à part ?

    Non, il n’était même pas le plus exigeant dans les discussions. Mon groupe a demandé de conserver les moyens de la dernière mandature, en se disant : « Cela nous permet de travailler ensemble, d’avoir des positionnements politiques pour les prochains rendez-vous. » Le 12 mai, des électeurs ont voté pour ce parti. C’est donc une prise en compte de cette représentativité. En outre, mon groupe a estimé qu’il y avait des militants du Parti travailliste qui ont dépassé leur structure pour aller voter « oui » le 4 novembre 2018. Bref, on pouvait attribuer une commission au Parti travailliste.

    Et vous espérez que le Parti travailliste penche vers le « oui » au prochain référendum ?

    Oui, ce sont des discussions que nous devons affiner entre les partis indépendantistes. Jusqu’à aujourd’hui, nous sommes un peu sur l’expression « œil pour œil, [dent pour dent, NDLR] ». Il faut peut-être créer les conditions pour que l’on évolue dans le même sens. Les différentes structures politiques luttent pour la population, pour le pays… La province des Îles pousse à ce travail en commun, afin qu’en 2020 [année probable du deuxième référendum, NDLR], on puisse sortir de la période coloniale.

    Quels seront vos premiers grands engagements ?

    Nous sommes obligés de mettre en place le budget supplémentaire, pour pouvoir fonctionner. Par ailleurs, nous souhaitons que des projets de réforme soient mis en œuvre d’ici six mois. Par exemple, un « outil de développement et de désenclavement » : déclarer une zone franche, pour faciliter les investissements dans des régions laissées pour compte. Depuis de nombreuses années, le FSH [Fonds social de l’habitat, NDLR] n’active plus du tout ses moyens ici, alors que l’on y contribue. En outre, je l’ai évoqué lors de la commission du budget du Congrès, les provinces Nord et Sud ont chacune leur hôpital, la province des Îles n’a pas d’hôpital alors que nous avons quatre îles et trois communes. Il y a un certain nombre de choses comme celles-là sur lesquelles nous souhaiterions agir. Le FSH, la Sic, la santé… Ce sont des structures pays qui doivent être présentes ici.

    Vous parlez de « décentralisation vers les Îles »

    Oui, la décentralisation vers les Îles, mais aussi la prise en considération des Îles. Il y a trop de choses qui ne sont pas prises en compte. On demande qu’il y ait un aéroport semi-international, parce que nous devons organiser le développement des Îles avec le développement touristique. Qui dit tourisme, dit moyens structurels… Il y a beaucoup de leviers à activer. Voilà pourquoi il est très important, pour nous, d’être ensemble, dans une dynamique commune.

     

    Les commissions

    ● Finances, administration générale et fonction publique, système d'information, planification et évaluation des politiques publiques : Jacques Lalié, président (UC-FLNKS) ; Charles Yeiwene, vice-président (UC-FLNKS). ● Développement durable et recherches appliquées : Christiane Honeme, présidente (Palika) ; Basile Citré, vice-président (Dynamique autochtone). ● Economie intégrée (agriculture, tourisme, artisanat, commerce, pêche…) : Omayra Naisseline, présidente (Dynamique autochtone) ; Isabelle Bearune, vice-présidente (UCFLNKS). ● Enseignement et éducation : Louise Wahetra, présidente (Palika) ; Kadrilé Wright, vice-présidente (Parti travailliste). ● Santé et affaires sociales, handicap, problèmes de société : Reine Hué, présidente (UCFLNKS) ; Julienne Lavelloi, vice-présidente (UC-FLNKS). ● Infrastructures, transport, urbanisme, habitat et aménagement foncier : Mathias Waneux, président (UC-FLNKS) ; Charles Yeiwene, vice-président (UC-FLNKS). ● Jeunesse, sports et loisirs : Isabelle Bearune, présidente (UC-FLNKS) ; Julienne Lavelloi, vice-présidente (UCFLNKS). ● Culture et affaires coutumières : Kadrilé Wright, présidente (Parti travailliste) ; Julienne Lavelloi, vice-présidente (UC-FLNKS). ● Droits et devoirs de la famille : Basile Citré, président (Dynamique autochtone) ; Reine Hué, vice-présidente (UCFLNKS). ● Formation, insertion professionnelle et emploi : Charles Yeiwene, président (UC-FLNKS) ; Louis Kotra Uregei, vice-président (PT).

     

    Echos

    Et les femmes ?

    L’ancienne appellation se résumait par les mots : Femme et droits de la famille. Une modification a été apportée hier sous l’impulsion de Jacques Lalié, la commission a désormais pour nom : Droits et devoirs de la famille. « Nous avons estimé que la commission « Femme » a travaillé avec les femmes des Îles, et un schéma a été arrêté. Le sujet passe en phase exécution. Nous allons continuer à suivre la mise en place avec le service de la femme. Nous instaurons une commission « Droits et devoirs de la famille » car on rencontre des problèmes soit auprès de jeunes, soit de citoyenneté, soit de relation avec les autorités coutumières, etc. »

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