Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet / yann.mainguet@lnc.nc | Crée le 25.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.03.2019 à 06h53
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    Le Palika s’est retrouvé à Koné. Tandis que l’UC, à Houaïlou, outre la préparation des provinciales, a abordé la question des exportations de minerai et du foncier. Photos DR
    POLITIQUE. L’Union calédonienne à Houaïlou, et le Palika à Koné, ont travaillé samedi sur la stratégie en vue des élections provinciales du 12 mai. Les cadres ont répondu aux craintes et réaffirmé des caps.

    Pas à pas, le projet se construit. L’Union calédonienne, en comité directeur, et le Palika, en assemblée générale, ont planché samedi, l’une à Houaïlou, l’autre à Koné, sur une matière commune en vue des élections provinciales du 12 mai : la préparation des listes. Autrement dit, la mise en forme des orientations dessinées le 14 mars à Dumbéa, en formation FLNKS.

    Dans le Sud, sans grande surprise, une liste unitaire sera engagée autour du Front. La position est unanime au sein de la coalition indépendantiste : le Parti travailliste ne peut pas figurer dans les rangs, ayant opté pour une non-participation au référendum du 4 novembre. Condition évidente, seules les organisations ayant milité pour le « oui » sont intégrables. « Les discussions sont en cours », note Pierre-Chanel Tutugoro, secrétaire général de l’Union calédonienne. Une cellule de négociation, mise en place afin de commencer à établir cette liste commune, s’est réunie à plusieurs reprises.

    L’Union calédonienne propose, outre des cadres de son équipe, des membres du Mouvement néo-indépendantiste souverainiste (MNIS), des personnalités qualifiées « d’ouverture, pas forcément encartées », ou encore des militants de la Dynamik unitaire Sud. Pour le Palika, « le noyau dur », c’est-à-dire les quatre composantes du FLNKS, doit d’abord être mis en avant dans le Sud. « Il faut voir comment on intègre la DUS, la discussion est ouverte », souligne Charles Washetine, sachant que « la DUS n’était pas tout à fait en phase avec le projet du FLNKS » avancé le 4 novembre, même si la Dynamik unitaire Sud a participé à la campagne en faveur du « oui ».

    « On a dû rassurer »

    Deux listes - Union nationale pour l’indépendance et Union calédonienne - au minimum, dans le Nord, tout comme dans les îles Loyauté. Le Front a retenu une formule, qui a suscité un débat à Houaïlou. Des structures de l’UC souhaitaient une liste du FLNKS dans ces deux provinces, afin de maintenir la cohésion en vue de 2020, année probable du deuxième référendum. « On a dû rassurer », observe Pierre-Chanel Tutugoro. « Nous avons expliqué que c’est une démarche concertée pour “ratisser large?? ». L’Uni a lancé, de son côté, la démarche dans le Nord, notamment avec l’UPM. Le Palika a en tête deux axes majeurs, à l’échelle territoriale : « Construction d’un contrat social qui jette les bases de la citoyenneté » cite Charles Washetine, et « renouvellement des liens avec la France ».

    Les composantes du FLNKS doivent se retrouver dans la semaine afin d’affiner la liste du Sud et poser des noms. Avant un congrès samedi, à Nouméa, qui marquera le lancement de la campagne. L’ambition affichée est de faire mieux que les résultats du 4 novembre pour le « oui ».

     

    Un nouveau discours ferme de Daniel Goa

    Dans un discours d’ouverture ferme, le président de l’Union calédonienne, Daniel Goa, a passé en revue les enjeux du comité directeur, samedi à Houaïlou. En commençant par « les conséquences d’une politique aberrante d’immigration non contrôlée ». Pour le patron de l’UC, « ceux qui prétendent que nous ouvrirons le corps électoral à 41 000 personnes récemment arrivées se trompent et nous répétons qu’il n’y aura aucun consensus, aucune discussion, aucune négociation sur cette question. La priorité est au peuple calédonien. » Ces phrases ont fait bondir les troupes de l’Avenir en confiance : « Nous considérons cette déclaration comme inacceptable, car incompatible avec la construction du destin commun. » Et « si les Calédoniens nous font confiance le 12 mai, nous défendrons l’ouverture de la citoyenneté comme élément fondamental des futures négociations sur un statut institutionnel pour la Nouvelle-Calédonie ».

    Par ailleurs, Daniel Goa a réaffirmé la position de l’UC sur la demande de la SLN d’augmenter les volumes de minerai exporté. « L’autorisation des exportations de minerais ne doit s’entendre que dans le cadre de traitements de minerais dans les usines pays ».

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